• Aubisque

    Au col de l'Aubisque
     
    Était-ce vraiment une bonne idée d'avoir emprunté cette route du col de l'Aubisque ? Notre camping-car au moteur un peu limite, s'essouffle, peine; je rétrograde, régulièrement, pour le soulager.
    Depuis ce matin, je suis dans le coton. Ayant très mal dormi sous l'orage, j'ai passé une bonne partie de la nuit à laisser  mon esprit vagabonder. D'habitude durant mes nuits blanches je me lève, je vais me servir un grand verre de lait, discute sur Internet avec des gens du bout du monde pour qui c'est le milieu du jour. Mais ici sous la pluie battante… Et personne aux alentours.
    Pour Annie, près de moi à sa place de co-pilote, des séries de virages, c'est le précipice, le grand plongeon. Puis, après une nuit de cogitations sur les sujets mille fois ressassés, ils trouvent ici leurs prolongements : la maladie, la peur du grand départ. La route est monotone, passe lentement, de plus en plus dangereuse car très monotone, dans son cocon. Aucun paysage, nous ne voyons strictement rien. Je n'ai même pas eu l'idée de mettre de la musique. C'est pourtant mon habitude : Il semble qu'en ce moment cela serait déplacé car trop risqué. Nous n'avons pas du tout échangé lors de la montée, comme envoûté dans ce monde irréel où souvent il me semblait ne plus tenir un volant entre les mains. Prochain virage. ll suffirait d'un rien. Tellement vite fait…
    Et puis grand soleil. Depuis quelques secondes règne un soleil magnifique sur un fond de ciel bleu immaculé. Des voitures, des motos, sont stationnés près d'un bar et d'un magasin de souvenirs : nous revenons à la civilisation, nous avons franchi les ténèbres, l'opacité, le doute. L'itinéraire montant était à sens unique. Donc, aussi, demi-tour interdit ...
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  • Commentaires

    1
    almanito
    Samedi 1er Août à 19:51

    Belle évocation, j'ai déjà ressenti cette solitude et ce vide en conduisant sur des routes inconnues, très curieuse angoisse alors qu'on se balade et qu'on a aucune raison de s'inquiéter...

      • Dimanche 2 Août à 10:38

        Je trouve, quant à moi, cette impression quand je traverse (mais pas à vélo !) le Menez Are (Monts d'Arrée) au centre du Finistère, où sont nées tant de légendes ... 

        Euh ... en Bretagne, menez c'est un peu comme une montagne, mais comme celles-ci sont très vieilles, on dira plutôt "colline" ! plus de 400 mètres, tout de même, on a les meneziou (oui, c'est le pluriel de menez*) qu'on peut ...

        Petit rappel : le breton est une langue celte, et n'a aucun rapport avec le français, sauf un point : Elles sont toutes deux aussi difficiles à maîtriser.

    2
    Samedi 1er Août à 20:28

    ah retrouver la vie civilisée quand perdu dans les brumes on s'enfonce aux plus noirs ténébreux ... c'est à ce moment, que l'on se sent bien entouré du bruit que font les autres ! 

    au fait ne sommes nous pas des animaux sociaux ?

    amitié .

    3
    Mercredi 5 Août à 10:13

    Retour interdit, mais le voyage en valait la peine... merci !

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