Dans "les diplomates", de Baptiste Morizot.
Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, Editions Wildproject
« On voit bien que vous ne vivez pas ici, vous, s'écrie le chasseur. Nos voisins se plaignent : ils ne peuvent plus s'en sortir ; ces loups commencent à vraiment leur faire peur.
Mais vous les chasseurs, les loups ne vous gênent pas beaucoup, car on ne vous voit vous occuper d'eux que … le dimanche, et pour quels carnages !
Dis, mon gars : Tu as déjà entendu parler, toi l'écolo, de la sélection naturelle ? Ici elle n'est plus naturelle, les bêtes se multiplient si on ne fait rien. Alors nous nous faisons des prélèvements, et il faudrait peut-être même nous en remercier, non ?
Hé, l'écolo, c'est mon papa, et il a raison ! C'est tellement beau, un loup … J'ai toujours eu envie d'en caresser un, et de l'adopter.
Arrête, fils. Un loup n'est pas un doudou. Il faut le respecter, le laisser vivre sa vie de loup. »
Un autre chasseur, bien lourdingue : « Vous serez bien contents que nous soyions là, avec nos fusils, lorsque les loups viendront quêter leur pitance à la porte de votre maison ! Tiens tiens, mais voilà le p'tit chaperon rouge, la p'tite sœur, avec son Kway rouge ! Cette mignonne, ma foi, j'crois bien que dans peu de temps on ne pourra plus dire qu'elle n'a pas vu le loup !
Houla, stop, mon gars ! Viens donc, mon fils, nous n'avons plus rien à faire ici. Nous ne sommes pas du même monde.
Et puis … la chasse, ça devrait être interdit, hein, papa ?
Pas de provocation, petit ! Apprends ceci : L'homme est un loup pour l'homme."