• Les colchiques.

     
    Un demi-poème, coupé en deux dans le sens de la hauteur, mutilé.
    Il n’en reste que les débuts des vers, à moi de les terminer …
     

    Colchiques

     
    Le pré est verdoyant, et si doux …
    Les vaches saluent l’express de 18h32.
    Respectueux et souriants les voyageurs saluent Marguerite,
    Leurs mains s’agitent, faisant trembloter leurs chapeaux Léon Blum ou leurs casquettes Front Popu,
    C’est selon.
     
    Colchique dans le pré fleurit du mieux qu’il peut.
    Violâtres et hideux les crapauds me dévisagent
    Et ma vie se débobine sur l’écran flou du ciel.
     
    Les garçons se fichent pas mal de ceux qui rêvent,
    Harnachés de hochets de laine tricotés par des nounous folles à délier.
    Ils sucent goulûment le nectar de la vie et offrent déjà
    Aux filles de leurs amours futures leurs coeurs qui battent le rappel,
    Conquérants de Carnaval.
     
    Le gardien du square a fermé le portail,
    Tandis qu’un couple s’est formé
    Et s’est blotti
    Et s’est camouflé
    Dans le parc, longtemps, longtemps,
    Puis le train a sifflé, longtemps, longtemps ...
     
    Pour toujours.
     
    Loïc R.
     
    Rendons à César ce qui lui appartient ... :

    Les Colchiques

    Le pré est vénéneux mais joli en automne
    Les vaches y paissant
    Lentement s’empoisonnent
    Le colchique couleur de cerne et de lilas
    Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
    Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
    Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

    Les enfants de l’école viennent avec fracas
    Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
    Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
    Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

    Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

    Le gardien du troupeau chante tout doucement
    Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
    Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

     
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  • Une histoire de bras.
    Le char à bancs brinquebalait, les deux enfants s'époumonaient 
    en chantant la carmagnole comme les gros bras le leur avait ordonné. 
    Les bras de la carriole ployaient sous l'effort, 
    tandis que le patron suivait, bras croisés. 
    À quelques pas derrière, les apprentis, un peu plus aguerris, 
    braillaient, bras-dessus bras-dessous, des paillardes 
    épouvantables qui laissaient le recteur les bras ballants. 
    L'un d'entre eux, un gauchiste levant le bras droit, 
    fit à l'homme d'église un bras d'honneur. 
    Les bras m'en tombèrent. 
    Je me retrouvai tout à coup à terre, 
    dans la poussière et les bras en croix.
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  • "Le myosotis et puis la rose, 

    ce sont des fleurs qui m'disent quèqu' chose ..." - Mouloudji

     

    Monsieur un président de la République (ou un roi, ou un Grand Architecte, un manant camouflé, donc) a décrété soudain, et publié sur-le-champ :

    "A partir de ce jour, tous les citoyens, sujets, compléments seront tenus de voir la vie en rose. 

    Les amendes pleuvront sur les récalcitrants au bonheur, même s'ils ont l'excuse d'y être allergiques.

    J'ai pris mon courage à deux mains et mon pinceau à bout de bras, et, durant trois semaines, j'ai tout repeint chez moi. En rose.

    J'ai changé toute ma garde-rose, je ne porte plus que du rose. Je ne bois plus que du sirop de fraise, de grenadine ou de cassis bien coupé, et, tout de même, un peu de vin. Rosé.

    J'y ai mis le temps, mais j'ai réussi à dégotter dans une vieille papeterie des cartouches d'encre rose pâle à l'allure alanguie et proustienne, et j'écris sur un papier rose bonbon qui colle au stylo.

    Ma vie est évidemment devenue bien vite un enfer. Je ne distingue plus, au travers de mes persiennes closes et roses, aucune autre couleur.

    Je hais le rose et la vie en rose, et je crache sur toutes les fleurs roses, même artificielles. J'ai dit mon désespoir à une jeune fille innocente : Son teint a rosi d'étonnement, la coupe était pleine.

    Coupe rose, bien sûr.

    Le rose, sans valeur dans ce monde unicolore, est devenu couleur du malheur. J'ai bien tenté, tout seul, de bleuir un peu tout ce qui me semble masculin ...

    Mais les agents de ville, tout de rose vêtus pour donner l'exemple, sourient à qui mieux-mieux, comme il sied, et matraquent, à grands éclats pétaradants de boîtes à musique, mes vélléités d'indépendance

    Et, pantins éhontés, ridicules et sans vergogne, ils jettent vers le ciel qui rosit leurs sifflets roses vifs qui jouent faux, et leurs bâtons de guimauve.

    Je me résigne ... A force, peut-être, parviendrai-je à apprécier le goût de l'eau-de-rose, et commencerai-je à croire moi-même en cette histoire ?

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  • Coucou, me revoilou ...

    Cette formule résonne pour moi comme la benne du camion de chantier métallique, toute rouillée, qui grince et gémit sous le poids des pierres de la nouvelle maison des associations, près de chez moi, qui ouvrira ses portes à la fin de ce mois.

    Changements. Des tas, des tonnes. Comme des avalanches d'énormes pierres, comme celles de l'enrochement de la côte fragile de Fouesnant.

    La promenade que nous y avons faite, il y a deux mois, fut la dernière. Les gravillons crissaient sous les roues du fauteuil, et cela nous faisait encore rire. Et aussi quand elle déclara, suivant du doigt la grande ligne courbe de l'horizon : "Mais enfin, comment ces andouilles d'avant Galilée ont-ils pu continuer à affirmer que la Terre est plate ?"

    Mais c'est ici la dernière fois que j'évoque cette période. "Allons de l'avant" ... Comme on peut, comme on doit. comme on se le doit, à soi et aux autres.

    Je ne m'épancherai plus, nous ne sommes pas ici au rayon du pathos ou du sado-masochisme.

    A bientôt.

    Me revoilou

     

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  •  

     

    Me am eus ur feuntenn
    E-barzh kornig ma jardin.
    Ennan e vin kavet,
    Deus an noz hag an mintin
    Ennan e vin kavet
    Atristet gant ar glac'har,
    Sonjal e ma mestrez
    A zo aet d'an douar

     

     

    Maro eo ma mestrez
    Maro eo holl ma fians
    Maro ma flijadur,
    Ha tout ma holl esperans.
    Biken, 'mije sonjet,
    Nag ar maro a deuje

    Da lemmel diganin
    Ma dous ma c'harantez.

    Deus poaniou ar bed man,
    Fusulhiou ha konteliou,
    Hastet, mar plije ganeoc'h
    Disoc'het din ma buhez
    'vid maz in d'ar bed all,
    Warlec'h ma c'harantez

    C'hoarvez a ra ganin
    Evel gant ur vatimant
    Da navigi war ar mor,
    Graet gantan e beaj
    Erruet e porzh ar joa,
    Ma doucha d'ar gern
    E tello perisa.

    J'ai une fontaine
    Dans un coin de mon jardin
    Là, vous me trouverez
    Le matin comme le soir
    Pétrifié de chagrin,
    Pensant à ma bien-aimée

    Ma bien-aimée est morte,
    Je n'éprouve plus aucun plaisir
    Ma confiance s'est envolée
    Ainsi que tous mes espoirs.
    Jamais je n'avais imaginé
    Que la mort puisse venir
    M'enlever ainsi
    Ma douce, ma bien-aimée

    Peines de ce monde,
    Fusils et couteaux,
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie.
    Que j'aille dans l'autre monde
    Rejoindre ma bien-aimée.

    Je suis comme un marchand
    J'ai un navire
    Pour voyager sur mer.
    Son voyage achevé,
    Il accostera aux îles de la félicité,
    Si le mat venait à se briser,
    Il sombrerait.

    Alan Stivell, 1973

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  • Mentir ?

    « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants …» ? Ben voyons ! Neil Amstrong, les Américains, la NASA, le président américain, les Terriens, ont-ils menti, se sont-ils menti, se sont-ils trompés, nous ont-ils trompés ? Moi, le Père Noël me l’a dit :

    Juillet 1969, dans les Vosges, par une belle nuit étoilée. Responsable d’une meute d’Éclaireurs de France, je leur ai demandé de s’allonger sur le dos, et de se taire ; j’avais dit cinq minutes, ils sont restés un quart d’heure. J’ai écouté, je n’ai rien dit, je vous le jure. J’ai dix-sept ans, je suis sans doute encore très naïf, mais je saurai vite que c’est si bon, l’innocence …

    Ils m’ont dit que la Lune est superbe, envoûtante, mais que « c’est dommage qu’on ne voie jamais son dos » a déclaré un petit bonhomme. Tous les autres se sont esclaffés, il a rougi et haussé les épaules. Mais si, regardez ! Un gros nuage, éthéré puis plus net, est apparu, et a pris la parole : « écoutez-moi, les enfants. Vous êtes le futur, et vous devez savoir, pour ne pas reconduire les erreurs, que dis-je, les crimes contre notre humanité, de vos aînés. Le sol, sous notre dos, est infesté, comme l’air, comme l’eau. Nous avons tout sali, tout pourri, tout gâché. Beaucoup de grands affirment, enfin, à présent, que la marche de notre terre est terminée et qu’il n’y a plus rien à faire. Mais d’autres puissants poursuivent la politique de l’autruche.
    Même moi, regardez-moi, je suis devenu un bien piètre Père Noël. Et mon nuage, mon pauvre nuage …

    La nuée se rabougrit, se comprime, et devient un ensemble de gouttes d’eau, puis une averse, puis une trombe.
    « Je vais, les enfants vous faire un dernier cadeau, dont vous serez les seuls à pouvoir faire usage. Je vous offre l’espoir, une grande bouffée d’espoir. Mais l’espoir seul ne suffit pas. Je vous offre aussi la force immense indispensable pour mener à bien tout ce qui pourrait sauver encore ce qui peut l’être.
    Le petit bonhomme, qui a séché ses larmes, lève vivement la tête et s’écrie : « Fonds vite, toi, fonds, disparais !

    Il ne faut jamais mentir à un enfant.

    2019, j’ai 67 ans. Le grand-père n’est pas resté longtemps chez les Éclaireurs. Il a tout de même cru, toujours,à la force des luttes, des convictions, et il a pu vivre hors des faux-semblants et des rêves d’enfants. Les siens, d’enfants, n’ont jamais cru au Père Noël, mais à la vraie vie, oui.

    Loïc, en hommage respectueux à ma chérie Annie qui a lâché prise le 10 août 2019.

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  • Les Enfoirés

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  • Au plus fort de la déprime : un cri craché, un matin de 2004

    Je voudrais bien…
    … Je voudrais bien ne pas croire aux fantômes…

    Mais Lui, il est là, Il ne laisse pas le choix. Il m’a choisi comme d’autres, choisi en victime, parmi d’autres, avec d’autres…

    Sa force : Nous ne nous connaissons pas. Anonymes. Solitaires. Tabous. Silencieux.
    Taisons-nous, d’ailleurs !

    Car si nous clamons notre envoûtement, on va nous accuser, ou nous envier…

    car nous oserions « claironner » notre malédiction !
    Je ne sais pas, pas toujours, que Tu es là, et c’est ce qui me donne ce répit, ce loisir échappatoire.


    Cancer,

    je Te hais de te foutre de mon Blues.

    Loïc

    ============================================

    Aujourd’hui, nous avons la haine, la hargne, la gniaque. Et Lui rigole toujours.
    Annie
    juillet 2019

     

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  • M. (ou Mme) Eklablog me demande de "réactiver" mon blog car je n'y ai rien posté depuis quelque temps.

    Je le fais, par ce message, espérant que cette absence sera la moins longue possible ...

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  • Quand la mer inspire, encore et encore ... (CLIC)

     

    "Je ne peux pas regarder la mer

    à la Pointe Saint-Mathieu

    sans me dire que la mer écrit sur le rivage

    une phrase qui est constituée par le découpage des rochers.

    Elle laisse des traces et définit une phrase.

    Toutes les sciences sont une lecture des écritures."

     

     Michel Serres, le 10 février 2017

    au Café de la librairie Dialogues, rue de Siam, Brest.

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  •  

    S'il est bon de ne rien dire avant de parler

    il est encore plus utile de réfléchir avant de penser.
     

    Pierre Dac

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  • Une navigation sur l'écume des mots.

     

    « Encore des mots, toujours des mots, toujours les mêmes ... »

    Au-dessus de l'écume ? Ciel clair, dégagé, aérien, diaphane, vital.

    Sous l'écume ? Bleu sombre, outremer. Il vous fait passer outre la mer mystérieuse, mais ne tentons d'y échapper : Elle est notre berceau, avant que le marin, parfois, y fasse son trou.

    A la surface de l'eau ? Tellement changeante …

    Elle vibre, ondule, hésite. Elle nous flatte, nous caresse, ou nous effraie, menaçante, se dresse, maîtresse traîtresse, puis nous laisse à nos faiblesses :

    L'encre a coulé, l'ancre est coulée. Mal, d'avoir écrit. Mal d'avoir écrit les maux, ces maudits mots dits. Quand c'est dit c'est dit. L'écrit, et les cris, restent. Mal à dire, maladie. « Il a maladit ! » : Maintenant ça ira mieux, si, si.

    Des mots démons, des mots pour rire, aussi, des mots pince-sans-rire, des maux qui se rient de tout, et c'est très bien ainsi.

    Ne cherchons pas, chers écumeurs de mots, à trop gratter sous l'écume pour éveiller l'eau qui dort. Ne piratons pas nos secrets, créons.

    "L'écume des mots" est notre atelier participatif d'écriture in vivo, à Fouesnant (Finistère) où nous nous rencontrons chaque semaine.

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  • Vous ne vouliez rien savoir ... (dans la série "EPITAPHES")

     

    J'vous l'avais bien dit,

    qu'j'étais malade ...

    Dans la série "j'aime Pierre Desproges, et j'aime vivre dans la joie,

    le bonheur et l'allégresse (à plateau)",

    d'autres épitaphes, 

    ICI

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  • L'homme "sain" n'est pas tant

    celui qui a éliminé de lui-même les contradictions : 

    c'est celui qui les utilise

    et les entraîne dans son travail.

    Citation de Maurice Merleau-Ponty

    Oui, bon. Mais moi ce matin j'ai envie de vous faire travailler : 

    "En vous inspirant longuement par le nez et en soufflant fort par la bouche, et en utilisant jusque la substantifique moelle la citation de Trouvé, choisissez ou l'écrivain, ou le canard, et dites-nous voir un peu :

    Lequel des deux est le plus sain ?"

    Nota bene : Non, on ne parle pas de moi. Vous avez quatre heures.

     

    Un écrivain qui se livre,

    c'est un peu comme un canard qui se confie.

    Citation de Trouvé sur le Web

    L'homme "sain"

    https://www.etaletaculture.fr/histoire-de-l-art/pourquoi-represente-t-on-les-fous-avec-un-entonnoir-sur-la-tete/

    L'homme "sain"

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  • Parcours obligé, s'appelle cet exercice

    *Les mots suivants seront intégrés (dans cet ordre, mais oui !) dans un texte :

    jaune – arc – le petit port – discours – coupole – balcon – chaînes – jetée.*

    C'était une « consigne de travail » (!) de Françoise, notre animatrice de l'atelier d'écriture. « Bon, vous y allez, vous avez dix minutes ! »

    Parcours obligé

     Robert Doisneau

     

    « Hé ! Viens donc écluser un jaune avec moi, arrête ton arc, quitte ton poste de soudure, et nous v'là arrivés au « petit port », ce bon vieux rade du Port-de ! Ravale tes discours, on n'a pas le temps, et … On n'est pas à Vérone, alors merci bien pour la coupole et le balcon.

    On passera, au retour, s'en jeter un autre, au parc à chaînes, et on ira même, avant la reprise du turbin, respirer une bonne bouffée, au bout de la jetée ...

     

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  • Des poèmes de Xavier Grall, mis en musique par Dan ar Bras :

    « Les vents m'ont dit »

    ..................................... 

     

    Je me suis permis ...

     

    Et l'ombre ? Et la lumière ? :

    L'ombre m'a dit « ôte-toi de mon soleil, misérable, car il luit aussi pour moi ! »

    La lumière m'a dit « je suis précieuse, source de vie et symbole de vitalité, préservez-moi ».

    L'inconnu me dévore.

    L'ombre me dévore lorsque le soleil monte, elle s'accroche à mon dos et, devenue brûlante, l'escalade, pour me monter à la tête

    La lumière me dévore de ses rayons maléfiques, rongeurs de cellules, brûleurs du mal, mais aussi de mes espoirs.

    Et parlez-moi de la terre.

    Et parlez-moi de l'ombre, que vous affirmez avoir eu le temps d'apercevoir à peine : Un homme ? Grand, petit ? Vous a t'il parlé, avant de disparaître ?

    Et parlez-moi de la lumière, cette 'éblouissante réjouissante' qui vous aveugle, vous brûle chaque nuit : Vous vous abreuvez de son addiction …

     

    Loïc Roussain, février 2012 – Ecrimagineur.eklablog.fr

     Entretien entre Per-Jakez Helias et Xavier Grall

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  • Oui : je suis un rêveur. Car un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune, et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes.

    Intentions - Oscar Wilde

     

     

    Jean-Yves, l'instit-directeur d'école qui, semble-t-il, a toujours été là, au moins depuis Jules Ferry, arrive comme à son habitude sur son antique moto, récupérée par son père en 1945. Pas de porte-bagages, pas besoin de cartable, tout reste à l'école, et les cahiers sont corrigés, en fin de journée, lorsqu'il est revenu de sa virée habituelle sur la côte. « Ça change les idées... »
    Sébastien, lui, est planté au milieu de la cour, jambes écartées, et se précipite vers la moto, saute au cou de Jean-Yves, un gros bisou, la journée peut commencer.
    Trois personnes, ici, s'occupent de Sébastien : Marianne, la dame à tout faire. C'est tout dire. Elle fait absolument tout, sauf -exception notoire- la vaisselle du repas de midi, réservée, par tour de rôle, aux
    « Cours MoyenS ». Jean-Yves, le directeur, est aussi , bien sûr, secrétaire de mairie, et rédacteur du petit bulletin municipal. Il gère aussi les réunions et la publication de la feuille de chou de l'Opposition. Son épouse, comme lui, sait à peu près tout ce qui se passe sur l'île : elle est la coiffeuse de l'île. Ils sont donc tous deux, un peu, confidents de ceux qui ne vont pas à confesse.
    Moi, à Ouessant, je ne suis plus tout à fait un « doryphore ». J'enseigne pour la première année, et on m'a nommé sur l'île pour y préparer mon CAP... Je réside donc en insulaire, je ne suis plus le touriste d'il y a deux mois. Habitant à Brest, j'étais tout heureux lorsque j'ai reçu ma nomination à « Brest 5». Mais cette circonscription comprend aussi la commune d'Ouessant... Et en cette année où un certain caudillo Franco meurt interminablement, le temps est encore plus long lorsqu'on se sent en exil !
    J'ai la « section enfantine » : une dizaine d'enfants en maternelle (tous âges confondus), et trois en Cours Préparatoire : c'est sur ces trois-là que Monsieur l'inspecteur jugera si je suis apte... ! Jean-Yves, lui, a tous les autres élèves de l'école.
    Sébastien a sept ans. Il n'est ni en section enfantine, ni en cours préparatoire. Dieu seul sait où il est. Lorsque nous sommes sur la cour, il erre en faisant de grandes enjambées, s'accroupit parfois, gratte la terre, la mange ... Il se relève, lève la tête, observe le ciel pendant de longues minutes, ses yeux roulent, son regard accroche de temps en temps un autre enfant qui passe, il peut rester ainsi durant toute la récréation. Presque sans arrêt, il chantonne : « auprès de ma blonde, fait bon , fait bon, fait bon ». Ce sont strictement les seuls mots que 
    je l'ai entendu prononcer. Jean-Yves et moi, souvent, le faisons s'asseoir sur les marches, entre nous deux, et tentons d'avoir un contact... Mais nous ne sommes manifestement pas du même monde.
    Régulièrement, en classe, Sébastien « fout son bordel », comme disent les autres enfants. Les autres enfants, ils parlent comme leurs parents. 
    Le père, le plus souvent, est en mer, dans la Marchande. La mère, comme souvent dans les ports, s'occupe de tout à la maison. Jean-Yves lui a souvent expliqué, à la mère, que Sébastien serait bien mieux sur le continent, où on s'occuperait de lui dans un endroit spécialisé... Mais il n'en est pas question. En 1975, on ne quitte pas l'île si facilement. Et il serait en pension, vous vous rendez compte, à sept ans : je ne veux pas l'abandonner... Et si vous ne le prenez pas, il ira à l'école des Soeurs, pas d'autre solution.
    À Ouessant, en 1975, 45 élèves à « l'école du Diable » (l'école publique ), 250 à l'école Sainte Je-ne-sais-plus-qui. Alors...
    Quarante ans plus tard, où es-tu Sébastien ? Qu'es-tu devenu ?
    As-tu réussi à apprendre autre chose que « Auprès de ma blonde » ?
    Dérision.
    « Du vent qui passe dans sa tête, en courant d'air continu entre les 
    deux oreilles, sa mère lui avait toujours dit ».

     

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  • Lors de notre atelier du lundi matin, Viviane nous a invités à partager à propos de ce "fameux" bonheur derrière lequel nous courons tou(te)s, paraît-il. Chacun(e) le trouve (ou pas) dans des domaines bien différents et même parfois contradictoires, mais c'est ce qui fait sa richesse.

    En voici deux exemples (vidéos, cliquer sur le titre) :

    "Le bonheur, c'est toujours pour demain", Pierre Perret   

    "Le petit bonheur", Félix Leclerc

    Robert Lassus, dans son  "Journal d'un curieux de campagne", 1981, nous propose des visions, des flashes d'instants de bonheur : A nous de prolonger ces moments ?

    Je travaille à être heureux, c'est le plus beau des métiers. >>> (citation) : J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé - Voltaire.

    S'asseoir en terrasse avec une copine, regarder les passants et s'amuser à inventer leur vie. >>> Ma copine me propose sa paille, nous aspirons ensemble, chacun à un bout, et nous rions.

    Réentendre le générique d'une série ou d'une émission qui passait à la télé quand on était enfant. >>> Reprendre l'air, en cherchant les paroles, et ressusciter Zorro.

    Rien n'est simple, dans la vie. Le bonheur non plus. >>> Si le bonheur était si simple, cela se saurait, et on ne courrait plus derrière.

    Taper sur sa joue, pour faire un voeu quand un de ses cils est tombé. >>> Taper sur l'autre joue, et faire le voeu que les autres cils ne l'imitent pas, et qu'ils ne soient pas suivis par les cheveux ...

    Loïc, Ecume des Mots (clic), juin 2019

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  • Une madeleine de Proust

    Une madeleine de Proust

    1956.

    Dans la toute petite chambre de l'appartement que louent mes parents, un berceau se balance doucement, avec un léger grincement du bois. Ma petite sœur, qui vient d'avoir un an, s'endort peu à peu, ravie de ses baisers du soir (celui de Maman, celui de Papa, et le mien).

    « Bon, dormez bien, moi je ferme la porte et vous, vous fermez les petits pois » et elle se retire sur la pointe des pieds, arborant un sourire angélique, si doux, si adorable.

    Mais pour moi, à quatre ans, ce n'est pas assez ! Je me love amoureusement dans mon lit. Je veux ma maman pour moi tout seul : « Maman, Maman, et moi ? » - « Oh, mais tu es un grand, toi ! »

    Non, pas vrai, les grands ce sont mon grand frère et ma grande sœur. Moi je suis grand seulement quand je sais faire du patin à roulettes, puisque c'est pour les grands. J'en suis tellement fier.

    Alors, elle reste. Elle ne demandait pas mieux. Je clos lentement les yeux, et murmure : « Fais un trou ... » Maman soulève le drap, le tire en prenant tout son temps, me couvre délicatement les épaules. C'est là, maintenant, que c'est le meilleur.

    Je souhaite dans ma tête une bonne nuit à l'ange, dans un petit cadre jaune en plastique, au-dessus de ma tête. L'angelot me regarde, toujours, et je fixe sa jolie tête de bambin joufflu, et c'est toujours comme ça, et c'est bon. Maman m'a dit que ce n'est pas un bébé comme ma sœur, mais un ange qui veille sur moi pour que je dorme bien.

    Je replace ce trésor, que j'avais sorti du tiroir, dans sa cachette où je l'avais retrouvé. Le charme est définitivement rompu ...

    Loïc Roussain – Ecrimagineur.eklablog.fr

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  • « Eh bien, sachez-le, mes petits gars : à votre âge j'étais très malheureux. Mes copains se goinfraient sans arrêt, à longueur de journée, sans faire de vrais repas comme ceux qui régalent les Européens. Eux, comme les Américains, engloutissaient des bonbons, toutes sortes de sucreries, des horreurs issues de la charcuterie, mais ne grossissaient que moyennement, comme les Américains bien sûr (enfin, c'est ce qu'ils disent).

    Mais moi j'étais obligé, car mon père avait décelé mes aptitudes, d'engouffrer des trucs bizarres, japonais tout de même, mais bizarres : Sushi, wasabi, sashimi, etc. Alors ma force, ou plutôt mon bide en profitait, profitait … J'étais devenu un sportif, on m'appelait le bulldozer.
    Alors, prenez-en de la graine, ou, mieux, tiens : du rab de riz cantonnais ... "

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  • "L’écrivain est celui qui cherche autant en lui qu’en les autres."
    Antonio Soler

    Ecrivain ? écrivain ? Est-ce que j'ai ...

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  •  "Un Canadien errant" : Le contexte, l'histoire de la chanson,

    la carrière de Paul Robeson, ses engagements : ICI

    1957, ou 1958. Comme souvent le dimanche, nous rendons visite à notre grand-mère et à notre tante Marie-Madeleine. Respectueusement assis, nous écoutons (ou pas, c'est selon !) religieusement (ou pas, non plus !) de la musique classique, installés en arc de cercle devant l'électrophone dernier-cri acheté récemment, un modèle top-moderne : Il a même deux haut-parleurs, un de chaque côté, c'est pour "entendre en stéréo" ! Je n'y comprends rien, tant pis, pas grave.

    Avant ce bijou, régnait dans la salle de séjour de l'appartement une autre splendeur, un grammophone ... à baver d'admiration et d'envie. Pas toucher, surtout, c'est fragile.

    A tour de rôle, pourtant, nous avons le droit de remonter l'engin à la manivelle, parfaitement huilée. Attention ne pas forcer quand c'est prêt. 78 tours ("Sur la mer calmée-euuu"...), 33 tours (que du classique, j'adore ça), et même des 45 tours. Notre tante s'est procuré un disque d'un chanteur que j'ignore : Henri Salvador ("Le lion est mort ce soir"). Le soir, je connais les paroles par coeur, et je chante dans le trolleybus qui nous ramène à la maison. Cela fait le bonheur de M'me Moustache, celle qui tourne une autre manivelle, j'en parle ailleurs. Instants magiques. Gilbert Bécaud est là aussi ("l'absence de l'ami", qui me mettait les larmes aux yeux). Et d'autres, car notre tante était moderne ! J'apprends à connaître, peu à peu, beaucoup d'airs classiques, mais je ne parviens pas à apprécier l'opéra et encore moins l'opérette. "Plus tard, ça viendra", me promet-elle. C'est venu, en ce qui concerne l'opéra. Je découvre aussi le jazz, dans lequel je continue aujourd'hui à baigner avec délices.

    Cette pochette de disque ... Paul Robeson ? jamais entendu parler. Un Noir ? Alors c'est du jazz, du gospel ou du negro spiritual, je ne fais pas bien la différence.

    J'ai écouté tout, sans broncher, je suis envoûté. Cette voix ...

    Je pensais avoir oublié. Le nom m'est revenu, alors que je songeais, une fois encore, à mon enfance merveilleuse, et à toutes ces images qui montent en moi, refluant régulièrement qui m'enchantent ou parfois me troublent ...

    Tante Madeleine était, comme ma grand-mère, une partisane à part entière du Général de Gaulle, idole de beaucoup de Français. Elles en faisaient volontiers référence (et révérence !) à l'occasion. Or, lorsque j'ai cherché ce Monsieur Robeson sur Internet-je-sais-tout, j'ai appris tout d'abord l'histoire de la chanson "un Canadien errant"*, et surtout celle du chanteur, fervent militant communiste. En 1958, aux USA, oui. Une question, alors : Ma tante aurait-elle eu connaissance de cela ? Si c'était le cas, elle aurait fait preuve d'une grande largesse d'esprit, non ?

    Mais en 1958 Internet n'existait pas, alors ...

     

    * J'ai découvert il y a plusieurs années qu'on trouve en Acadie beaucoup de personnes dont je porte le nom. Or ce nom se trouve aussi en bon nombre en Morbihan, pays de mes ancêtres, où se sont régugiés les exilés du "Grand Dérangement" ...

    Alors, des ancêtres acadiens ? ça m'plairait bien, tiens !

    Loïc

     

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    Résultat de recherche d'images pour "chapeau léon blum"

     

    C’est ma tante Madeleine, la soeur de Papa, qui m’a raconté, quand j’avais quinze ans… Maman, elle, n’aurait jamais évoqué ces choses-là devant nous. A l’époque, ça ne passait pas, ç’aurait été du vice… C’était un pêché, avait dit grand-père, après, quand il avait appris qu’on savait… Selon lui, on devait réserver certains sujets aux grandes personnes : la mort en faisait partie.

    Nous habitions au premier étage d’un de ces immeubles « nouvelle vague » construits à la va-vite, à partir de 1946, dans la période de la « reconstruction » d’une ville qui avait été anéantie, rasée, pendant la dernière guerre. Dans les années cinquante, les travaux immenses n’étaient pas terminés, et les enfants couraient encore dans des ruines béantes que les bulldozers américains écrasaient, tassaient, pour que puissent s’élever ces bâtiments rectilignes, froids, anonymes, presque staliniens…

    De temps à autre, papa rentrait de l’Arsenal, et annonçait, sèchement, d’une voix métallique : « Du côté de Quéliverzan, encore un, ce matin… ! » Une bombe U.S. non éclatée avait déchiqueté un gosse, ou une femme, qui passait là… et ça allait durer longtemps.

    L’ « originalité » de notre appartement résidait dans le fait qu’il était situé juste au-dessus d’un bistro… Ce qui mettait évidemment de l’animation, en particulier le vendredi soir, jour de paie ! Mais mon père n’y allait jamais. Cinq ans d’Allemagne, quatre enfants et une épouse à nourrir, son éducation, tout cela imposait qu’il se contente de rentrer, le soir, et qu’il n’aille pas boire sa paie… Et puis, nous étions si bien, ensemble ! « Le grenier de Montmartre » à la TSF, quel délice ! Tous assis en arc de cercle devant le vieux poste en ébonite noire, oui, assis comme devant une télé ! Je me souviens d’une des dernières fois où j’ai entendu ce poste : l’émission avait été interrompue, et le « speaker » avait annoncé, d’une voix lugubre : « Le pape Pie XII vient de s’éteindre ». Et Papa avait entamé avec Grand-père une discussion à laquelle, en 1958, je n’avais rien compris…

    J’adorais quand maman me confiait à Tata Kerso… Quand elle avait trop de lessive, par exemple, ou quand il lui fallait faire voir le petit frère au médecin…

    Cette « tata » était une voisine, Mme Kersauzon, qui adulait les enfants, les chérissait, les chouchoutait, les gâtait, les pourrissait ! J’étais, j’en suis persuadé, son préféré. J’étais en effet le seul garçon à accepter (avec quelle joie !) de faire du tricotin, de démêler sa laine, d’écouter ses histoires interminables, mi-français, mi-breton…

    Ce jour-là, j’avais deux ans, et il pleuvait sans cesse sur Brest. Un soir de janvier, gris, glacial, un de ces soirs où même le caban ne sert à rien après un quart d’heure, trempé comme une éponge…

    Nous n’étions pas au dessus de « l’Abri de la Tempête », mais deux étages plus haut, chez une autre voisine. Papa – ce fut, je crois, le seul jour de sa vie – n’était pas allé à l’Arsenal, et avait effectué plusieurs trajets mystérieux, avec sa Juvaquatre que grand-mère lui avait payée après avoir gagné à la Loterie des Gueules Cassées… Nous ne l’avions pas vu de toute la journée.

    Nous entendions tout de même les cris, les exclamations des marins et des ouvriers… De temps à autre, l’un d’eux sortait en titubant, puis attiré comme par un aimant, se ruait de nouveau dans le bar, trempé de pluie et de bière. Les marins, eux, devaient veiller à ne pas tomber sur le passage de la patrouille maritime, car c’étaient alors les coups de matraques qui pleuvaient !

    Ce n’était certes pas la première fois que nous allions chez cette voisine. Mais j’étais, paraît-il, vaguement pensif, « perdu dans mes pensées » avait dit Tante Madeleine, surtout lorsque nous allions « en ville » voir Hervé, notre petit frère, qui gémissait dans un berceau, au fond d’une grande chambre d’hôpital, jaune, sale…. Et puis, Maman, où était-elle ?

    Une Peugeot s’approcha, silencieuse, et vint se garer discrètement le long du trottoir. Les essuie-glaces battaient à toute vitesse, chassant à grand peine les trombes d’eau.

    J’aimais, quand j’eus l’âge de m’intéresser aux voitures, ce modèle, que j’appelais «  la voiture qui louche »… car cette Peugeot (102, je crois) arborait une calandre très étroite, qui protégeait deux phares tout rapprochés, comme des yeux…

    Le Docteur Kerbras (oh, que je ne l’aimais pas, celui-là !) sortit et claqua sa portière, protégeant de son mieux sa vieille sacoche, et secoua son pardessus et son chapeau à la Léon Blum - voir la photo du personnage -  avant de s’engouffrer dans l’entrée, provoquant un soudain silence dans le bistro. On le connaissait, même si on ne l’y voyait pas souvent…

    Nous entendîmes les pas précipités du médecin dans l’escalier, tandis que Papa arrivait lui aussi. Ils entrèrent en même temps, Papa serrant dans un linge les petites affaires d’Hervé.

    Notre père nous annonça : « Maman reviendra dans quelques jours à la maison, les enfants; elle est très fatiguée… ». En réalité, elle avait craqué, depuis deux semaines, et errait, fantôme en pleurs, dans les couloirs d’un autre hôpital.

    Quelques minutes après, le médecin expliquait à mon frère aîné qu’il n’avait rien pu faire, que l’ « hernie étranglée » avait évolué trop vite, et qu’Hervé était sans doute heureux, là haut.

    Et, en bas, ce vacarme de verres, de beuglements…

    C'est pendant une période très difficile de ma vie que j'ai écrit plusieurs des textes que je "publie" ici. Ces textes sont en partie romancés, enjolivés ou au contraire dramatisés, selon mon ressenti du moment. Ils ne peuvent donc pas être considérés, à la lettre, comme une sorte d'autobiographie (mais ... en grande partie, tout de même !). Les personnes concernées (particulièrement les membres de ma famille, bien sûr) sauront faire la part des choses, et même (merci à eux !) me faire parvenir leurs précisions, leurs corrections, et leurs commentaires.

     

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