Domestiques, ou Sauvages ? Lutte des classes et révolution, chez les animaux ?
Pintade Rita a regroupé tous les siens, les animaux Domestiques. Elle est réputée pour être belle parleuse, on la surnomme « la ritabagoue ».
Nous lui avons demandé de prendre la parole pour présenter nos revendications. Une condition, la seule : ne pas appeler à la violence ; plus nous serons pacifistes, plus nous aurons de chances d'être écoutés.
Ils ont tous acquiescé, mais on peut déjà constater que se forment lentement des petits groupes bien à part, disposés comme la tortue romaine. Ils plissent le front, s'observent, l'incompréhension monte, excitante, dangereusement. « Au château, au château ! » Insurrection. Révolution.
Certains – certaines – sont à présent très énervés, fulminent, poussent des grognements inquiétants.
Les visages des plus vindicatifs virent au jaune de la rage.
Chez les animaux Sauvages, stupéfaction. Eux sont verts, de peur. Un vieux loup : « Gaffe, les gars, ne répondez pas à leurs provocations : La violence ne mène à rien. Nous avons, de toute façon, de quoi nous défendre. N'est-ce pas, Tigre ? N'est-ce pas, Boa ? »
Nicolas observe, incrédule, tout ce micmac ; il n'a pas d'autre choix que d'attendre que ça se passe, il n'y peut rien. Alea jacta est ...
Le cortège des séditieux se forme, même si l'unité ne s'est pas faite. Pintade Rita marche vaillamment à l'avant, dépitée, déçue, tandis que les orangs-outans lui apportent leur soutien.
Pendant ce temps, blasés, Lions et Jaguars détournent avec mépris leurs regards des factieux, et commencent à se raconter tranquillement leurs dernières chasses.
Un petit cocker, sorti du défilé, aboie, se voulant menaçant, en direction des Sauvages. Nous n'avons pas réussi à retenir ni sa fougue inconsciente ni l'enthousiasme de sa jeunesse …
Les Félins éclatent de rire, puis, condescendants, susurrent en faisant le gros dos : « Et c'est toi qui veux te battre ? Va donc en parler à Nicolas ! »
Loïc