• Fête du Vélo Quimper – 3 juin 2020

    Kernavélo

    Mercredi 3 juin 2020, c’est la journée mondiale du Vélo.


    Kernavélo vous invite à fêter cette journée et à participer à

    une Vélobulation à Quimper, mercredi 3 juin 2020, entre 17h30 et 18h30.

    Originalité de cette déambulation cyclable : le départ est libre, à n’importe quel moment et sur la durée de votre choix sur le créneau horaire 17h30 – 18h30 ; et vous démarrez d’où vous voulez le long du circuit proposé d’une distance de 3,5 km, pour l’essentiel le long des quais et des aménagements cyclables de transition.

    La vélobulation est une convergence


    Merci de respecter le sens du circuit suggéré : des bénévoles de Kernavélo, identifiés par leur gilet fluo au logo de Kernavélo, tourneront sur le parcours.

    Repérez-les et suivez-les en respectant les distanciations physiques, de l’ordre de 3 mètres entre cyclistes.

    Progressivement, un cortège se formera pour donner corps à cette vélorution (au sens de cyclo-déambulation circulaire).

    Le message de cette action sans point de rassemblement, sans leader et toute en mouvement : les habitant.e.s de Quimper réclament des axes cyclables sécurisés et continus. Les aménagements cyclables de transition mis en place pendant la crise sanitaire préfigurent l’urbanisme de demain et la politique cyclable que la nouvelle équipe municipale prochainement élue devra mettre en oeuvre.

    Mercredi 3 juin 2020, les mécanos de l’atelier participatif Kernavélo vous accueillent pour vous aider à réparer votre vélo.
    L’atelier est ouvert tous les 10 jours environ (1 mercredi sur 3 et 1 samedi sur 3, en alternance) …

    Mesures Covid-19 :
    > le respect des contraintes sanitaires liées au Coronavirus nous obligent à restreindre l’accès à l’atelier à 2 animateurs + 2 bricoleurs, soit 4 personnes simultanément présentes dans les locaux.
    > Merci de vous présenter à l’atelier muni d’un masque et si possible de gants souples et fins pour vous protéger sans vous empêcher de bricoler.
    > Liquide hydro-alcoolique, point d’eau et savon seront à disposition
    > Jusqu’au mardi 2 juin, prévenez si vous souhaitez passer à l’atelier, et envoyez un mail à atelier[at]kernavelo.org. A défaut, présentez-vous à l’atelier à partir de 14h, et les animateurs vous préciseront à partir de quelle heure il sera possible de vous laisser accéder au local.

    Vous ne connaissez rien ou pas grand chose à la mécanique vélo?
    Les bénévoles de Kernavélo sont là pour vous accompagner et vous montrer les trucs et astuces qui vous permettront de gagner en autonomie.
    Et alors, à vous les balades au long cours! Vous saurez presque toujours vous tirer d’affaire, même le dimanche quand les vélocistes sont fermés.

    La fréquentation de notre atelier nécessite d’être adhérent.e à Kernavélo. L’adhésion permet en outre de participer aux autres activités de l’association.

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  • Et ... tu ... tu en es sûr ?

    - Mais oui, bon sang, j’en suis sûr ! Je t’ai déjà dit que c’est moi qui ai pris cette photo, derrière un grand temple de Pékin, l’année dernière ! Tu peux me croire, tout de même …

    - Et … c’est qui, alors ?
    - Je ne te le dirai jamais, cela pourrait créer un conflit. Un horrible conflit, avec sans doute une fin nucléaire. Tu sais bien que là-bas on ne joue pas avec ça !
    Je vais seulement te donner un indice : Si on regarde bien, mais vraiment bien, on peut s’en rendre compte. Pas évident, je sais, c’est peut-être ça qui crée le charme.
    - Tout ce petit monde est charmant, non, ici ?
    - Oui, bien sûr. Mais regarde bien, je répète.
    - Et que dois-je voir, au fait ? Je vois seulement quelques membres de l’Opéra de Pékin qui jouent innocemment avec les filles du Bolchoï, après leur spectacle commun. Une première, en Asie. Tout le monde semble bien échauffé, dis donc.
    - Ah, tant pis, je craque. Regarde la petite mignonne, au milieu. Approche-toi … sa bouche … son menton … 
    - Une bosse ! Il y a une bosse !
    - Ça s'appelle une pomme d’Adam. Dans le feu de la fête, il n’a pas pu résister. Il va même, en douce, rester à Pékin, 
    le chef d’orchestre du Bolchoï !

    - Rhooooh! Tu en es sûr ?

     
    Loïc R.
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  • L'affiche de présentation de ma librairie préférée, à Quimper.

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  • J'ai voulu aujourd'hui remettre la main à la pâte, et revoir en même temps le "mode d'emploi" de ce blog ... Saurai-je encore m'en tirer ? Si c'est le cas, je m'y remets, après toute une série de (més)aventures sur lesquelles il n'est aucun besoin de revenir. J'ai donc repris le texte ci-dessous ...

     

    Odeur des pluies de mon enfance.
    Derniers soleils de la saison !
    A sept ans comme il faisait bon, 
    Après d'ennuyeuses vacances,
    Se retrouver dans sa maison !

    La vieille classe de mon père,
    Pleine de guêpes écrasées,
    Sentait l'encre, le bois, la craie,
    Et ces merveilleuses poussières
    Amassées par tout un été.

    Ô temps charmant des brumes douces,
    Des gibiers, des longs vols d'oiseaux !
    Le vent souffle sous le préau,
    Mais je tiens entre paume et pouce
    Une rouge pomme à couteau.

    René-Guy CADOU - 1920/1951

    Un souvenir d’école : le moment de la « récitation », 
    d’après le poème de René-Guy Cadou : « Odeurs des pluies de mon enfance ».

    Les grands sont, selon leur habitude, entrés les premiers en classe, nous bousculant dans l’escalier et le couloir. Nous, nous suivons calmement, et nous nous installons, bien gentiment… Il ne nous manque que l’auréole au-dessus de la tête…
    Alors, M. Appriou déclare – et c’est pour moi un des meilleurs instants de la semaine - : « Récitation ! ». Il rejoint sa place favorite, au fond de la classe, près de l’armoire, et allume un poste de radio en plastique blanc, tout en formes arrondies, « La Voix de son Maître »… Et nous devons, les mains à plat sur nos tables, écouter les modèles de diction, avec des exemples, et nous nous exerçons, sur commande, à répéter. Et défense de sourire !
    M. Appriou a une voix curieuse, métallique, presque celle d’un robot. Il a été opéré d’une maladie dont nous ne savons rien… et, en plus, il est totalement sourd, malgré son appareillage. Il y a longtemps que nous nous en sommes aperçus et, d’un commun accord tacite, nous faisons tous avec, c’est à dire que je ne me souviens pas avoir connu un maître plus respecté, plus aimé, et même, quant à moi, adulé à un point qu’il fut un modèle…
    Puis c’est le tour des volontaires, pour réciter. Moi : toujours ! Déjà le goût du théâtre, peut-être, ou du Grand Guignol ?
    « La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, de Jean de La Fontaine ». Je l’adore, cette grenouille ! Je la fais vivre, je la vois, je la fais grossir, et je déclame, sans parler fort – ça ne sert à rien ! – mais avec vigueur, gestes, et grimaces ! Je m’identifie à la bestiole, et, au moment où j’explose, je parviens à donner à tous l’illusion de projeter toutes sortes de débris grenouillesques sur les murs de la classe, et M. Appriou, suprême hommage, éclate de rire en applaudissant…
    La plus belle minute de ma semaine vient de passer, les autres élèves – mes rivaux ! - vont à présent égrener leurs sempiternels Emile Verhaeren, ou Maurice Carême , qui me font bailler…
    J’ai revu mon maître, quelques années plus tard. Il était en retraite, se souvenait bien de moi et de ma grenouille, ce qui me flatta beaucoup.
    Moi, je m’apprêtais à « reprendre le flambeau », selon son expression… Mais la radio scolaire n’existait plus.
    J'ai écrit ce texte en 2004. Je suis appareillé, moi aussi, à présent, d'aides auditives ...Récitation

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  • On aura ta peau

     

    Cette belle soirée
    Oscar s'en souviendrait sûrement
    Rêves d'Eden et de volupté
    Ondines attirantes
    Naïades envoûtantes
    Alors que tout partait à vau-l'eau
    Vénitiens, Lombards, Romains
    Italiens en détresse
    Redoutaient la douleur et la mort
    Usés par la litanie des nombres de victimes
    Suprêmes efforts
    Organes vitaux devenus impuissants
    Noyades en désespoir
    À quand mon tour
    Urgences
    Régulateurs respirateur
    A tous les soignants bravo
    Tous les dés sont jetés
    Priez si c'est votre espérance.

     

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  • Depuis un mois elle recevait des courriers assez curieux, des lettres parfois agressives et menaçantes, ou bien facétieuses et d'un humour décalé assez plaisant. Elle s’était renseignée : Ses voisins étaient dans le même cas. Plus étonnant : Ces lettres étaient de plus en plus souvent postées sur les réseaux sociaux où elles devenaient rapidement virales .
     Le plus surprenant était que le papier de ces lettres est toujours assez gluant, pâteux, avec... une odeur de potage !
    Le mystère fut bientôt levé. Cette pâte venait en fait de ces toutes petites nouilles dont on garnit parfois les potages et les soupes, en forme de lettres de l’alphabet, avec lesquels des milliers d'enfants ont joué, composé des mots, associant le jeu et l'écriture. Avait-on affaire à un déséquilibré ? On ne tarda pas à trouver quelques exemplaires de ces lettres minuscules collés au fond de la casserole et des assiettes de la cantine...
     Madame Mac Harony se réveilla brusquement, se heurtant le front à la table d'écolier où elle s'était assoupie. Elle ne quittait plus désormais cette salle de classe, déserte dans une école déserte, dans une ville déserte. Sa vie, totalement vide depuis plusieurs années, était habituellement strictement dévolue à sa profession, et ses élèves, qu'on lui avait arrachés si brusquement, lui manquaient temps...
    Se redressant, elle ouvrit lentement sa main. Au creux de la paume, le mot  é c r i t u r e , avec du ketchup ça tenait bien.
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  • Attention : Regardez bien cette vidéo : https://twitter.com/i/status/1239156863150759937

    Vous avez vu ? Bon, d'accord, ça se passait au Touquet, bon, il n'y avait presque personne ... mais encore ? mais encore ? re-regardez bien, si, si, ils l'ont fait, ces irresponsables ! Et il est soi-disant "au service de la santé de ses concitoyens" ... Pfuuu

    Alors, mettons nous d'accord : Manu et Birgitte, oui tous les deux, ont, au moment crucial, celui où on va déposer l'enveloppe dans l'urne, ils ont, donc, TOUCHE le bord de la fente de l''urne !!!

    Je vais téléphoner cette flash-info à BFM-TV, vous pourrez certainement entendre les commentaires des commentaires ce soir . Merci qui ?

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  • Toi, ma mère enivrée d'amour et enlivrée de tes songes, éblouis moi.Tu sais mieux que quiconque le reflet mauve des forêts.  Une extase se lit sur ton visage mais demain à qui dirai-je que les oiseaux meurent en exil, que je sème des graines, plein d'espoir ? j'ai échoué dans mon parcours, alors voici ma lettre d'adieu, le dernier rendez-vous, fuite et fin, la craie dans l'encrier. Le souffleur de rêve, un jour, demain, te mènera dans une ballade pour une boussole dans le capharnaüm des grandes ondes. Les nuits de lune pleine, les lions vont boire quelque part.

    Mère et enfant. Picasso

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  • A comme alphabétisation,

    B comme bêtifier,
    C comme c’est ballot !
    D comme démocratiser, oui mais ...
    E comme élèves en furie,
    F comme fichus gamins,
    G comme gosses de riches.
     
    Honte comme honte à ceux qui, comme 
    Icare, se brûlent les ailes,
    Jolis papillons …
     
    Koalas … avec un k ou un c ?
    L comme là est la question 
    Mais un peu de sérieux
    N’en abusez pas mais
    Osez, risquez les fautes d’orthographe !
     
    Premiers de la classe
    Qui se pavanent,
    Rois de l’inutile,
    Souverains de la vanité
    Triomphant de la dictée de Pivot !
     
    Ubus rois imbéciles,
    Voyeurs des analphabètes cahotants,
    Walises déjà prêtes, pour la classe des crétins !
     
    Xénophon et tous les auteurs anciens
    Y verront tous vos échecs et vos 
    Zizanies puériles et stériles.
    Loïc R.
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  • "Un bonbon sur la langue » 
    Les subtilités d'une langue ce sont des bonbons qu'on savoure. La simplifier artificiellement c'est l' abaisser, l'écorcher, porter atteinte à son histoire et à la culture dont elle est l'outil.  
    Les enfants - et les adultes-  n'ont rien à gagner au laisser-aller, au laxisme, qui peut dénaturer ce que l'on veut exprimer, à cause d'à peu près et de quiproquos. Ce n'est pas par les décrets de vénérables professeurs qu'une langue évolue, mais par son usage populaire, et quotidien : les mots nouveaux deviennent à la mode et s'installent tout seul, ou pas, selon les différents emplois.
    L'orthographe est la richesse d'une langue. Le mot est bâti sur son étymologie, science passionnante, envahissante et non poussiéreuse car elle accompagne son devenir.

    Loïc R.

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  •  Dromadaire

     
    Sous la pluie battante, l’homme courait, épuisé, l’air hagard, et trébuchait sur les pavés des vieilles ruelles, impitoyables. Il émettait des gémissements confus, incompréhensibles. « Qu’ai-je donc fait ? Que m’arrive t’il ? … »
    Il allait crier grâce et s’agenouiller devant ses bourreaux, qui ricanaient derrière les essuie-glaces du taxi mauve. La voiture brillait de mille feux devant les néons multicolores. Il était englouti par cette immense fête foraine impromptue, et commençait à divaguer, près du délire.
    La grande roue vibra, hoqueta puis s’immobilisa net, trois jeunes femmes en tombèrent en hurlant.
    Il souleva les pans de son complet marron, profita du désordre pour disparaître en cinq-sec dans la foule.
    Cela se passe à Paris, paraît-il. Paris, oui, mais où ? Un monument, oui. Le monsieur, là, devant … Il marmonne, un rictus aux lèvres. Ou alors est-ce un sourire ? Ou alors il s’ennuie. Eh bien oui, mais il est payé pour ça.
    Un chameau à Paris, oui. Non, un dromadaire.
    Comme Nathalie à Moscou,
    Brel à Bruxelles,
    Les demoiselles à Rochefort, oui, bon, Il s’ennuie, baye aux corneilles même si on n’en trouve pas ici, à s’en décrocher la mâchoire. Les femmes qui ont chaud piétinent et elles s’ennuient aussi.
    « Tiens, elles vont faire les magasins », constate t’il gravement. "ne bouge pas, Dromadaire, surtout pas ». Et elles magasinent, elles emmagasinent - le dromadaire est là pour porter - elles usinent, petites demoiselles des magazines, elles ont chaud, encore plus chaud, et elles n’aiment pas ça et grimacent. L’homme dégouline tout autour, partout, dégouline - que c’est sale -, coule, se répand, ne répond plus de rien, inonde les bords de Seine.
    Il rêve d’une cigarette, la dernière sûrement et c’est tant mieux. Les femmes ont disparu, happées par les vitrines alléchantes. Les vitrines dégoulinent aussi, à présent. La voiture-balayeuse passe, impuissante.
    Une Camel. Il rêve d’une Camel. Comme celles d’autrefois. Comme quand il fumait ça ou alors les Royale menthol. Mais ici pas de royales. Odeurs du désert, de transpiration, d’asphalte, de foule. Les pots d’échappement fument et enfument.
    L’homme pénètre dans la station de métro et se repaît de la gamme des parfums Camel, qui l’enivrent, et il s’envole doucement et gracieusement au-dessus du monument ...
     
    Loïc R.

     

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  • caresse /// terrorisme

    carabistouille /// cynisme

    Quand face aux trafics, magouilles et combinaisons,

    on feint avec cynisme de bannir le terrorisme

    rien ne vaut le refuge des carabistouilles

    pour tenter de croire encore aux caresses.

    Loïc R.

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  •  Muffin

     

    Le muffin.

     

    Dans cette grande galerie commerciale, il errait combien de fois par mois dans ce lieu magique, sans rien acheter… 

    Il avançait, tête basse, passant anonyme, sans but Il était seulement là pour voir du monde, passer son temps, assister aux rencontres sans y participer, entendre les conversations sans les écouter. 

    Fulgurante, une idée lui vint à l'esprit : « Mais oui pourquoi pas, allez, cette fois-ci, ose, tu en as le droit, tu sais bien que c'est toi, toi seul, qui décides. Il fit un pas vers la petite boutique, s'arrêta. La jeune femme le regardait depuis un moment déjà, un joli sourire aux lèvres.  

    Comme s'il sauta yeux fermés dans une piscine, il s’approcha de la table où discutaient deux amoureux, demanda si la petite table près d'eux était libre, puis se retourna comme s'il allait s’enfuir. 

    Elle a dit « mais bien sûr, monsieur ». Et les deux jeunes reprirent leurs échanges …

    … Et si nous y allions, mon chéri ? Oui, chef ! j'arrive ! il se levèrent et s'éloignèrent en riant.

    Alors la jeune femme s'approcha pour prendre la commande. « Je suis idiot, mais quel idiot, je n'ai même pas pensé à choisir mon gâteau ! » 

    Puis, au hasard : « Celui-ci … s'il vous plaît. » Une explosion de couleurs. Professionnellement elle se fit un devoir d’égrener une longue liste des ingrédients de la gourmandise. Une crème, garnie plein de bonnes choses, remplissait  un trou pour faire un muffin. Préférez-vous celui-ci ? Ou celui-ci très bon aussi, au chocolat noir, ou... 

    Agacé, il lui lança « non, non, là, devant, s'il vous plaît. Merveilleux, ce gâteau ! Mais à vrai dire vrai, il n'était pas venu là pour ça. Il avait été attiré par l'ambiance. Cette oasis reposante, isolée du bruit, de la foule. Il était pourtant venu là pour voir du monde, enfin !  cette petite table, ce monde tout en rondeur ces lumières blanches, mélanges de néon et de couleurs plus douces… Il était perdu à présent dans une méditation étrange … 

    - « Alors, Monsieur ça a été? Vous avez apprécié ? C'était bon ? » Ses paroles étaient des caresses, des petits tapotages sur son visage, il les vit bien, les étoiles qui brillaient dans les yeux. Il remarqua tout à coup qu’elle était très jolie.

     Il régla la consommation, bredouilla quelque chose, s’éloigna dans la grande allée. Après quelques pas il s'arrêta, se retourna. Elle le regardait, étonnée. Quelques secondes d’une sorte de lévitation. Il devint tout à coup un autre. Il revint, en courant presque. Les muffins … excusez-moi, est-ce je peux prendre celui-ci en photo ? Alors les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent et avec un grand sourire magnifique : « oui, bien sûr, » et après quelques secondes, « Il était si bon ? » 

    « Il était très bon, oui, mais ce n'est pas ce muffin que je viens de prendre en photo. Ce sont quelques minutes de plénitude heureuse. Je poste dans un blog sur Internet, vous connaissez ?  Avec votre permission, j’y posterai cette photo, avec un commentaire. 

    C’’est ainsi que je me fais une collection d’instants heureux...

    Loïc R.

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  • ... En plein dans le mille, en ce qui me concerne :

    "Quel bonheur y a-t-il

    dans le souvenir

    du bonheur ?"

    Julian Barnes

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  • Au festival des clichés.

    Le chef de production de l’émission fit alors une brève apparition en plein milieu du vaste débat :

    « Cet affreux malentendu aurait dû vous interdire, messieurs les journalistes, 

    de rendre ce vibrant hommage à la prison dorée des studios de télévision, au sein même

    de l’humble chaumière de votre serviteur, que je suis.

    La vindicte populaire en tirera les conséquences.

    Arrêtons-nous donc de gaspiller ici l’énergie débordante qu’il nous est si utile

    de conserver en vue de nos prochaines rencontres …

    Loïc R.

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  • Les colchiques.

     
    Un demi-poème, coupé en deux dans le sens de la hauteur, mutilé.
    Il n’en reste que les débuts des vers, à moi de les terminer …
     

    Colchiques

     
    Le pré est verdoyant, et si doux …
    Les vaches saluent l’express de 18h32.
    Respectueux et souriants les voyageurs saluent Marguerite,
    Leurs mains s’agitent, faisant trembloter leurs chapeaux Léon Blum ou leurs casquettes Front Popu,
    C’est selon.
     
    Colchique dans le pré fleurit du mieux qu’il peut.
    Violâtres et hideux les crapauds me dévisagent
    Et ma vie se débobine sur l’écran flou du ciel.
     
    Les garçons se fichent pas mal de ceux qui rêvent,
    Harnachés de hochets de laine tricotés par des nounous folles à délier.
    Ils sucent goulûment le nectar de la vie et offrent déjà
    Aux filles de leurs amours futures leurs coeurs qui battent le rappel,
    Conquérants de Carnaval.
     
    Le gardien du square a fermé le portail,
    Tandis qu’un couple s’est formé
    Et s’est blotti
    Et s’est camouflé
    Dans le parc, longtemps, longtemps,
    Puis le train a sifflé, longtemps, longtemps ...
     
    Pour toujours.
     
    Loïc R.
     
    Rendons à César ce qui lui appartient ... :

    Les Colchiques

    Le pré est vénéneux mais joli en automne
    Les vaches y paissant
    Lentement s’empoisonnent
    Le colchique couleur de cerne et de lilas
    Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
    Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
    Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

    Les enfants de l’école viennent avec fracas
    Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
    Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
    Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

    Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

    Le gardien du troupeau chante tout doucement
    Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
    Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

     
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  • Une histoire de bras.
    Le char à bancs brinquebalait, les deux enfants s'époumonaient 
    en chantant la carmagnole comme les gros bras le leur avait ordonné. 
    Les bras de la carriole ployaient sous l'effort, 
    tandis que le patron suivait, bras croisés. 
    À quelques pas derrière, les apprentis, un peu plus aguerris, 
    braillaient, bras-dessus bras-dessous, des paillardes 
    épouvantables qui laissaient le recteur les bras ballants. 
    L'un d'entre eux, un gauchiste levant le bras droit, 
    fit à l'homme d'église un bras d'honneur. 
    Les bras m'en tombèrent. 
    Je me retrouvai tout à coup à terre, 
    dans la poussière et les bras en croix.
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  • "Le myosotis et puis la rose, 

    ce sont des fleurs qui m'disent quèqu' chose ..." - Mouloudji

     

    Monsieur un président de la République (ou un roi, ou un Grand Architecte, un manant camouflé, donc) a décrété soudain, et publié sur-le-champ :

    "A partir de ce jour, tous les citoyens, sujets, compléments seront tenus de voir la vie en rose. 

    Les amendes pleuvront sur les récalcitrants au bonheur, même s'ils ont l'excuse d'y être allergiques.

    J'ai pris mon courage à deux mains et mon pinceau à bout de bras, et, durant trois semaines, j'ai tout repeint chez moi. En rose.

    J'ai changé toute ma garde-rose, je ne porte plus que du rose. Je ne bois plus que du sirop de fraise, de grenadine ou de cassis bien coupé, et, tout de même, un peu de vin. Rosé.

    J'y ai mis le temps, mais j'ai réussi à dégotter dans une vieille papeterie des cartouches d'encre rose pâle à l'allure alanguie et proustienne, et j'écris sur un papier rose bonbon qui colle au stylo.

    Ma vie est évidemment devenue bien vite un enfer. Je ne distingue plus, au travers de mes persiennes closes et roses, aucune autre couleur.

    Je hais le rose et la vie en rose, et je crache sur toutes les fleurs roses, même artificielles. J'ai dit mon désespoir à une jeune fille innocente : Son teint a rosi d'étonnement, la coupe était pleine.

    Coupe rose, bien sûr.

    Le rose, sans valeur dans ce monde unicolore, est devenu couleur du malheur. J'ai bien tenté, tout seul, de bleuir un peu tout ce qui me semble masculin ...

    Mais les agents de ville, tout de rose vêtus pour donner l'exemple, sourient à qui mieux-mieux, comme il sied, et matraquent, à grands éclats pétaradants de boîtes à musique, mes vélléités d'indépendance

    Et, pantins éhontés, ridicules et sans vergogne, ils jettent vers le ciel qui rosit leurs sifflets roses vifs qui jouent faux, et leurs bâtons de guimauve.

    Je me résigne ... A force, peut-être, parviendrai-je à apprécier le goût de l'eau-de-rose, et commencerai-je à croire moi-même en cette histoire ?

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  • Coucou, me revoilou ...

    Cette formule résonne pour moi comme la benne du camion de chantier métallique, toute rouillée, qui grince et gémit sous le poids des pierres de la nouvelle maison des associations, près de chez moi, qui ouvrira ses portes à la fin de ce mois.

    Changements. Des tas, des tonnes. Comme des avalanches d'énormes pierres, comme celles de l'enrochement de la côte fragile de Fouesnant.

    La promenade que nous y avons faite, il y a deux mois, fut la dernière. Les gravillons crissaient sous les roues du fauteuil, et cela nous faisait encore rire. Et aussi quand elle déclara, suivant du doigt la grande ligne courbe de l'horizon : "Mais enfin, comment ces andouilles d'avant Galilée ont-ils pu continuer à affirmer que la Terre est plate ?"

    Mais c'est ici la dernière fois que j'évoque cette période. "Allons de l'avant" ... Comme on peut, comme on doit. comme on se le doit, à soi et aux autres.

    Je ne m'épancherai plus, nous ne sommes pas ici au rayon du pathos ou du sado-masochisme.

    A bientôt.

    Me revoilou

     

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    Me am eus ur feuntenn
    E-barzh kornig ma jardin.
    Ennan e vin kavet,
    Deus an noz hag an mintin
    Ennan e vin kavet
    Atristet gant ar glac'har,
    Sonjal e ma mestrez
    A zo aet d'an douar

     

     

    Maro eo ma mestrez
    Maro eo holl ma fians
    Maro ma flijadur,
    Ha tout ma holl esperans.
    Biken, 'mije sonjet,
    Nag ar maro a deuje

    Da lemmel diganin
    Ma dous ma c'harantez.

    Deus poaniou ar bed man,
    Fusulhiou ha konteliou,
    Hastet, mar plije ganeoc'h
    Disoc'het din ma buhez
    'vid maz in d'ar bed all,
    Warlec'h ma c'harantez

    C'hoarvez a ra ganin
    Evel gant ur vatimant
    Da navigi war ar mor,
    Graet gantan e beaj
    Erruet e porzh ar joa,
    Ma doucha d'ar gern
    E tello perisa.

    J'ai une fontaine
    Dans un coin de mon jardin
    Là, vous me trouverez
    Le matin comme le soir
    Pétrifié de chagrin,
    Pensant à ma bien-aimée

    Ma bien-aimée est morte,
    Je n'éprouve plus aucun plaisir
    Ma confiance s'est envolée
    Ainsi que tous mes espoirs.
    Jamais je n'avais imaginé
    Que la mort puisse venir
    M'enlever ainsi
    Ma douce, ma bien-aimée

    Peines de ce monde,
    Fusils et couteaux,
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie
    Dépêchez-vous,
    Je vous en prie,
    D'en finir avec ma vie.
    Que j'aille dans l'autre monde
    Rejoindre ma bien-aimée.

    Je suis comme un marchand
    J'ai un navire
    Pour voyager sur mer.
    Son voyage achevé,
    Il accostera aux îles de la félicité,
    Si le mat venait à se briser,
    Il sombrerait.

    Alan Stivell, 1973

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  • Mentir ?

    « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants …» ? Ben voyons ! Neil Amstrong, les Américains, la NASA, le président américain, les Terriens, ont-ils menti, se sont-ils menti, se sont-ils trompés, nous ont-ils trompés ? Moi, le Père Noël me l’a dit :

    Juillet 1969, dans les Vosges, par une belle nuit étoilée. Responsable d’une meute d’Éclaireurs de France, je leur ai demandé de s’allonger sur le dos, et de se taire ; j’avais dit cinq minutes, ils sont restés un quart d’heure. J’ai écouté, je n’ai rien dit, je vous le jure. J’ai dix-sept ans, je suis sans doute encore très naïf, mais je saurai vite que c’est si bon, l’innocence …

    Ils m’ont dit que la Lune est superbe, envoûtante, mais que « c’est dommage qu’on ne voie jamais son dos » a déclaré un petit bonhomme. Tous les autres se sont esclaffés, il a rougi et haussé les épaules. Mais si, regardez ! Un gros nuage, éthéré puis plus net, est apparu, et a pris la parole : « écoutez-moi, les enfants. Vous êtes le futur, et vous devez savoir, pour ne pas reconduire les erreurs, que dis-je, les crimes contre notre humanité, de vos aînés. Le sol, sous notre dos, est infesté, comme l’air, comme l’eau. Nous avons tout sali, tout pourri, tout gâché. Beaucoup de grands affirment, enfin, à présent, que la marche de notre terre est terminée et qu’il n’y a plus rien à faire. Mais d’autres puissants poursuivent la politique de l’autruche.
    Même moi, regardez-moi, je suis devenu un bien piètre Père Noël. Et mon nuage, mon pauvre nuage …

    La nuée se rabougrit, se comprime, et devient un ensemble de gouttes d’eau, puis une averse, puis une trombe.
    « Je vais, les enfants vous faire un dernier cadeau, dont vous serez les seuls à pouvoir faire usage. Je vous offre l’espoir, une grande bouffée d’espoir. Mais l’espoir seul ne suffit pas. Je vous offre aussi la force immense indispensable pour mener à bien tout ce qui pourrait sauver encore ce qui peut l’être.
    Le petit bonhomme, qui a séché ses larmes, lève vivement la tête et s’écrie : « Fonds vite, toi, fonds, disparais !

    Il ne faut jamais mentir à un enfant.

    2019, j’ai 67 ans. Le grand-père n’est pas resté longtemps chez les Éclaireurs. Il a tout de même cru, toujours,à la force des luttes, des convictions, et il a pu vivre hors des faux-semblants et des rêves d’enfants. Les siens, d’enfants, n’ont jamais cru au Père Noël, mais à la vraie vie, oui.

    Loïc, en hommage respectueux à ma chérie Annie qui a lâché prise le 10 août 2019.

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  • Les Enfoirés

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