• Encrage

    Encrage, Philippe Migné.

    Philippe est déboussolé, égaré dans son monde, perdu dans des rêves qui furent les siens.
    Il a tant imaginé et tant fantasmé, exprimé en photos, tableaux, textes ! … La mer  et les bateaux ont toujours été blottis au cœur de son œuvre. A présent il sent que son inspiration lui échappe, il devient un autre. Il panique.
    Ces
    dernières semaines « il a perdu beaucoup » comme on dit chez lui, dans le Finistère. Il s'est senti diminuer de jour en jour. Il parlait encore de temps en temps, puis plus rien. Seule une petite flamme vacillait au fond son l'œil. Mais sa main courait sur la toile, comme indépendante, libérée…
    I
    l a atteint son but, dont il n'avait pas conscience : sa vision personnelle de la liberté, de sa liberté : un vol, un survol ; il glisse, il plane…
    Maintenant il peut s'en aller, il a enfin levé l'ancre.

    Loïc

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  •  

     

    Ecoutez-moi ça, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre … :

    « Mais comment je fais pour tenir, comment je fais pour tenir… ?

    - Et comment fais-tu pour ne pas te tenir ta langue, moussaillon ? Essaie un peu de te redresser quand tes pieds remontent, et tu comprendras vite, les quatre fers en l'air ! L'habitude, mon gars, l'habitude ! Quand on a passé plus de temps sur les vagues que sur le plancher des vaches, on fait corps, qu'on le veuille ou non, avec le bateau… Et on est bien content, finalement, que ça se passe comme ça, car c'est un peu comme la vie : Un coup en avant, un coup en arrière, un bon coup de collier et tu remontes, pas le choix. Un coup à droite, un coup à gauche, apprendre à obéir aux vents ; un bon capitaine est un marin qui sait prévoir les tempêtes, et qui saura affronter celles de la vie. Sinon, c'est ton trou dans l'eau ...

    Pas de bastingage ici, petit, regarde : les mains dans les poches ! »

    Loïc

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  • Dehors, l'orage grondait et je n'imaginais pas encore que la porte s'ouvrirait si violemment...

    Il pleuvait sans cesse, cette nuit-là. En ces temps reculés, le bitume n’avait pas envahi la ville, et les roues ferrées de la carriole du docteur avaient résonné sur le pavé, jusqu’en haut du beffroi, dont les cloches sonnaient à toute volée…

    L’eau dévalait, sans obstacle, en trombes ininterrompues, lessivant les immondices déversés par les fenêtres depuis tant de jours. Une eau purificatrice, rénovatrice, libératrice, qui annonçait un jour nouveau, un évangile…

    Des femmes accouraient des maisons voisines, couvertes de leurs chaperons, ralentissaient devant l’échoppe qui exhalait des relents de poisson, puis pénétraient, voûtées, dans la solide demeure. Elles en ressortaient, et restaient quelques instants, échangeant à voix basse des commentaires…

    Au dernier étage, où les fenêtres des maisons se rejoignaient presque, sur une couche grossière, sous le toit qui crépitait sous la pluie, des femmes se pressaient encore, portant à deux ou trois les énormes baquets de la poissonnerie, emplis d’eau chaude… Le docteur, mystérieusement, s’affairait…

    La pluie redoubla. La femme poussa un long cri rauque, se souleva en une ultime contraction, brutale, puis retomba lourdement sur le matelas, faisant naître des nuages de poudre blanche....

    Je venais au Monde.

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  • Bohémien, parmi tant d'autres, de tous les mai 68, je rêvais d'en être le seul à papillonner. Je m'encanaillais dans les bars simili-louches et les rues (les moins) bourges.

    Et nous y croyions dur comme fer; c'était dit nous allions le changer d'une pichenette, ce monde fou et cruel que nous découvrions en lisant Hara-Kiri.

    Mais chacun de nous est le Bohémien de l'autre. Le Manouche n'a rien à envier au Gitan, ni le Romanichel au nomade, au Tzigane, au Zingaro. Chacun doit vivre sa vie, et moi aussi, moi le Gadjé.

    Ecoutons-les un peu, ces autres gadjés : "Tiens, vlà les Manouches ! Rentrons nos poules et nos femmes" ..... ? les imbéciles.

    Les forains, les saltimbanques sont mes guides, mes maîtres de sagesse.

    Les plus beaux faiseurs de rêves étaient autrefois, en Bretagne, les "Termajis"*, enchanteurs des soirées sans télévision, en famille, qui illuminaient des moments sacrés ...

    *Les termajis montraient et expliquaient des objets jamais vus, même à l'école. Des objets qui écarquillaient les yeux des enfants, bien sûr, comme ces carrousels lumineux dans lesquels tournaient sans fin des chevaux de cirque : les lanternes magiques. La quasi-totalité des Bretons, à cette époque, ne comprenait pas du tout le français, alors cela fit que l'objet fut assimilé à son manipulateur ...

    Edité sur une proposition de l'atelier Miletune : http://miletune.over-blog.com/

    Mes bohèmes à moi.

    Lanterne magique, le meuble (détail)

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  • Solidarité !

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  • Les acer (érables, pour le commun des mortels) ne pensent qu'à eux-mêmes. Ont-ils toujours été aussi égoïstes ? Ou bien le sont-ils devenus à cause des humains ? ce qui ne serait pas étonnants, d'ailleurs, car les hommes n'en sont pas à un érable près.

    Ainsi, mon cher acer aryen connus (ou inconnus, sous-espèce) : Il l'est bien, inconnus, car il n'a jamais voulu être repéré, rapport à son passé aussi trouble qu'inquiétant.

    Ses comparses se sont regroupés, pour se tenir chaud, et pour faire face à toutes les attaques. Et aussi parce qu'ils aiment bien se raconter leur vie : Là-dessus ils sont imbattables, de vraies pipelettes.

    Mais chut, écoutez : Ces doux bruissements de feuilles, ces discrets frottements de leurs branches, ce sont les conversations des acer, tendres le plus souvent, jamais acerbes ... Attention, les voici qui s'énervent, s'agitent, menaçants (pourquoi ...?). Regroupons-nous, et enlaçons-les, doucement, très fort, en leur chuchotant nos pensées secrètes.

    Ils comprendront, soyons sans crainte. Et tant pis pour l'homo homo erectus qui, lui, ne saisira jamais rien à rien.

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  • Eblouissante parure,

    Rare beauté, si fine,

    A qui doit-on ce miracle ?

    Bonheur du jour,

    Lent envoûtement

    Extase.

    Ravir,

    Anoblir,

    Iriser,

    Eclater.

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  • Quand botanique se marie avec tendresse.

    Nous avons eu le grand plaisir d’être invités à visiter le jardin de D., un merveilleux « collectionneur d’érables ».

    Vous pensez peut-être qu’il faut disposer d’un grand espace, pour cela, non ? Eh bien non !

    Ces beaux arbres poussent en pots, sous les soins attentifs et pleins d’amour de M. D…

    Les « consignes de travail » de Françoise ont ensuite été :

    • Choisir un des arbres, et lui donner un nom « botanique », commençant par ‘acer » (érable).

    • Puis écrire à son propos …

    Cliquez sur les images

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  • Sur le tapis de mousse

    Une feuille m’a parlé

    Je suis tu sais de ces arbres

    Qui nous parlent des bûcherons

    Du Grand Nord canadien

    Les trappeurs parcourent leur terre

    Se contant leurs belles histoires

    Et celles de leur pays

    Mon pays ce n’est pas un pays

    C’est l’hiver

    La voix est suave comme un grand mug 

    De sirop d’érable

    La cheminée est notre amie

    Elle sait le froid

    Elle sait la peur du loup

    Accueillante et rassurante

    « Mon pays », Gilles Vigneaux, écoutez ICI

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  • Clic sur l’image

    « Bientôt les loups seront à Quimper … »

    Vous voyez, les enfants, dans ce haras on rencontre de drôles d’animaux : Un cheval ? jusque là, rien d’étonnant ! Mais ce petit cochon (un marcassin ?), comment est-il arrivé là ?

    On dirait qu’il sourit. Le cheval, lui, ne demande qu’à jouer …

    Mais quelque chose vient me chatouiller la tête : une nuée d’insectes inattendus, les fameuses « bêtes à bon Dieu ». Trop mignonnes, et si jolies, d’un rouge ravissant. Et je commence à compter les taches noires, pour connaître leur âge.

    • Qui t’a raconté ça, toi ? Ce n’est pas vrai, cette histoire !

    En tous cas celui-ci est bien vrai : Regardez, au fond, à la lisière : Un loup, oui, un loup ! Mais ne fuyez pas, les enfants ! Le loup a le droit de vivre, comme tous les êtres vivants, comme toutes les plantes. Si vous avez peur à cause de toutes les fadaises qu’on répand à son sujet, eh bien éloignez-vous, laissez-le tranquille : Il était là bien avant nous !

    Vous savez, depuis que nous avons admiré les 96 loups, à Quimper, nous n’en avons plus aucune peur, n’est-ce pas ?

    Bon, d’accord, ils étaient en bronze, mais tout de même …

    Méfiez-vous, enfants et gens alentour, bientôt les loups seront en Bretagne !

    Loïc

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  • Devant mes yeux encore mi-clos je distingue un ordinateur, dont l'écran bleu vif m'agresse,

    et je sais que ça va durer toute la journée ...

    Puis plus rien.

    Je m'étais endormi, une heure est passée, je n'ai encore rien fait.

    Pourvu que le patron ne passe pas dans les parages !

    Il faut que je bouge, que je m'occupe,

    je dois, vite, ressembler à quelqu'un qui travaille.

    Une autre heure, je submerge de nouveau,

    la tête cotonneuse et la bouche pâteuse.

    Ma ramette de 500 feuilles s'est métamorphosée

    en une tribu de cocottes en papier.

    Mon patron m'en avait déposé une, en guise de modèle :

    J'ai bien travaillé.

    Loïc

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  • L'enfant ne sait ni lire ni écrire, et ni dessiner surtout, alors il a tenté de montrer ce qu'il a vu :

    Le vilain loup du Chaperon rouge, le méchant loup-garou,

    le loup quimpérois qui se cache sous sa carapace de bronze.

    La soeur de l'enfant se moque :

    "Hé, ton loup, c'est n'importe quoi. D'abord, il ne me fait même pas peur."

    Puis elle disparaît, le loup l'a croquée.

     

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  • J'ai fait un dessin (!) en suivant des consignes (points, droites, courbes ...) et je dois exprimer ce que me suggère mon imagination.

    "Chacun sa route, chacun son destin" ...

    - Sa route ? prends la tienne, petit !

    - Vers où ?

    - C'est ta route, c'est ta vie, tu décides. Je t'observe attentivement, mais ne t'attends pas de moi la moindre aide, à présent : Tu dois te déplacer, n'importe où, ou selon un itinéraire que tu auras bien programmé.

    - D'accord, Père. Je vais, pour commencer, vers cette forme ovoïde, une ébauche de visage. Un oeuf, embryon d'une vie dans laquelle je m'engage, et aussi un visage de femme, zen, rassurant. Mais bien vite je dois m'arrêter : impasse. C'était trop simple.

    J'emprunte la grande route qui va me mener peu à peu vers une montagne inconnue, barrière redoutable. Tel un coureur cycliste, je halète, je grimpe, tout en douleur. un vrai challenge. Mon humeur varie, en tous cas je me sens devenir plus fort ...

    - Bravo, mon fils, tu as gagné contre toi-même ! Continue, à présent. Et ... Tu étais seul ? reste le !

    Loïc

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  • AEIOUY

     

    Mais qui sont-elles, les voyelles, et que font-elles ?

    Elles ne sont pas des matrones, en tout cas, comme les consonnes !

    Elles tournent et virevoltent sur des ritournelles, 

    Sous le soleil ou lorsque le ciel tonne.

    N'avez-vous jamais pensé à ceci :

    Les voyelles sont souriantes, toujours, partout,

    Même sous la plume des puissants irresponsables.

    Elles sonnent joliment à nos oreilles,

    Et n'annoncent que du beau, du gentil, du bonheur,

    Légèreté, insouciance, même si on choisit un ton grave

    Et solennel, pour le A ou le O.

    Le U, lui, est autonome, souvent indépendant,

    Et hélas parfois exubérant et fantasque,

    Comme le U (ou l'U?) du Roi Ubu

    Ou celui du président Trump

    Avec sa fâcheuse tendance

    A se déguiser en Ô

    Avec un accent circonflexe qu'on ne retrouve pas

    Pourtant – ah quels coquins ces deux-là - dans le mot 

    « idiots ».

     

    « Vous n'avez pas, monsieur, évoqué le Y » !

    Bon, alors … Les yeux du Y me demandent :

    « Que radotes-tu, toi ? »

    Je ne m'y retrouve plus, plus du tout …

    Mais suis-je vraiment une voyelle, ou fais-je bande à part ?

    Cryse d'identité, donc, avec un Y, dans cryse.

     

    Ah ! Mais oui, c'est normal, j'avais oublié le I !

     

    Loïc

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