L'incipit du roman "La maison-guerre", de Marie Sizun*,
nous a permis de continuer dans cette idée ...
La maison-ville.… Alors on s'en va, on retourne à la maison. La sienne. La maison secrète. Chacun en a une. Pour moi, c'est la maison-ville. Une maison ? Un appartement, plutôt. Je ne le compare pas au lieu au lieu où je vis à présent, c'est un autre temps, une autre vie. Cet appartement se trouve dans un des premiers immeubles sortis de terre à Brest lors de la Grande Reconstruction. Au bout de la rue de Lyon, l'hôpital maritime. J'aime voir passer les ambulances, petit inconscient. À l'autre extrémité, un grand square où Grand-père nous conduit souvent. Le toc toc de sa canne sonne encore dans l'escalier. J'aime compter ses pas, lents et lourds.Juste à côté de l'entrée du n°58, la rue s’anime le soir dans le café « À l'abri de la tempête », qui s'emplit d'un coup dès que la sirène de l'Arsenal a retenti. Le vendredi soir, de temps à autre, nous avons droit à la descente des « flics mar’ » (gendarmerie maritime), qui embarque à coups de matraque les matafs trop énervés.Les filles font du hula hoop, nous jouons aux capsules sur un tas de sable près d’une école en construction. C'est le plein centre-ville, près des Halles Saint-Louis, si animées, j’ai sept ans.Mais nous allons bientôt déménager…*http://www.arlea.fr/Marie-Sizun