• Les Enfoirés

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  • Au plus fort de la déprime : un cri craché, un matin de 2004

    Je voudrais bien…
    … Je voudrais bien ne pas croire aux fantômes…

    Mais Lui, il est là, Il ne laisse pas le choix. Il m’a choisi comme d’autres, choisi en victime, parmi d’autres, avec d’autres…

    Sa force : Nous ne nous connaissons pas. Anonymes. Solitaires. Tabous. Silencieux.
    Taisons-nous, d’ailleurs !

    Car si nous clamons notre envoûtement, on va nous accuser, ou nous envier…

    car nous oserions « claironner » notre malédiction !
    Je ne sais pas, pas toujours, que Tu es là, et c’est ce qui me donne ce répit, ce loisir échappatoire.


    Cancer,

    je Te hais de te foutre de mon Blues.

    Loïc

    ============================================

    Aujourd’hui, nous avons la haine, la hargne, la gniaque. Et Lui rigole toujours.
    Annie
    juillet 2019

     

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  • M. (ou Mme) Eklablog me demande de "réactiver" mon blog car je n'y ai rien posté depuis quelque temps.

    Je le fais, par ce message, espérant que cette absence sera la moins longue possible ...

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  • Quand la mer inspire, encore et encore ... (CLIC)

     

    "Je ne peux pas regarder la mer

    à la Pointe Saint-Mathieu

    sans me dire que la mer écrit sur le rivage

    une phrase qui est constituée par le découpage des rochers.

    Elle laisse des traces et définit une phrase.

    Toutes les sciences sont une lecture des écritures."

     

     Michel Serres, le 10 février 2017

    au Café de la librairie Dialogues, rue de Siam, Brest.

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  •  

    S'il est bon de ne rien dire avant de parler

    il est encore plus utile de réfléchir avant de penser.
     

    Pierre Dac

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  • Une navigation sur l'écume des mots.

     

    « Encore des mots, toujours des mots, toujours les mêmes ... »

    Au-dessus de l'écume ? Ciel clair, dégagé, aérien, diaphane, vital.

    Sous l'écume ? Bleu sombre, outremer. Il vous fait passer outre la mer mystérieuse, mais ne tentons d'y échapper : Elle est notre berceau, avant que le marin, parfois, y fasse son trou.

    A la surface de l'eau ? Tellement changeante …

    Elle vibre, ondule, hésite. Elle nous flatte, nous caresse, ou nous effraie, menaçante, se dresse, maîtresse traîtresse, puis nous laisse à nos faiblesses :

    L'encre a coulé, l'ancre est coulée. Mal, d'avoir écrit. Mal d'avoir écrit les maux, ces maudits mots dits. Quand c'est dit c'est dit. L'écrit, et les cris, restent. Mal à dire, maladie. « Il a maladit ! » : Maintenant ça ira mieux, si, si.

    Des mots démons, des mots pour rire, aussi, des mots pince-sans-rire, des maux qui se rient de tout, et c'est très bien ainsi.

    Ne cherchons pas, chers écumeurs de mots, à trop gratter sous l'écume pour éveiller l'eau qui dort. Ne piratons pas nos secrets, créons.

    "L'écume des mots" est notre atelier participatif d'écriture in vivo, à Fouesnant (Finistère) où nous nous rencontrons chaque semaine.

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  • Vous ne vouliez rien savoir ... (dans la série "EPITAPHES")

     

    J'vous l'avais bien dit,

    qu'j'étais malade ...

    Dans la série "j'aime Pierre Desproges, et j'aime vivre dans la joie,

    le bonheur et l'allégresse (à plateau)",

    d'autres épitaphes, 

    ICI

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  • L'homme "sain" n'est pas tant

    celui qui a éliminé de lui-même les contradictions : 

    c'est celui qui les utilise

    et les entraîne dans son travail.

    Citation de Maurice Merleau-Ponty

    Oui, bon. Mais moi ce matin j'ai envie de vous faire travailler : 

    "En vous inspirant longuement par le nez et en soufflant fort par la bouche, et en utilisant jusque la substantifique moelle la citation de Trouvé, choisissez ou l'écrivain, ou le canard, et dites-nous voir un peu :

    Lequel des deux est le plus sain ?"

    Nota bene : Non, on ne parle pas de moi. Vous avez quatre heures.

     

    Un écrivain qui se livre,

    c'est un peu comme un canard qui se confie.

    Citation de Trouvé sur le Web

    L'homme "sain"

    https://www.etaletaculture.fr/histoire-de-l-art/pourquoi-represente-t-on-les-fous-avec-un-entonnoir-sur-la-tete/

    L'homme "sain"

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  • Parcours obligé, s'appelle cet exercice

    *Les mots suivants seront intégrés (dans cet ordre, mais oui !) dans un texte :

    jaune – arc – le petit port – discours – coupole – balcon – chaînes – jetée.*

    C'était une « consigne de travail » (!) de Françoise, notre animatrice de l'atelier d'écriture. « Bon, vous y allez, vous avez dix minutes ! »

    Parcours obligé

     Robert Doisneau

     

    « Hé ! Viens donc écluser un jaune avec moi, arrête ton arc, quitte ton poste de soudure, et nous v'là arrivés au « petit port », ce bon vieux rade du Port-de ! Ravale tes discours, on n'a pas le temps, et … On n'est pas à Vérone, alors merci bien pour la coupole et le balcon.

    On passera, au retour, s'en jeter un autre, au parc à chaînes, et on ira même, avant la reprise du turbin, respirer une bonne bouffée, au bout de la jetée ...

     

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  • Des poèmes de Xavier Grall, mis en musique par Dan ar Bras :

    « Les vents m'ont dit »

    ..................................... 

     

    Je me suis permis ...

     

    Et l'ombre ? Et la lumière ? :

    L'ombre m'a dit « ôte-toi de mon soleil, misérable, car il luit aussi pour moi ! »

    La lumière m'a dit « je suis précieuse, source de vie et symbole de vitalité, préservez-moi ».

    L'inconnu me dévore.

    L'ombre me dévore lorsque le soleil monte, elle s'accroche à mon dos et, devenue brûlante, l'escalade, pour me monter à la tête

    La lumière me dévore de ses rayons maléfiques, rongeurs de cellules, brûleurs du mal, mais aussi de mes espoirs.

    Et parlez-moi de la terre.

    Et parlez-moi de l'ombre, que vous affirmez avoir eu le temps d'apercevoir à peine : Un homme ? Grand, petit ? Vous a t'il parlé, avant de disparaître ?

    Et parlez-moi de la lumière, cette 'éblouissante réjouissante' qui vous aveugle, vous brûle chaque nuit : Vous vous abreuvez de son addiction …

     

    Loïc Roussain, février 2012 – Ecrimagineur.eklablog.fr

     Entretien entre Per-Jakez Helias et Xavier Grall

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  • Oui : je suis un rêveur. Car un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune, et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes.

    Intentions - Oscar Wilde

     

     

    Jean-Yves, l'instit-directeur d'école qui, semble-t-il, a toujours été là, au moins depuis Jules Ferry, arrive comme à son habitude sur son antique moto, récupérée par son père en 1945. Pas de porte-bagages, pas besoin de cartable, tout reste à l'école, et les cahiers sont corrigés, en fin de journée, lorsqu'il est revenu de sa virée habituelle sur la côte. « Ça change les idées... »
    Sébastien, lui, est planté au milieu de la cour, jambes écartées, et se précipite vers la moto, saute au cou de Jean-Yves, un gros bisou, la journée peut commencer.
    Trois personnes, ici, s'occupent de Sébastien : Marianne, la dame à tout faire. C'est tout dire. Elle fait absolument tout, sauf -exception notoire- la vaisselle du repas de midi, réservée, par tour de rôle, aux
    « Cours MoyenS ». Jean-Yves, le directeur, est aussi , bien sûr, secrétaire de mairie, et rédacteur du petit bulletin municipal. Il gère aussi les réunions et la publication de la feuille de chou de l'Opposition. Son épouse, comme lui, sait à peu près tout ce qui se passe sur l'île : elle est la coiffeuse de l'île. Ils sont donc tous deux, un peu, confidents de ceux qui ne vont pas à confesse.
    Moi, à Ouessant, je ne suis plus tout à fait un « doryphore ». J'enseigne pour la première année, et on m'a nommé sur l'île pour y préparer mon CAP... Je réside donc en insulaire, je ne suis plus le touriste d'il y a deux mois. Habitant à Brest, j'étais tout heureux lorsque j'ai reçu ma nomination à « Brest 5». Mais cette circonscription comprend aussi la commune d'Ouessant... Et en cette année où un certain caudillo Franco meurt interminablement, le temps est encore plus long lorsqu'on se sent en exil !
    J'ai la « section enfantine » : une dizaine d'enfants en maternelle (tous âges confondus), et trois en Cours Préparatoire : c'est sur ces trois-là que Monsieur l'inspecteur jugera si je suis apte... ! Jean-Yves, lui, a tous les autres élèves de l'école.
    Sébastien a sept ans. Il n'est ni en section enfantine, ni en cours préparatoire. Dieu seul sait où il est. Lorsque nous sommes sur la cour, il erre en faisant de grandes enjambées, s'accroupit parfois, gratte la terre, la mange ... Il se relève, lève la tête, observe le ciel pendant de longues minutes, ses yeux roulent, son regard accroche de temps en temps un autre enfant qui passe, il peut rester ainsi durant toute la récréation. Presque sans arrêt, il chantonne : « auprès de ma blonde, fait bon , fait bon, fait bon ». Ce sont strictement les seuls mots que 
    je l'ai entendu prononcer. Jean-Yves et moi, souvent, le faisons s'asseoir sur les marches, entre nous deux, et tentons d'avoir un contact... Mais nous ne sommes manifestement pas du même monde.
    Régulièrement, en classe, Sébastien « fout son bordel », comme disent les autres enfants. Les autres enfants, ils parlent comme leurs parents. 
    Le père, le plus souvent, est en mer, dans la Marchande. La mère, comme souvent dans les ports, s'occupe de tout à la maison. Jean-Yves lui a souvent expliqué, à la mère, que Sébastien serait bien mieux sur le continent, où on s'occuperait de lui dans un endroit spécialisé... Mais il n'en est pas question. En 1975, on ne quitte pas l'île si facilement. Et il serait en pension, vous vous rendez compte, à sept ans : je ne veux pas l'abandonner... Et si vous ne le prenez pas, il ira à l'école des Soeurs, pas d'autre solution.
    À Ouessant, en 1975, 45 élèves à « l'école du Diable » (l'école publique ), 250 à l'école Sainte Je-ne-sais-plus-qui. Alors...
    Quarante ans plus tard, où es-tu Sébastien ? Qu'es-tu devenu ?
    As-tu réussi à apprendre autre chose que « Auprès de ma blonde » ?
    Dérision.
    « Du vent qui passe dans sa tête, en courant d'air continu entre les 
    deux oreilles, sa mère lui avait toujours dit ».

     

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  • Lors de notre atelier du lundi matin, Viviane nous a invités à partager à propos de ce "fameux" bonheur derrière lequel nous courons tou(te)s, paraît-il. Chacun(e) le trouve (ou pas) dans des domaines bien différents et même parfois contradictoires, mais c'est ce qui fait sa richesse.

    En voici deux exemples (vidéos, cliquer sur le titre) :

    "Le bonheur, c'est toujours pour demain", Pierre Perret   

    "Le petit bonheur", Félix Leclerc

    Robert Lassus, dans son  "Journal d'un curieux de campagne", 1981, nous propose des visions, des flashes d'instants de bonheur : A nous de prolonger ces moments ?

    Je travaille à être heureux, c'est le plus beau des métiers. >>> (citation) : J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé - Voltaire.

    S'asseoir en terrasse avec une copine, regarder les passants et s'amuser à inventer leur vie. >>> Ma copine me propose sa paille, nous aspirons ensemble, chacun à un bout, et nous rions.

    Réentendre le générique d'une série ou d'une émission qui passait à la télé quand on était enfant. >>> Reprendre l'air, en cherchant les paroles, et ressusciter Zorro.

    Rien n'est simple, dans la vie. Le bonheur non plus. >>> Si le bonheur était si simple, cela se saurait, et on ne courrait plus derrière.

    Taper sur sa joue, pour faire un voeu quand un de ses cils est tombé. >>> Taper sur l'autre joue, et faire le voeu que les autres cils ne l'imitent pas, et qu'ils ne soient pas suivis par les cheveux ...

    Loïc, Ecume des Mots (clic), juin 2019

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  • Une madeleine de Proust

    Une madeleine de Proust

    1956.

    Dans la toute petite chambre de l'appartement que louent mes parents, un berceau se balance doucement, avec un léger grincement du bois. Ma petite sœur, qui vient d'avoir un an, s'endort peu à peu, ravie de ses baisers du soir (celui de Maman, celui de Papa, et le mien).

    « Bon, dormez bien, moi je ferme la porte et vous, vous fermez les petits pois » et elle se retire sur la pointe des pieds, arborant un sourire angélique, si doux, si adorable.

    Mais pour moi, à quatre ans, ce n'est pas assez ! Je me love amoureusement dans mon lit. Je veux ma maman pour moi tout seul : « Maman, Maman, et moi ? » - « Oh, mais tu es un grand, toi ! »

    Non, pas vrai, les grands ce sont mon grand frère et ma grande sœur. Moi je suis grand seulement quand je sais faire du patin à roulettes, puisque c'est pour les grands. J'en suis tellement fier.

    Alors, elle reste. Elle ne demandait pas mieux. Je clos lentement les yeux, et murmure : « Fais un trou ... » Maman soulève le drap, le tire en prenant tout son temps, me couvre délicatement les épaules. C'est là, maintenant, que c'est le meilleur.

    Je souhaite dans ma tête une bonne nuit à l'ange, dans un petit cadre jaune en plastique, au-dessus de ma tête. L'angelot me regarde, toujours, et je fixe sa jolie tête de bambin joufflu, et c'est toujours comme ça, et c'est bon. Maman m'a dit que ce n'est pas un bébé comme ma sœur, mais un ange qui veille sur moi pour que je dorme bien.

    Je replace ce trésor, que j'avais sorti du tiroir, dans sa cachette où je l'avais retrouvé. Le charme est définitivement rompu ...

    Loïc Roussain – Ecrimagineur.eklablog.fr

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  • « Eh bien, sachez-le, mes petits gars : à votre âge j'étais très malheureux. Mes copains se goinfraient sans arrêt, à longueur de journée, sans faire de vrais repas comme ceux qui régalent les Européens. Eux, comme les Américains, engloutissaient des bonbons, toutes sortes de sucreries, des horreurs issues de la charcuterie, mais ne grossissaient que moyennement, comme les Américains bien sûr (enfin, c'est ce qu'ils disent).

    Mais moi j'étais obligé, car mon père avait décelé mes aptitudes, d'engouffrer des trucs bizarres, japonais tout de même, mais bizarres : Sushi, wasabi, sashimi, etc. Alors ma force, ou plutôt mon bide en profitait, profitait … J'étais devenu un sportif, on m'appelait le bulldozer.
    Alors, prenez-en de la graine, ou, mieux, tiens : du rab de riz cantonnais ... "

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  • "L’écrivain est celui qui cherche autant en lui qu’en les autres."
    Antonio Soler

    Ecrivain ? écrivain ? Est-ce que j'ai ...

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  •  "Un Canadien errant" : Le contexte, l'histoire de la chanson,

    la carrière de Paul Robeson, ses engagements : ICI

    1957, ou 1958. Comme souvent le dimanche, nous rendons visite à notre grand-mère et à notre tante Marie-Madeleine. Respectueusement assis, nous écoutons (ou pas, c'est selon !) religieusement (ou pas, non plus !) de la musique classique, installés en arc de cercle devant l'électrophone dernier-cri acheté récemment, un modèle top-moderne : Il a même deux haut-parleurs, un de chaque côté, c'est pour "entendre en stéréo" ! Je n'y comprends rien, tant pis, pas grave.

    Avant ce bijou, régnait dans la salle de séjour de l'appartement une autre splendeur, un grammophone ... à baver d'admiration et d'envie. Pas toucher, surtout, c'est fragile.

    A tour de rôle, pourtant, nous avons le droit de remonter l'engin à la manivelle, parfaitement huilée. Attention ne pas forcer quand c'est prêt. 78 tours ("Sur la mer calmée-euuu"...), 33 tours (que du classique, j'adore ça), et même des 45 tours. Notre tante s'est procuré un disque d'un chanteur que j'ignore : Henri Salvador ("Le lion est mort ce soir"). Le soir, je connais les paroles par coeur, et je chante dans le trolleybus qui nous ramène à la maison. Cela fait le bonheur de M'me Moustache, celle qui tourne une autre manivelle, j'en parle ailleurs. Instants magiques. Gilbert Bécaud est là aussi ("l'absence de l'ami", qui me mettait les larmes aux yeux). Et d'autres, car notre tante était moderne ! J'apprends à connaître, peu à peu, beaucoup d'airs classiques, mais je ne parviens pas à apprécier l'opéra et encore moins l'opérette. "Plus tard, ça viendra", me promet-elle. C'est venu, en ce qui concerne l'opéra. Je découvre aussi le jazz, dans lequel je continue aujourd'hui à baigner avec délices.

    Cette pochette de disque ... Paul Robeson ? jamais entendu parler. Un Noir ? Alors c'est du jazz, du gospel ou du negro spiritual, je ne fais pas bien la différence.

    J'ai écouté tout, sans broncher, je suis envoûté. Cette voix ...

    Je pensais avoir oublié. Le nom m'est revenu, alors que je songeais, une fois encore, à mon enfance merveilleuse, et à toutes ces images qui montent en moi, refluant régulièrement qui m'enchantent ou parfois me troublent ...

    Tante Madeleine était, comme ma grand-mère, une partisane à part entière du Général de Gaulle, idole de beaucoup de Français. Elles en faisaient volontiers référence (et révérence !) à l'occasion. Or, lorsque j'ai cherché ce Monsieur Robeson sur Internet-je-sais-tout, j'ai appris tout d'abord l'histoire de la chanson "un Canadien errant"*, et surtout celle du chanteur, fervent militant communiste. En 1958, aux USA, oui. Une question, alors : Ma tante aurait-elle eu connaissance de cela ? Si c'était le cas, elle aurait fait preuve d'une grande largesse d'esprit, non ?

    Mais en 1958 Internet n'existait pas, alors ...

     

    * J'ai découvert il y a plusieurs années qu'on trouve en Acadie beaucoup de personnes dont je porte le nom. Or ce nom se trouve aussi en bon nombre en Morbihan, pays de mes ancêtres, où se sont régugiés les exilés du "Grand Dérangement" ...

    Alors, des ancêtres acadiens ? ça m'plairait bien, tiens !

    Loïc

     

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    Résultat de recherche d'images pour "chapeau léon blum"

     

    C’est ma tante Madeleine, la soeur de Papa, qui m’a raconté, quand j’avais quinze ans… Maman, elle, n’aurait jamais évoqué ces choses-là devant nous. A l’époque, ça ne passait pas, ç’aurait été du vice… C’était un pêché, avait dit grand-père, après, quand il avait appris qu’on savait… Selon lui, on devait réserver certains sujets aux grandes personnes : la mort en faisait partie.

    Nous habitions au premier étage d’un de ces immeubles « nouvelle vague » construits à la va-vite, à partir de 1946, dans la période de la « reconstruction » d’une ville qui avait été anéantie, rasée, pendant la dernière guerre. Dans les années cinquante, les travaux immenses n’étaient pas terminés, et les enfants couraient encore dans des ruines béantes que les bulldozers américains écrasaient, tassaient, pour que puissent s’élever ces bâtiments rectilignes, froids, anonymes, presque staliniens…

    De temps à autre, papa rentrait de l’Arsenal, et annonçait, sèchement, d’une voix métallique : « Du côté de Quéliverzan, encore un, ce matin… ! » Une bombe U.S. non éclatée avait déchiqueté un gosse, ou une femme, qui passait là… et ça allait durer longtemps.

    L’ « originalité » de notre appartement résidait dans le fait qu’il était situé juste au-dessus d’un bistro… Ce qui mettait évidemment de l’animation, en particulier le vendredi soir, jour de paie ! Mais mon père n’y allait jamais. Cinq ans d’Allemagne, quatre enfants et une épouse à nourrir, son éducation, tout cela imposait qu’il se contente de rentrer, le soir, et qu’il n’aille pas boire sa paie… Et puis, nous étions si bien, ensemble ! « Le grenier de Montmartre » à la TSF, quel délice ! Tous assis en arc de cercle devant le vieux poste en ébonite noire, oui, assis comme devant une télé ! Je me souviens d’une des dernières fois où j’ai entendu ce poste : l’émission avait été interrompue, et le « speaker » avait annoncé, d’une voix lugubre : « Le pape Pie XII vient de s’éteindre ». Et Papa avait entamé avec Grand-père une discussion à laquelle, en 1958, je n’avais rien compris…

    J’adorais quand maman me confiait à Tata Kerso… Quand elle avait trop de lessive, par exemple, ou quand il lui fallait faire voir le petit frère au médecin…

    Cette « tata » était une voisine, Mme Kersauzon, qui adulait les enfants, les chérissait, les chouchoutait, les gâtait, les pourrissait ! J’étais, j’en suis persuadé, son préféré. J’étais en effet le seul garçon à accepter (avec quelle joie !) de faire du tricotin, de démêler sa laine, d’écouter ses histoires interminables, mi-français, mi-breton…

    Ce jour-là, j’avais deux ans, et il pleuvait sans cesse sur Brest. Un soir de janvier, gris, glacial, un de ces soirs où même le caban ne sert à rien après un quart d’heure, trempé comme une éponge…

    Nous n’étions pas au dessus de « l’Abri de la Tempête », mais deux étages plus haut, chez une autre voisine. Papa – ce fut, je crois, le seul jour de sa vie – n’était pas allé à l’Arsenal, et avait effectué plusieurs trajets mystérieux, avec sa Juvaquatre que grand-mère lui avait payée après avoir gagné à la Loterie des Gueules Cassées… Nous ne l’avions pas vu de toute la journée.

    Nous entendions tout de même les cris, les exclamations des marins et des ouvriers… De temps à autre, l’un d’eux sortait en titubant, puis attiré comme par un aimant, se ruait de nouveau dans le bar, trempé de pluie et de bière. Les marins, eux, devaient veiller à ne pas tomber sur le passage de la patrouille maritime, car c’étaient alors les coups de matraques qui pleuvaient !

    Ce n’était certes pas la première fois que nous allions chez cette voisine. Mais j’étais, paraît-il, vaguement pensif, « perdu dans mes pensées » avait dit Tante Madeleine, surtout lorsque nous allions « en ville » voir Hervé, notre petit frère, qui gémissait dans un berceau, au fond d’une grande chambre d’hôpital, jaune, sale…. Et puis, Maman, où était-elle ?

    Une Peugeot s’approcha, silencieuse, et vint se garer discrètement le long du trottoir. Les essuie-glaces battaient à toute vitesse, chassant à grand peine les trombes d’eau.

    J’aimais, quand j’eus l’âge de m’intéresser aux voitures, ce modèle, que j’appelais «  la voiture qui louche »… car cette Peugeot (102, je crois) arborait une calandre très étroite, qui protégeait deux phares tout rapprochés, comme des yeux…

    Le Docteur Kerbras (oh, que je ne l’aimais pas, celui-là !) sortit et claqua sa portière, protégeant de son mieux sa vieille sacoche, et secoua son pardessus et son chapeau à la Léon Blum - voir la photo du personnage -  avant de s’engouffrer dans l’entrée, provoquant un soudain silence dans le bistro. On le connaissait, même si on ne l’y voyait pas souvent…

    Nous entendîmes les pas précipités du médecin dans l’escalier, tandis que Papa arrivait lui aussi. Ils entrèrent en même temps, Papa serrant dans un linge les petites affaires d’Hervé.

    Notre père nous annonça : « Maman reviendra dans quelques jours à la maison, les enfants; elle est très fatiguée… ». En réalité, elle avait craqué, depuis deux semaines, et errait, fantôme en pleurs, dans les couloirs d’un autre hôpital.

    Quelques minutes après, le médecin expliquait à mon frère aîné qu’il n’avait rien pu faire, que l’ « hernie étranglée » avait évolué trop vite, et qu’Hervé était sans doute heureux, là haut.

    Et, en bas, ce vacarme de verres, de beuglements…

    C'est pendant une période très difficile de ma vie que j'ai écrit plusieurs des textes que je "publie" ici. Ces textes sont en partie romancés, enjolivés ou au contraire dramatisés, selon mon ressenti du moment. Ils ne peuvent donc pas être considérés, à la lettre, comme une sorte d'autobiographie (mais ... en grande partie, tout de même !). Les personnes concernées (particulièrement les membres de ma famille, bien sûr) sauront faire la part des choses, et même (merci à eux !) me faire parvenir leurs précisions, leurs corrections, et leurs commentaires.

     

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  • "Un écrivain est quelqu'un pour qui écrire est plus difficile que pour toute autre personne."

    Charles Juliet

    Même pô vrai ... : Et pour ceux qui ne sont pas écrivains et écrivent quand même ?

    Hein, hein, dites-moi voir un peu ?

    Un commentaire sur une citation

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  • Marins, marines.   Fastoche, ce thème, m'a t'on dit ? Il me serait en effet assez facile de ressasser l'ambiance des romans maritimes, ceux de Pierre Mac Orlan, les chants de marins, et de servir tout chauds des vieux clichés. Mais j'écris aujourd'hui depuis les bords de Loire, près d'Orléans : je viens d'y apprendre - moi qui ne connaissais que les "mariniers" - qu'il existe, ou existait deux marines, sur la Loire : le transport de marchandises, et celui de personnes, présentant de grandes différences dans les modes de travail et surtout dans les mentalités. À Brest, quatre "marines" (au moins !) : la Royale (Marine Nationale), celle du Portde (port de Commerce), celle des pontons (la plaisance) et enfin quelques pêcheurs.*

    Je suis né en pleine période de reconstruction d'une ville totalement rasée par les bombardements américains et anglais de la fin de la guerre 39-45. Mes parents nous ont parlé, tout au long de notre jeunesse, de cette blessure qui les a littéralement traumatisés. Des quartiers disparus, le tram de l'époque, des noms de magasins, le Grand Pont tournant, me sont familiers, même si je ne les ai jamais connus, comme "Barbara", ou la Fanny de Laninon ... Il y avait souvent beaucoup de monde, le soir, à "l'Abri de la tempête", dans une rue perpendiculaire à la fameuse rue de Siam. La faune des matafs (marins d'État), qui arboraient leurs bachis au pompon rouge, donnait à l'enfant que j'étais l'impression d'une foule bruyante, animée, mais sympathique et - le plus souvent - joviale et conviviale. Je suis né juste au-dessus de ce bistro, chez moi, une nuit d'hiver. Je n'ai jamais su s'il pleuvait ce soir-là sur Brest, ni si la patrouille de la Police Maritime y avait fait une descente. Lorsqu'ils débarquaient, ceux-là, ça ne rigolait pas. Coups de matraques solidement appliqués, et au poste des punis, après un séjour dans la cellule de dégrisement ... Mon père ne mettait jamais les pieds dans ce bistro. Il n'aimait pas, et surtout, fallait pas mélanger : les matafs d'un côté, les ouvriers de l'Arsenal de l'autre, non mais ! Les ouvriers, pour leur part, étaient bien plus nombreux à être "casés", pères de famille ... Pas la même vie. Des cris, des bribes de conversations montaient parfois jusqu'à l'étage :  "Indochine", puis "Algérie" ...  

    XXIème siècle. Le nombre d'ouvriers de l'Arsenal s'est réduit comme peau de chagrin. On ne reconnaît plus les matafs dans les rues, car ils sont en civil. La curiosité est attisée lorsque l'on croise un marin étranger en escale : le jeu consiste à reconnaître le pays à l'uniforme. Durant mon adolescence, et plus particulièrement en 1968, je ne voulais plus entendre parler des bateaux gris, car j'étais, comme beaucoup alors, pacifiste et antimilitariste. Dans le premier port militaire français, cela faisait un peu désordre ... ! Mon amour (le mot n'est pas trop fort) allait au port de commerce. Les noms des navires, leurs pavillons, leurs équipages, que je rencontrais sur les quais, m'invitaient aux voyages, comme un Marius breton. Je restais de longs moments à tenter de deviner l'origine du bateau, sa cargaison, creusant ma mémoire des cours de géographie économique et humaine. J'ai depuis, bien sûr, rangé la Mobylette qui, à défaut des océans, me menait presque tous les jours au Portde. Les tas de charbon ont disparu, les petits bistros aussi. Une grande salle d'animations culturelles les a remplacés. Perte de l'âme d'une ville ? Nostalgie, quand tu nous tiens ... Qui a écrit "sans passé nous n'avons pas de présent" ? Ah, j'oubliais : "À l'abri de la tempête" est à présent une agence du "Crédit Patate", comme on dit à Brest.   Marins, marines 

    Marins, marines

     

    Marins, marines

    * Je n'ai évoqué ici que la Marine nationale française, et son corollaire l'Arsenal de Brest, car je n'entendais parler que de celle-là. "La commerce" et "les pêcheurs", ils passaient à l'as, avec, d'ailleurs, assez souvent, une belle moue dédaigneuse.

    Quant à la plaisance ... balbutiement d'un "truc de riches" auquel je suis resté depuis complètement étranger. Dommage, peut-être.

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  • J'en ai appris ICI beaucoup plus sur l'histoire de la Fête des Mères ... Entre autres : Ce n'est pas Philippe Pétain qui l'aurait "inventée", c'est d'autres, bien avant lui (des noms, des noms !), presque toujours pour une propagande nataliste.

    Et voici une vidéo "coup de poing", avant-gardiste, à propos d'une féministe avant l'heure, avant même que le mot existe.

    Olympe de Gouges

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  •  

    Elle aurait eu cent ans cette année, maman.

    Son parcours s'est arrêté il y a vingt-deux ans déjà.

    Est-ce vrai ? je me pose encore la question ...

    Mes cinq sens m'aident à la faire revivre :

    Je la vois trotter comme une souris, un peu partout,

    Fourmi du foyer.

    Je hume le fumet du rôti de veau du dimanche.

    J'entends sa jolie voix, dont elle est si fière, distribuer le bonheur 

    Par ses chants émouvants qui me donnent les larmes aux yeux.

    Et aujourd'hui je touche délicatement,                                                                              BON ANNIVERSAIRE, MAMAN

    et tourne entre mes doigts tremblants

    des photos éternelles.

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  • On m'dit, et on insiste, car on ne me veut que du bien : Mais vote donc, il faut voter ! 

    Et si je ne vote pas, je serai un antisocial, un je-m-en-foutiste, un suppôt (de qui, déjà ?),

    un égoïste dégoûté par tous les mots en -iste ...

    Pourtant, je devrais, peut-être ? ...

    Je me tâte, je me tâte,

    car (même si ce n'est pas une excuse) :

    J'ai commencé à "entrer en politique"

    en 1968 (tiens, tiens !)

    Après avoir milité dans cinq partis,

    (mais pas en même temps),

    J'ai laissé récemment place aux jeunes,

    et, quand je vois ma fille dans la rue, je me dis

    que je n'ai pas fait que des c... !

    Pour la première fois je me demande si je vais voter demain,

    ayant pourtant toujours jeté mon bulletin dans l'urne.

    Défection ? indécision ? pas voter en mai, grosse burne en août ?

    Non. Paumitude et profond désenchantement.

    Bon. "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres !"

    AUX URNES, CITOYENS 

    Mais chut :  la campagne est terminée depuis hier, boudiou.

     

     

     

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