Les yeux mi-clos, il planait sur son petit nuage depuis déjà quelques semaines, ne donnant signe de vie que lors de ses besoins élémentaires (son frigo n’était mystérieusement jamais vide). Une nuée délicieuse, indéfinissable, l’enveloppait d’ondes irisées, louvoyant tel le cloud of milk de la cup of tea. Mais ce flou enivrant se faisait à présent obsédant et inquiétant, car il s’adonnait à la poudre « de lait », quotidiennement, incarcéré dans une addiction manifeste.
Il était aussi, depuis peu, avide de festins solitaires de vipères mortes, fermentées dans du jus de champignons hallucinogènes qu’il parvenait à obtenir dans du gravier semi-enterré. Le tout baignait dans une sauce acre de café sucré au riz salé, qui lui remontait le moral, radicalement.
Pas d’alcool, dans cette bouteille. Il ne risquerait pas, au moins, durant ses longues soirées phagocytées par des songes devant la cheminée, de se noyer dans un verre …
Loïc