• Encyclopédie personnelle

    « J’invente un article d’encyclopédie pour un nom formé par une juxtaposition de syllabes… »

     

    TIBRUISISTOR (Urbain) Bécon, 1905; Mururoa, 1999. Physicien français, ayant voué son existence à la recherche expérimentale des phénomènes électro-acoustiques. Souffrant dès sa plus tendre enfance d’une intolérance au vacarme de son village, il s’ingénia à tordre dans tous les sens des sonotones, pour inverser leurs propriétés intrinsèques. Ainsi, tous les bruits, même les plus petits, se trouvaient étranglés… Après son décès, on apporta des améliorations à son invention: les bruits désagréables furent non seulement très assourdis par la torsion des sonotones, mais de plus ils étaient transformés en sons agréables, qui donnaient aux auditeurs l’envie de danser en se trémoussant… : Le transistor était né.

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  • Des chaussures merveilleuses.

     « Tu as vu, Mémée, comme elles sont belles ? demandait-il sans arrêt à sa grand-mère. • Oui, mon chéri, elles sont magnifiques ! Il arborait fièrement des chaussures de marche, que son papa venait de lui offrir. • « Je ne les quitterai plus, je les chouchouterai, et … une marche tous les dimanches, au moins, avec vous, sans protester ! » Une jolie tige qui montait haut à l'arrière, un dessus plein cuir, et - cerise sur le gâteau – des magnifiques lacets, rouges et blancs, qui se croisaient savamment dans des crochets impressionnants … Il n'en revenait pas. Son père lui avait expliqué que c'était là un cadeau à l'occasion de l'arrivée du petit frère. Maman était rentrée, le matin-même, de l'hôpital, car - on le lui avait affirmé – elle était « tombée dans l'escalier ». On ne parlait pas de ces choses-là aux enfants, en 1959. A sept ans, le pauvre n'avait pas vu (ou voulu voir?) qu'elle attendait un bébé ! De marches en marches, de sorties en sorties (car elles "firent longtemps") ces chaussures devinrent ses amies, ses confidentes même. Les circuits s'allongeaient régulièrement, son entraînement l'incitait à persévérer, et il y prenait un plaisir indicible . Il leur avait donné un nom : « Mes chaussures qui courent vite ». Et lorsqu'il les avait chaussées, il était débordé par l'émotion quand les lacets faisaient des boucles qui devenaient les yeux de son petit frère ...

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  • Hache et billot, un dialogue en guise de petite fabulette

    Hache et billot

    « – Bon, billot, tu es prêt ? – Oui, prêt. – Bourreau, fais ton office. Mais… Pose bien sa tête comme il faut, donc ! –  Merci, hache. Et toi, future victime, allonge bien ta nuque sur moi, il n'y en a plus pour très longtemps. – Je m'impatiente, vous savez ! J'ai encore du pain sur la planche, moi ! –  Euh ... J'ai senti la hache qui tombait, mais rien… Ça n'a pas l'air de marcher. Il y a quelque chose qui tourne pas rond, j’y retourne immédiatement – Tu es trop dur, billot. Ça rebondit. Il faut te détendre. Eh ben ! on est bien, tant pis, on passe au suivant. Pas coopératif, lui. D'ailleurs je vous l'avais bien dit, qu'il n'était pas coupable … »

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  • à Lizio (56), le poète- ferrailleur Robert Coudray

    https://www.poeteferrailleur.com/

     

    « Créer sa vie »

    Créer sa vie. ou SAGESSE, sous forme d’acrostiche.

    Salomon, ou Saint-Paul,

    Antiques prédicateurs,

    Guides de nos vies,

    Eradicateurs de toutes nos fautes.

    Silences obligés, réflexions étouffées,

    Sagesse que j’ai choisie, ou pas,

    Éléments bâtisseurs de notre confort social et mental. 

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  •  Dans "Pelotes et miroirs" - Patricia Cartereau et Ludovic Degroote

    Tête-bêche.

    Elles se font face, tête-bêche. L'une est une victime d'un orage : rougi, blessé, le tronc déchiré, l'arbre essaie de lutter encore un peu pour résister à sa disparition programmée. Il est peu à peu envahi par une jeune fougère, qui semble venir du ciel. Frêle et résistante à la fois, elle gagne de la place, s'incruste dans les dernières branches. L'arbre foudroyé la laissera vivre sa vie, s'effacera devant elle, s'en faisant une amie, compréhensive, chaleureuse, pleine de gaieté dynamisante.

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  • Koalas,

    Otaries

    Ululent de concert,

    Tentent de nous séduire.

    Chatoyantes couleurs,

    Héroïnes

    Enfouies sous les roches,

    Vaines apparitions,

    Silences tonitruants.

     

    Kes aco, dis donc ?

    Y fallait tout de même l'oser !

    Loïc R.

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  • J'ai un trou

     

    « Qu’y a-t'il dans un trou ? »

     

    Ne prenez rien, disposez autour, délicatement, tout ce que vous voulez : ça y est, vous avez un trou.

    Un trou de mémoire, c’est une bouche d’aération dans un cerveau ramolli.

    Dans un trou il y a souvent un soldat déchiqueté.

    Dans ce trou, tu sautes pour ne plus t’en sortir.

    Dans ce trou, c’est moi qui tombe et gesticule, et me réveille.

    Le trou de la Sécu est celui des fins de mois et du désespoir sans fond.

    Dans le trou du souffleur, il y a une montagne de notes de musique, et un homme essoufflé.

    Dans le trou noir, il y a un enfant puni qui panique, dont les yeux bleus tentent de faire jaillir la lumière.

    Dans ce trou, il y a le pays des merveilles.

    Dans le trou du ticket, il y a une foule qui se presse et des morceaux de carton qui vont bientôt pourrir dans les poches.

    Dans ce trou dans l’eau, il y a le regard désespéré de celui qui se noie.

    Dans ce trou perdu, il n’y a rien, rien, vraiment rien.

    Dans ce trou, il y a des mythes, et des mites qui les rongent.

    Dans ce trou, il y a un vide sidéral, car je manque d’inspiration.

    Loïc

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  • Orage, de Patrice Koutchevsky.

    Je contemple ce tableau, et j'y associe une histoire.

    "Orage" - publié avec l'autorisation du peintre.

    "Nous remontons, capitaine, nous sommes en surface. Je sors le périscope.
    – Bon, nous voici hors d’affaire ; nous ne sommes pas loin des côtes africaines, j'espère qu'ici nous serons hors de portée de ces pirates, nom d’un chien de tonnerre de Brest.

    Mais… Capitaine, notre bateau est bien… un sous-marin, dites-moi ?
    – Évidemment, moussaillon !
    – Alors, je n’ai pas la berlue, mais là je crois bien que j’ai perdu la raison : Deux animaux de la brousse à la mer ! À babord un éléphant, à tribord une antilope ! Regardez comment l'éléphant nage bien, et vite ! Oh, l’antilope … Non, les Dupondt, ne tentez rien, lâchez cette bouée ; elle est perdue, la malheureuse.
    – Mais comment fait-il pour flotter, ce pachyderme ?
    – Hé hé … La poussée d'Archimède, voyons !

    La pauvre antilope, affolée, pensait y échapper, mais elle est affolée. Comme nous, elle est prise dans le tourbillon des combats, dépassée, submergée, c'est la fin, c'est notre fin. Que pouvons-nous nous y faire ?
    – Rien, voyons, moussaillon ! récupérons Milou, et en plongée toute, vite !"

    Loïc R.

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  • 8 mai : Un appel international
     
    Un 8 mai, jour de la commémoration de la victoire de 1945, à l'entrée de la Ville Close de Concarneau. Un groupe de femmes est arrivé, elles se sont installées en plaisantant, arborant de grands sourires. Libérées, pas coincées pour un sou, elles ont répondu à l'invitation du Mouvement de la Paix, elles se présentent : Les "Vocal Barbak, de Lorient, collectif de femmes engagées".
    Les touristes, très nombreux en cette période de "ponts", semblent, pour certains, interloqués. D'autres sont indifférents, ou pressés en tous temps et en tous lieux, et poursuivent laborieusement leur chemin dans la foule et dans le défilé de gaufres, glaces et autres.
    Mais les incantations produisent peu à peu leurs effets : Des voix d'alti, graves, fortes, profondes, égrènent des litanies ou des chants de protestations, de luttes qui ont en commun le féminisme et le pacifisme. 
    De grandes banderoles du Mouvement de la Paix sont déployées. Très vite un bon nombre de spectateurs sont envoûtés par la force de ces voix convaincantes. On applaudit, on reprend en choeur les chants du groupe chilien Quilapayun  ...
     
     
    "El pueblo unido, jamas sera vencido"
     
    Et un maître-mot / slogan du Mouvement de la Paix :
    "Si veux la paix, prépare ... la paix !"
     
     

    8 mai : Un appel international

    "Quilapajun" : un nom de groupe musical, mais, bien plus, un cri, un appel, une lutte des années 70 ... Plus précisément 1973, dans le Chili de Pinochet.
    Pour moi, "adulescent" à cette époque où le mot n'existait pas encore, les luttes au Chili étaient très présentes. je les vivais au jour le jour, je souffrais avec Victor Jara sur l'arène ...
     
    8 mai : Un appel international
     

    Q U I L A P A J U N


    Fureur du rêve.
    Fureur de la révolte. 
    Notre fureur est juste,
     
    Nous aurions le droit,
     
    Le devoir, de la violence.
     
    La mer est rouge

    Comme notre cœur, 
    Violenté, écorché,
     
    Torturé,
     
    Indécence écarlate
     
    De la colère explosive.
     
    Je valserais les mots
     
    S’il fallait les valser,
     
    Mais la voix du bandonéon
     
    Expire lentement,
     
    Impuissante.
     
    Les martyrs ont souvent

    Le cœur en sang, 
    Le sang aux yeux
     
    Les yeux en larmes.
     
    Creuse, Petit, et n’oublie pas :
     
    Sous le sable des plages, sous le sable des stades
     
    Encore, et toujours, du sang.

    Chants de vie , 
    D’espoir, de justice,
     jamais ne seront vains.
     
    Loïc Roussain.
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  •  

    « Du vent dans la tête », ou « Avel fol »…

    Jean-Yves, l'instit'-directeur d'école qui, semble-t-il, a toujours été là, au moins depuis Jules Ferry, arrive comme à son habitude sur son antique moto allemande, récupérée par son père en 1945. Pas de porte-bagages, pas besoin de cartable, tout reste à l'école, et les cahiers sont corrigés, en fin de journée, lorsqu'il est revenu de sa virée habituelle sur la côte. « Ça change les idées… »

    Sébastien, lui, est planté au milieu de la cour, jambes écartées, et se précipite vers la moto, saute au cou de Jean-Yves, un gros bisou, la journée peut commencer.

    Trois personnes, ici, s'occupent de Sébastien : Marianne, la dame à tout faire. C'est tout dire. Elle fait absolument tout, sauf -exception notoire- la vaisselle du repas de midi, réservée, par tour de rôle, aux « Cours MoyenS ». Jean-Yves, le directeur, est aussi , bien sûr, secrétaire de mairie, et rédacteur du petit bulletin municipal. Il gère aussi les réunions et la publication de la feuille de chou de l'Opposition. Son épouse, comme lui, sait à peu près tout ce qui se passe sur l'île : elle est la coiffeuse de l’île. Ils sont donc tous deux, un peu, confidents de ceux qui ne vont pas à confesse.

    Moi, à Ouessant, je ne suis plus tout à fait un « doryphore ». J'enseigne pour la première année, et on m'a nommé sur l'île pour y préparer mon CAP… Je réside donc en insulaire, je ne suis plus le touriste d’il ya deux mois. Habitant à Brest, j’étais tout heureux lorsque j'ai reçu ma nomination à « Brest 5». Mais cette circonscription comprend aussi la commune d’Ouessant… Et en cette année où un certain caudillo Franco meurt interminablement, le temps est encore plus long lorsqu'on se sent en exil !

    J'ai la « section enfantine » : une dizaine d'enfants en maternelle (tous âges confondus), et trois en Cours Préparatoire : c'est sur ces trois-là que Monsieur l'inspecteur jugera si je suis apte… ! Jean-Yves, lui, a tous les autres élèves de l'école.

    Sébastien a sept ans. Il n'est ni en section enfantine, ni en cours préparatoire. Dieu seul sait où il est. Lorsque nous sommes sur la cour, il erre en faisant de grandes enjambées, s'accroupit parfois, gratte la terre, la mange ... Il se relève, lève la tête, observe le ciel pendant de longues minutes, ses yeux roulent, son regard accroche de temps en temps un autre enfant qui passe, il peut rester ainsi durant toute la récréation. Presque sans arrêt, il chantonne : « auprès de ma blonde, fait bon , fait bon, fait bon ». Ce sont strictement les seuls mots que je l'ai entendu prononcer. Jean-Yves et moi, souvent, le faisons s'asseoir sur les marches, entre nous deux, et tentons d'avoir un contact… Mais nous ne sommes manifestement pas du même monde.

    Régulièrement, en classe, Sébastien « fout son bordel », comme disent les autres enfants. Les autres enfants, ils parlent comme leurs parents. Le père, le plus souvent, est en mer, dans la Marchande. La mère, comme souvent dans les ports, s'occupe de tout à la maison. Jean-Yves lui a souvent expliqué, à la mère, que Sébastien serait bien mieux sur le continent, où on s'occuperait de lui dans un endroit spécialisé … Mais il n'en est pas question. En 1975, on ne quitte pas l'île si facilement. Et il serait en pension, vous vous rendez compte, à sept ans : je ne veux pas l'abandonner… Et si vous ne le prenez pas, il ira à l’école des soeurs, pas d'autre solution.

    À Ouessant, en 1975, 45 élèves à Skol an Diaoul (« l’école du Diable », l'école publique), 250 à l'école Sainte Je-ne –sais-plus-qui. Alors…

    Quarante-trois ans plus tard, où es-tu Sébastien ? Qu’es-tu devenu ?

    As-tu réussi à apprendre autre chose qu'« Auprès de ma blonde » ?

    Dérision.

    « Du vent qui passe dans sa tête, en courant d'air continu entre les deux oreilles, sa mère lui avait toujours dit ».

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  • Danielle Messia est décédée à l'âge de 28 ans.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Danielle_Messia

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  • En arrivant j'eus l'impression que quelque chose avait changé. J'avais quitté cette place alors que la nuit était déjà bien installée. Les spectateurs étaient tous sortis du grand théâtre national, ils s'éloignaient de l'immeuble imposant, la tête encore pleine de musique, les yeux scintillants sous le charme. Certains, en groupes, tardaient à se séparer pour rentrer, car ils ne voulaient rompre l'instant magique.

    Ce matin, l'esplanade était vide, totalement déserte. D'une tristesse infinie, figée, dure, violente. Tout était immobile, dans un silence pesant. Une voiture-balai passa lentement, le jet d'eau dans le caniveau fut le seul bruit, normal. Mais ce jour-là pourtant rien n'était normal, bien que tout se déroulât comme d'habitude. Curieuse et inquiétante contradiction, peu à peu très gênante et dérangeante jusque l'angoisse.

    Au bout du parking de l'Espace François-Mitterrand, de la lumière apparut aux vitres d'un petit fourgon aménagé. Puis un homme, dans l'entrebâillement de la porte, et, les mains réunies, fit craquer les os de ses doigts. Il rentra. Quelques minutes plus tard il réapparut, dans un accoutrement bizarre, un costume de samouraï, auquel il ne manquait rien, et surtout pas l'imposante épée. Il était coiffé d'un casque japonais, que j'avais pris au premier abord pour un casque allemand.

    L'homme s'approcha : "N'ayez pas peur, monsieur. Le théâtre m'a engagé pour un spectacle, je vais présenter mes loups.

    Toute la matinée, il fit sortir de son fourgon des loups énormes, des dizaines de loups, effrayants, épouvantables. Je me mis à les compter : 95 ! Ils provoquaient chez moi une terreur et un début de panique indicibles. Je ne remarquais pourtant de leur part aucun comportement agressif ou menaçant ...

    "Vous voyez, monsieur : Mes loups me connaissent, me respectent, et c'est réciproque. Je leur apprends à présenter l'image d'une puissance raisonnée, celle d'une société - utopique, paraît-il - fondée sur la confiance. Chacun montre les dents, chacun sans exception. Ainsi les forces contraires s'annihilent, et on vit dans une harmonie qui ne peut pas être brisée. Oui, je sais, voilà une curieuse vision de la société, pour un Européen."

    "Ah ! Eh bien, en effet, quelque chose a changé, ici !"

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  • Un loup est un loup …

    « Un loup est un loup, il mourra dans sa peau, si on ne l’écorche vif. » proverbe franc-comtois.

    « Sur les pas du loup l’agneau ne marche pas ». Proverbe breton.

    « Il faut que le loup vive, et c’est bien assez que la brebis conserve sa peau et ses os ». Proverbe russe.

    • « Non, Maître des loups, nous ne t’obéirons pas !
    • Mais … C’est une révolte ?
    • Pas une révolte, Maître : une révolution ! Nous en avons assez de tes diktats, de tes caprices. Cette meute s’est installée ici, elle n’en bougera pas. »

    Interloqué, le maître des lieux, le visage cramoisi, hurle : « Ils obéiront, ces fauves, ils m’obéiront : On ne me dit jamais non, à moi ! Je veux enseigner aux enfants des écoles cette peur qui les soumettra au plus fort ; une fois soumis aux loups ils le seront aux hommes de pouvoir. Ils devront aussi apprendre à combattre les loups, et à les vaincre, pour que tous soient à notre disposition totale. « Un loup est un loup, il mourra dans sa peau, si on ne l’écorche vif ».

    « Si tu avais des enfants, Maître, tu saurais que « sur le pas des loups l’agneau ne marche pas ». Nous ne fléchirons pas. »

    « Taisez-vous, traîtres ! Vous devez m’obéir ! Vous devez les tuer tous ! »

    « Tout samouraï que tu sois, écoute ceci : « Il faut que le loup vive, et c’est bien assez que la brebis conserve sa peau et ses os ». Tu n’as pas le droit, devant tes pairs, de partager cette maxime … »

    Et le maître des lieux, yeux clos, baisse les yeux, et se soumet, vaincu.

    Les loups investissent Quimper

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  • Consigne du jour, à l'atelier : "Elle se pencha à la fenêtre. Le taxi venait d'arriver. Elle claqua la porte et descendit l'escalier." à utiliser comme chute à un texte ...

     

    Depuis des années, sa vie était un enfer. Il avait sur elle une emprise terrible, un pouvoir inexplicable. Il la dominait après l'avoir subjuguée, l'immobilisait dans ses velléités de révolte. Cela faisait longtemps que leur union n'était plus que souvenir, qu'ils n'étaient plus mariés que sur le papier. Il lui avait même déclaré un jour : « tu sais, si je garde mon alliance, c'est seulement pour ne pas avoir une vilaine trace sur le doigt ! ». Elle avait bien tenté, de toutes ses forces, de « raccommoder les morceaux », comme elle disait à sa soeur, sa confidente. Mais rien n'y faisait. Ce n'était plus que fâcheries, bouderies, et l'existence de l'un était sans discontinuer malaise pour l'autre. Heureusement, il n'y avait pas d'enfants ! Cela aurait irrémédiablement décuplé leurs différents, leurs accrochages et leurs rancunes. Ils n'étaient même pas les vieux amants évoqués par Brel, car ils ne se souvenaient plus d’avoir été, un jour, amants…

    Ce jour-là, il se décida enfin à commettre l'irréparable : il partirait. Il avait préparé ses affaires lentement et tranquillement, pour la narguer, pour jouir de son désarroi et de sa panique grandissante. Il la tenait par cette menace, depuis des lustres, jusqu'à ce jour de vérité où son départ était en fait une délivrance pour elle.

    -« Enfin, te voilà dehors ! cria-t'elle rageusement. Enfin tu disparais de mon existence ! Nous n'avons plus rien à nous dire, tu m'as fait trop fait souffrir !

    Il ne l'avait pas entendue, occupé à héler un taxi. Il lui déclara seulement : « Garde tout, l'appartement, la voiture, je ne veux rien conserver de ce qui t’a appartenu !

    -« Ne t'en fais pas, répliqua-t-elle, dès que tu auras franchi cette porte tu auras disparu à jamais de ma vie, et je ne veux plus entendre parler de toi !

    La sérénité de l'homme l'exaspérait. Ils allaient donc se quitter ainsi, sans dispute, dignement. Ils n'allaient même pas se livrer à une énième scène dont ils avaient l'habitude. Tout était dit, tout était consommé.

    Elle allait vivre à présent comme si elle ne l'avait jamais connu. Elle ne chercherait jamais avoir de ses nouvelles, ah ça, non !

    -« J’y vais, dit-il simplement. Ce serait donc ses derniers mots. Il ne semblait ressentir aucun émoi, aucune détresse, et cela la gênait beaucoup : Elle n'aurait même pas ce plaisir ! Elle ne put s'empêcher de guetter un signe, un geste, un regard… Non, rien.

    Il était descendu, il s'en était allé. Elle avait simplement entendu ses pas dans l’escalier, comme d'habitude. Une voiture ralentissait. Elle se pencha à la fenêtre. Le taxi venait d'arriver. Elle claqua la porte et descendit l'escalier.

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