Une histoire de bras.
Le char à bancs brinquebalait, les deux enfants s'époumonaient
en chantant la carmagnole comme les gros bras le leur avait ordonné.
Les bras de la carriole ployaient sous l'effort,
tandis que le patron suivait, bras croisés.
À quelques pas derrière, les apprentis, un peu plus aguerris,
braillaient, bras-dessus bras-dessous, des paillardes
épouvantables qui laissaient le recteur les bras ballants.
L'un d'entre eux, un gauchiste levant le bras droit,
fit à l'homme d'église un bras d'honneur.
Les bras m'en tombèrent.
Je me retrouvai tout à coup à terre,
dans la poussière et les bras en croix.