• caresse /// terrorisme

    carabistouille /// cynisme

    Quand face aux trafics, magouilles et combinaisons,

    on feint avec cynisme de bannir le terrorisme

    rien ne vaut le refuge des carabistouilles

    pour tenter de croire encore aux caresses.

    Loïc R.

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  •  Muffin

     

    Le muffin.

     

    Dans cette grande galerie commerciale, il errait combien de fois par mois dans ce lieu magique, sans rien acheter… 

    Il avançait, tête basse, passant anonyme, sans but Il était seulement là pour voir du monde, passer son temps, assister aux rencontres sans y participer, entendre les conversations sans les écouter. 

    Fulgurante, une idée lui vint à l'esprit : « Mais oui pourquoi pas, allez, cette fois-ci, ose, tu en as le droit, tu sais bien que c'est toi, toi seul, qui décides. Il fit un pas vers la petite boutique, s'arrêta. La jeune femme le regardait depuis un moment déjà, un joli sourire aux lèvres.  

    Comme s'il sauta yeux fermés dans une piscine, il s’approcha de la table où discutaient deux amoureux, demanda si la petite table près d'eux était libre, puis se retourna comme s'il allait s’enfuir. 

    Elle a dit « mais bien sûr, monsieur ». Et les deux jeunes reprirent leurs échanges …

    … Et si nous y allions, mon chéri ? Oui, chef ! j'arrive ! il se levèrent et s'éloignèrent en riant.

    Alors la jeune femme s'approcha pour prendre la commande. « Je suis idiot, mais quel idiot, je n'ai même pas pensé à choisir mon gâteau ! » 

    Puis, au hasard : « Celui-ci … s'il vous plaît. » Une explosion de couleurs. Professionnellement elle se fit un devoir d’égrener une longue liste des ingrédients de la gourmandise. Une crème, garnie plein de bonnes choses, remplissait  un trou pour faire un muffin. Préférez-vous celui-ci ? Ou celui-ci très bon aussi, au chocolat noir, ou... 

    Agacé, il lui lança « non, non, là, devant, s'il vous plaît. Merveilleux, ce gâteau ! Mais à vrai dire vrai, il n'était pas venu là pour ça. Il avait été attiré par l'ambiance. Cette oasis reposante, isolée du bruit, de la foule. Il était pourtant venu là pour voir du monde, enfin !  cette petite table, ce monde tout en rondeur ces lumières blanches, mélanges de néon et de couleurs plus douces… Il était perdu à présent dans une méditation étrange … 

    - « Alors, Monsieur ça a été? Vous avez apprécié ? C'était bon ? » Ses paroles étaient des caresses, des petits tapotages sur son visage, il les vit bien, les étoiles qui brillaient dans les yeux. Il remarqua tout à coup qu’elle était très jolie.

     Il régla la consommation, bredouilla quelque chose, s’éloigna dans la grande allée. Après quelques pas il s'arrêta, se retourna. Elle le regardait, étonnée. Quelques secondes d’une sorte de lévitation. Il devint tout à coup un autre. Il revint, en courant presque. Les muffins … excusez-moi, est-ce je peux prendre celui-ci en photo ? Alors les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent et avec un grand sourire magnifique : « oui, bien sûr, » et après quelques secondes, « Il était si bon ? » 

    « Il était très bon, oui, mais ce n'est pas ce muffin que je viens de prendre en photo. Ce sont quelques minutes de plénitude heureuse. Je poste dans un blog sur Internet, vous connaissez ?  Avec votre permission, j’y posterai cette photo, avec un commentaire. 

    C’’est ainsi que je me fais une collection d’instants heureux...

    Loïc R.

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  • ... En plein dans le mille, en ce qui me concerne :

    "Quel bonheur y a-t-il

    dans le souvenir

    du bonheur ?"

    Julian Barnes

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  • Au festival des clichés.

    Le chef de production de l’émission fit alors une brève apparition en plein milieu du vaste débat :

    « Cet affreux malentendu aurait dû vous interdire, messieurs les journalistes, 

    de rendre ce vibrant hommage à la prison dorée des studios de télévision, au sein même

    de l’humble chaumière de votre serviteur, que je suis.

    La vindicte populaire en tirera les conséquences.

    Arrêtons-nous donc de gaspiller ici l’énergie débordante qu’il nous est si utile

    de conserver en vue de nos prochaines rencontres …

    Loïc R.

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  • Les colchiques.

     
    Un demi-poème, coupé en deux dans le sens de la hauteur, mutilé.
    Il n’en reste que les débuts des vers, à moi de les terminer …
     

    Colchiques

     
    Le pré est verdoyant, et si doux …
    Les vaches saluent l’express de 18h32.
    Respectueux et souriants les voyageurs saluent Marguerite,
    Leurs mains s’agitent, faisant trembloter leurs chapeaux Léon Blum ou leurs casquettes Front Popu,
    C’est selon.
     
    Colchique dans le pré fleurit du mieux qu’il peut.
    Violâtres et hideux les crapauds me dévisagent
    Et ma vie se débobine sur l’écran flou du ciel.
     
    Les garçons se fichent pas mal de ceux qui rêvent,
    Harnachés de hochets de laine tricotés par des nounous folles à délier.
    Ils sucent goulûment le nectar de la vie et offrent déjà
    Aux filles de leurs amours futures leurs coeurs qui battent le rappel,
    Conquérants de Carnaval.
     
    Le gardien du square a fermé le portail,
    Tandis qu’un couple s’est formé
    Et s’est blotti
    Et s’est camouflé
    Dans le parc, longtemps, longtemps,
    Puis le train a sifflé, longtemps, longtemps ...
     
    Pour toujours.
     
    Loïc R.
     
    Rendons à César ce qui lui appartient ... :

    Les Colchiques

    Le pré est vénéneux mais joli en automne
    Les vaches y paissant
    Lentement s’empoisonnent
    Le colchique couleur de cerne et de lilas
    Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
    Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
    Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

    Les enfants de l’école viennent avec fracas
    Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
    Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
    Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

    Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

    Le gardien du troupeau chante tout doucement
    Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
    Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

     
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  • Une histoire de bras.
    Le char à bancs brinquebalait, les deux enfants s'époumonaient 
    en chantant la carmagnole comme les gros bras le leur avait ordonné. 
    Les bras de la carriole ployaient sous l'effort, 
    tandis que le patron suivait, bras croisés. 
    À quelques pas derrière, les apprentis, un peu plus aguerris, 
    braillaient, bras-dessus bras-dessous, des paillardes 
    épouvantables qui laissaient le recteur les bras ballants. 
    L'un d'entre eux, un gauchiste levant le bras droit, 
    fit à l'homme d'église un bras d'honneur. 
    Les bras m'en tombèrent. 
    Je me retrouvai tout à coup à terre, 
    dans la poussière et les bras en croix.
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  • "Le myosotis et puis la rose, 

    ce sont des fleurs qui m'disent quèqu' chose ..." - Mouloudji

     

    Monsieur un président de la République (ou un roi, ou un Grand Architecte, un manant camouflé, donc) a décrété soudain, et publié sur-le-champ :

    "A partir de ce jour, tous les citoyens, sujets, compléments seront tenus de voir la vie en rose. 

    Les amendes pleuvront sur les récalcitrants au bonheur, même s'ils ont l'excuse d'y être allergiques.

    J'ai pris mon courage à deux mains et mon pinceau à bout de bras, et, durant trois semaines, j'ai tout repeint chez moi. En rose.

    J'ai changé toute ma garde-rose, je ne porte plus que du rose. Je ne bois plus que du sirop de fraise, de grenadine ou de cassis bien coupé, et, tout de même, un peu de vin. Rosé.

    J'y ai mis le temps, mais j'ai réussi à dégotter dans une vieille papeterie des cartouches d'encre rose pâle à l'allure alanguie et proustienne, et j'écris sur un papier rose bonbon qui colle au stylo.

    Ma vie est évidemment devenue bien vite un enfer. Je ne distingue plus, au travers de mes persiennes closes et roses, aucune autre couleur.

    Je hais le rose et la vie en rose, et je crache sur toutes les fleurs roses, même artificielles. J'ai dit mon désespoir à une jeune fille innocente : Son teint a rosi d'étonnement, la coupe était pleine.

    Coupe rose, bien sûr.

    Le rose, sans valeur dans ce monde unicolore, est devenu couleur du malheur. J'ai bien tenté, tout seul, de bleuir un peu tout ce qui me semble masculin ...

    Mais les agents de ville, tout de rose vêtus pour donner l'exemple, sourient à qui mieux-mieux, comme il sied, et matraquent, à grands éclats pétaradants de boîtes à musique, mes vélléités d'indépendance

    Et, pantins éhontés, ridicules et sans vergogne, ils jettent vers le ciel qui rosit leurs sifflets roses vifs qui jouent faux, et leurs bâtons de guimauve.

    Je me résigne ... A force, peut-être, parviendrai-je à apprécier le goût de l'eau-de-rose, et commencerai-je à croire moi-même en cette histoire ?

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  • Coucou, me revoilou ...

    Cette formule résonne pour moi comme la benne du camion de chantier métallique, toute rouillée, qui grince et gémit sous le poids des pierres de la nouvelle maison des associations, près de chez moi, qui ouvrira ses portes à la fin de ce mois.

    Changements. Des tas, des tonnes. Comme des avalanches d'énormes pierres, comme celles de l'enrochement de la côte fragile de Fouesnant.

    La promenade que nous y avons faite, il y a deux mois, fut la dernière. Les gravillons crissaient sous les roues du fauteuil, et cela nous faisait encore rire. Et aussi quand elle déclara, suivant du doigt la grande ligne courbe de l'horizon : "Mais enfin, comment ces andouilles d'avant Galilée ont-ils pu continuer à affirmer que la Terre est plate ?"

    Mais c'est ici la dernière fois que j'évoque cette période. "Allons de l'avant" ... Comme on peut, comme on doit. comme on se le doit, à soi et aux autres.

    Je ne m'épancherai plus, nous ne sommes pas ici au rayon du pathos ou du sado-masochisme.

    A bientôt.

    Me revoilou

     

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  •  

     

    Me am eus ur feuntenn
    E-barzh kornig ma jardin.
    Ennan e vin kavet,
    Deus an noz hag an mintin
    Ennan e vin kavet
    Atristet gant ar glac'har,
    Sonjal e ma mestrez
    A zo aet d'an douar

     

     

    Maro eo ma mestrez
    Maro eo holl ma fians
    Maro ma flijadur,
    Ha tout ma holl esperans.
    Biken, 'mije sonjet,
    Nag ar maro a deuje

    Da lemmel diganin
    Ma dous ma c'harantez.

    Deus poaniou ar bed man,
    Fusulhiou ha konteliou,
    Hastet, mar plije ganeoc'h
    Disoc'het din ma buhez
    'vid maz in d'ar bed all,
    Warlec'h ma c'harantez

    C'hoarvez a ra ganin
    Evel gant ur vatimant
    Da navigi war ar mor,
    Graet gantan e beaj
    Erruet e porzh ar joa,
    Ma doucha d'ar gern
    E tello perisa.

    J'ai une fontaine
    Dans un coin de mon jardin
    Là, vous me trouverez
    Le matin comme le soir
    Pétrifié de chagrin,
    Pensant à ma bien-aimée

    Ma bien-aimée est morte,
    Je n'éprouve plus aucun plaisir
    Ma confiance s'est envolée
    Ainsi que tous mes espoirs.
    Jamais je n'avais imaginé
    Que la mort puisse venir
    M'enlever ainsi
    Ma douce, ma bien-aimée

    Peines de ce monde,
    Fusils et couteaux,
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie.
    Que j'aille dans l'autre monde
    Rejoindre ma bien-aimée.

    Je suis comme un marchand
    J'ai un navire
    Pour voyager sur mer.
    Son voyage achevé,
    Il accostera aux îles de la félicité,
    Si le mat venait à se briser,
    Il sombrerait.

    Alan Stivell, 1973

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  • Mentir ?

    « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants …» ? Ben voyons ! Neil Amstrong, les Américains, la NASA, le président américain, les Terriens, ont-ils menti, se sont-ils menti, se sont-ils trompés, nous ont-ils trompés ? Moi, le Père Noël me l’a dit :

    Juillet 1969, dans les Vosges, par une belle nuit étoilée. Responsable d’une meute d’Éclaireurs de France, je leur ai demandé de s’allonger sur le dos, et de se taire ; j’avais dit cinq minutes, ils sont restés un quart d’heure. J’ai écouté, je n’ai rien dit, je vous le jure. J’ai dix-sept ans, je suis sans doute encore très naïf, mais je saurai vite que c’est si bon, l’innocence …

    Ils m’ont dit que la Lune est superbe, envoûtante, mais que « c’est dommage qu’on ne voie jamais son dos » a déclaré un petit bonhomme. Tous les autres se sont esclaffés, il a rougi et haussé les épaules. Mais si, regardez ! Un gros nuage, éthéré puis plus net, est apparu, et a pris la parole : « écoutez-moi, les enfants. Vous êtes le futur, et vous devez savoir, pour ne pas reconduire les erreurs, que dis-je, les crimes contre notre humanité, de vos aînés. Le sol, sous notre dos, est infesté, comme l’air, comme l’eau. Nous avons tout sali, tout pourri, tout gâché. Beaucoup de grands affirment, enfin, à présent, que la marche de notre terre est terminée et qu’il n’y a plus rien à faire. Mais d’autres puissants poursuivent la politique de l’autruche.
    Même moi, regardez-moi, je suis devenu un bien piètre Père Noël. Et mon nuage, mon pauvre nuage …

    La nuée se rabougrit, se comprime, et devient un ensemble de gouttes d’eau, puis une averse, puis une trombe.
    « Je vais, les enfants vous faire un dernier cadeau, dont vous serez les seuls à pouvoir faire usage. Je vous offre l’espoir, une grande bouffée d’espoir. Mais l’espoir seul ne suffit pas. Je vous offre aussi la force immense indispensable pour mener à bien tout ce qui pourrait sauver encore ce qui peut l’être.
    Le petit bonhomme, qui a séché ses larmes, lève vivement la tête et s’écrie : « Fonds vite, toi, fonds, disparais !

    Il ne faut jamais mentir à un enfant.

    2019, j’ai 67 ans. Le grand-père n’est pas resté longtemps chez les Éclaireurs. Il a tout de même cru, toujours,à la force des luttes, des convictions, et il a pu vivre hors des faux-semblants et des rêves d’enfants. Les siens, d’enfants, n’ont jamais cru au Père Noël, mais à la vraie vie, oui.

    Loïc, en hommage respectueux à ma chérie Annie qui a lâché prise le 10 août 2019.

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  • Les Enfoirés

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  • Au plus fort de la déprime : un cri craché, un matin de 2004

    Je voudrais bien…
    … Je voudrais bien ne pas croire aux fantômes…

    Mais Lui, il est là, Il ne laisse pas le choix. Il m’a choisi comme d’autres, choisi en victime, parmi d’autres, avec d’autres…

    Sa force : Nous ne nous connaissons pas. Anonymes. Solitaires. Tabous. Silencieux.
    Taisons-nous, d’ailleurs !

    Car si nous clamons notre envoûtement, on va nous accuser, ou nous envier…

    car nous oserions « claironner » notre malédiction !
    Je ne sais pas, pas toujours, que Tu es là, et c’est ce qui me donne ce répit, ce loisir échappatoire.


    Cancer,

    je Te hais de te foutre de mon Blues.

    Loïc

    ============================================

    Aujourd’hui, nous avons la haine, la hargne, la gniaque. Et Lui rigole toujours.
    Annie
    juillet 2019

     

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  • M. (ou Mme) Eklablog me demande de "réactiver" mon blog car je n'y ai rien posté depuis quelque temps.

    Je le fais, par ce message, espérant que cette absence sera la moins longue possible ...

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  • Quand la mer inspire, encore et encore ... (CLIC)

     

    "Je ne peux pas regarder la mer

    à la Pointe Saint-Mathieu

    sans me dire que la mer écrit sur le rivage

    une phrase qui est constituée par le découpage des rochers.

    Elle laisse des traces et définit une phrase.

    Toutes les sciences sont une lecture des écritures."

     

     Michel Serres, le 10 février 2017

    au Café de la librairie Dialogues, rue de Siam, Brest.

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  •  

    S'il est bon de ne rien dire avant de parler

    il est encore plus utile de réfléchir avant de penser.
     

    Pierre Dac

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  • Une navigation sur l'écume des mots.

     

    « Encore des mots, toujours des mots, toujours les mêmes ... »

    Au-dessus de l'écume ? Ciel clair, dégagé, aérien, diaphane, vital.

    Sous l'écume ? Bleu sombre, outremer. Il vous fait passer outre la mer mystérieuse, mais ne tentons d'y échapper : Elle est notre berceau, avant que le marin, parfois, y fasse son trou.

    A la surface de l'eau ? Tellement changeante …

    Elle vibre, ondule, hésite. Elle nous flatte, nous caresse, ou nous effraie, menaçante, se dresse, maîtresse traîtresse, puis nous laisse à nos faiblesses :

    L'encre a coulé, l'ancre est coulée. Mal, d'avoir écrit. Mal d'avoir écrit les maux, ces maudits mots dits. Quand c'est dit c'est dit. L'écrit, et les cris, restent. Mal à dire, maladie. « Il a maladit ! » : Maintenant ça ira mieux, si, si.

    Des mots démons, des mots pour rire, aussi, des mots pince-sans-rire, des maux qui se rient de tout, et c'est très bien ainsi.

    Ne cherchons pas, chers écumeurs de mots, à trop gratter sous l'écume pour éveiller l'eau qui dort. Ne piratons pas nos secrets, créons.

    "L'écume des mots" est notre atelier participatif d'écriture in vivo, à Fouesnant (Finistère) où nous nous rencontrons chaque semaine.

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  • Vous ne vouliez rien savoir ... (dans la série "EPITAPHES")

     

    J'vous l'avais bien dit,

    qu'j'étais malade ...

    Dans la série "j'aime Pierre Desproges, et j'aime vivre dans la joie,

    le bonheur et l'allégresse (à plateau)",

    d'autres épitaphes, 

    ICI

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  • L'homme "sain" n'est pas tant

    celui qui a éliminé de lui-même les contradictions : 

    c'est celui qui les utilise

    et les entraîne dans son travail.

    Citation de Maurice Merleau-Ponty

    Oui, bon. Mais moi ce matin j'ai envie de vous faire travailler : 

    "En vous inspirant longuement par le nez et en soufflant fort par la bouche, et en utilisant jusque la substantifique moelle la citation de Trouvé, choisissez ou l'écrivain, ou le canard, et dites-nous voir un peu :

    Lequel des deux est le plus sain ?"

    Nota bene : Non, on ne parle pas de moi. Vous avez quatre heures.

     

    Un écrivain qui se livre,

    c'est un peu comme un canard qui se confie.

    Citation de Trouvé sur le Web

    L'homme "sain"

    https://www.etaletaculture.fr/histoire-de-l-art/pourquoi-represente-t-on-les-fous-avec-un-entonnoir-sur-la-tete/

    L'homme "sain"

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  • Parcours obligé, s'appelle cet exercice

    *Les mots suivants seront intégrés (dans cet ordre, mais oui !) dans un texte :

    jaune – arc – le petit port – discours – coupole – balcon – chaînes – jetée.*

    C'était une « consigne de travail » (!) de Françoise, notre animatrice de l'atelier d'écriture. « Bon, vous y allez, vous avez dix minutes ! »

    Parcours obligé

     Robert Doisneau

     

    « Hé ! Viens donc écluser un jaune avec moi, arrête ton arc, quitte ton poste de soudure, et nous v'là arrivés au « petit port », ce bon vieux rade du Port-de ! Ravale tes discours, on n'a pas le temps, et … On n'est pas à Vérone, alors merci bien pour la coupole et le balcon.

    On passera, au retour, s'en jeter un autre, au parc à chaînes, et on ira même, avant la reprise du turbin, respirer une bonne bouffée, au bout de la jetée ...

     

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  • Des poèmes de Xavier Grall, mis en musique par Dan ar Bras :

    « Les vents m'ont dit »

    ..................................... 

     

    Je me suis permis ...

     

    Et l'ombre ? Et la lumière ? :

    L'ombre m'a dit « ôte-toi de mon soleil, misérable, car il luit aussi pour moi ! »

    La lumière m'a dit « je suis précieuse, source de vie et symbole de vitalité, préservez-moi ».

    L'inconnu me dévore.

    L'ombre me dévore lorsque le soleil monte, elle s'accroche à mon dos et, devenue brûlante, l'escalade, pour me monter à la tête

    La lumière me dévore de ses rayons maléfiques, rongeurs de cellules, brûleurs du mal, mais aussi de mes espoirs.

    Et parlez-moi de la terre.

    Et parlez-moi de l'ombre, que vous affirmez avoir eu le temps d'apercevoir à peine : Un homme ? Grand, petit ? Vous a t'il parlé, avant de disparaître ?

    Et parlez-moi de la lumière, cette 'éblouissante réjouissante' qui vous aveugle, vous brûle chaque nuit : Vous vous abreuvez de son addiction …

     

    Loïc Roussain, février 2012 – Ecrimagineur.eklablog.fr

     Entretien entre Per-Jakez Helias et Xavier Grall

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  • Oui : je suis un rêveur. Car un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune, et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes.

    Intentions - Oscar Wilde

     

     

    Jean-Yves, l'instit-directeur d'école qui, semble-t-il, a toujours été là, au moins depuis Jules Ferry, arrive comme à son habitude sur son antique moto, récupérée par son père en 1945. Pas de porte-bagages, pas besoin de cartable, tout reste à l'école, et les cahiers sont corrigés, en fin de journée, lorsqu'il est revenu de sa virée habituelle sur la côte. « Ça change les idées... »
    Sébastien, lui, est planté au milieu de la cour, jambes écartées, et se précipite vers la moto, saute au cou de Jean-Yves, un gros bisou, la journée peut commencer.
    Trois personnes, ici, s'occupent de Sébastien : Marianne, la dame à tout faire. C'est tout dire. Elle fait absolument tout, sauf -exception notoire- la vaisselle du repas de midi, réservée, par tour de rôle, aux
    « Cours MoyenS ». Jean-Yves, le directeur, est aussi , bien sûr, secrétaire de mairie, et rédacteur du petit bulletin municipal. Il gère aussi les réunions et la publication de la feuille de chou de l'Opposition. Son épouse, comme lui, sait à peu près tout ce qui se passe sur l'île : elle est la coiffeuse de l'île. Ils sont donc tous deux, un peu, confidents de ceux qui ne vont pas à confesse.
    Moi, à Ouessant, je ne suis plus tout à fait un « doryphore ». J'enseigne pour la première année, et on m'a nommé sur l'île pour y préparer mon CAP... Je réside donc en insulaire, je ne suis plus le touriste d'il y a deux mois. Habitant à Brest, j'étais tout heureux lorsque j'ai reçu ma nomination à « Brest 5». Mais cette circonscription comprend aussi la commune d'Ouessant... Et en cette année où un certain caudillo Franco meurt interminablement, le temps est encore plus long lorsqu'on se sent en exil !
    J'ai la « section enfantine » : une dizaine d'enfants en maternelle (tous âges confondus), et trois en Cours Préparatoire : c'est sur ces trois-là que Monsieur l'inspecteur jugera si je suis apte... ! Jean-Yves, lui, a tous les autres élèves de l'école.
    Sébastien a sept ans. Il n'est ni en section enfantine, ni en cours préparatoire. Dieu seul sait où il est. Lorsque nous sommes sur la cour, il erre en faisant de grandes enjambées, s'accroupit parfois, gratte la terre, la mange ... Il se relève, lève la tête, observe le ciel pendant de longues minutes, ses yeux roulent, son regard accroche de temps en temps un autre enfant qui passe, il peut rester ainsi durant toute la récréation. Presque sans arrêt, il chantonne : « auprès de ma blonde, fait bon , fait bon, fait bon ». Ce sont strictement les seuls mots que 
    je l'ai entendu prononcer. Jean-Yves et moi, souvent, le faisons s'asseoir sur les marches, entre nous deux, et tentons d'avoir un contact... Mais nous ne sommes manifestement pas du même monde.
    Régulièrement, en classe, Sébastien « fout son bordel », comme disent les autres enfants. Les autres enfants, ils parlent comme leurs parents. 
    Le père, le plus souvent, est en mer, dans la Marchande. La mère, comme souvent dans les ports, s'occupe de tout à la maison. Jean-Yves lui a souvent expliqué, à la mère, que Sébastien serait bien mieux sur le continent, où on s'occuperait de lui dans un endroit spécialisé... Mais il n'en est pas question. En 1975, on ne quitte pas l'île si facilement. Et il serait en pension, vous vous rendez compte, à sept ans : je ne veux pas l'abandonner... Et si vous ne le prenez pas, il ira à l'école des Soeurs, pas d'autre solution.
    À Ouessant, en 1975, 45 élèves à « l'école du Diable » (l'école publique ), 250 à l'école Sainte Je-ne-sais-plus-qui. Alors...
    Quarante ans plus tard, où es-tu Sébastien ? Qu'es-tu devenu ?
    As-tu réussi à apprendre autre chose que « Auprès de ma blonde » ?
    Dérision.
    « Du vent qui passe dans sa tête, en courant d'air continu entre les 
    deux oreilles, sa mère lui avait toujours dit ».

     

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  • Lors de notre atelier du lundi matin, Viviane nous a invités à partager à propos de ce "fameux" bonheur derrière lequel nous courons tou(te)s, paraît-il. Chacun(e) le trouve (ou pas) dans des domaines bien différents et même parfois contradictoires, mais c'est ce qui fait sa richesse.

    En voici deux exemples (vidéos, cliquer sur le titre) :

    "Le bonheur, c'est toujours pour demain", Pierre Perret   

    "Le petit bonheur", Félix Leclerc

    Robert Lassus, dans son  "Journal d'un curieux de campagne", 1981, nous propose des visions, des flashes d'instants de bonheur : A nous de prolonger ces moments ?

    Je travaille à être heureux, c'est le plus beau des métiers. >>> (citation) : J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé - Voltaire.

    S'asseoir en terrasse avec une copine, regarder les passants et s'amuser à inventer leur vie. >>> Ma copine me propose sa paille, nous aspirons ensemble, chacun à un bout, et nous rions.

    Réentendre le générique d'une série ou d'une émission qui passait à la télé quand on était enfant. >>> Reprendre l'air, en cherchant les paroles, et ressusciter Zorro.

    Rien n'est simple, dans la vie. Le bonheur non plus. >>> Si le bonheur était si simple, cela se saurait, et on ne courrait plus derrière.

    Taper sur sa joue, pour faire un voeu quand un de ses cils est tombé. >>> Taper sur l'autre joue, et faire le voeu que les autres cils ne l'imitent pas, et qu'ils ne soient pas suivis par les cheveux ...

    Loïc, Ecume des Mots (clic), juin 2019

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