En guise de premier texte, voici ... "le premier cadeau" que j'ai fait ! J'ai écrit ce texte dans le cadre d'un atelier d'écriture auquel j'ai participé pendant quelques années, à un moment de ma vie où, sans être encore retraité, j'avais énormément de temps libre à occuper ... Le sujet du jour était : "Le premier ..."
J’avais rapporté de chez ma tante, après son décès, un électrophone, énorme engin qui trônait chez elle près d’un antique phonographe à manivelle. Le « Voix de son Maître », à trois hauts-parleurs, servait jusque là à passer uniquement des disques de musique classique, que j’étais le seul des enfants à réclamer. Il fallait, en effet, ne pas bouger, rester assis, pour éviter de faire sauter le bras sur le précieux 33 tours « Deutsche Grammophon ».L’électrophone fit donc le trajet sur le porte-bagage de mon Solex, et fut installé dans la chambre des garçons. Puis, pour varier le répertoire musical, je décidai, puisque Noël approchait, de rassembler mes économies pour faire (pour la première fois) un cadeau à mes parents : un disque ! Problème : Je n’avais aucune idée de leurs goûts en ce domaine, en dehors de Tino Rossi, en ce qui concernait maman. Je fis rapidement l’impasse sur l’achat d’un 33 tours : trop cher ! Je fouillai alors, longtemps, dans les bacs des magasins des deux rues principales de Brest, hésitant sans cesse, me décidant, puis remettant l’objet en place… Puis je craquai enfin sur le disque idéal : La chanteuse, maman l’aimait bien. Le thème, c’était pour papa. Et allons-y, pour « Paris brûle-t-il ? », par Mireille Mathieu ! « Que l’on touche à la liberté, et Paris se met en colère… » Tout le monde, à la maison, connut très vite les paroles par cœur ! C’était un plaisir de voir mes parents qui écoutaient, appréciant autant l’originalité du cadeau que la musique.A cette époque, on comparait souvent Mireille Mathieu à Edith Piaf. Le verdict de ma mère était invariable : « Piaf chante mieux, mais Mireille est plus gentille, et de meilleure éducation… » Le premier disque que j’ai acheté n’était donc pas pour moi…Un peu plus tard, je parvins à m’offrir un 33 tours de Léonard Cohen, puis un double album (quel luxe !) de Paco Ibanez, et, encore à mes parents, « Non ho l’eta », de Gigliola Cinqueti !