C'est moi …
C'est moi, au milieu du silence, en un lieu bien protégé
- Qu'ils se font rares, ces havres où se ressourcer -
en bienveillante compagnie, mon stylo en main
Progresse sans frein ni fin,
Dans le cocon merveilleux d'un atelier d'écriture …
….................
C'est moi, dans la ville triste,
Je tourne le dos à la grande porte de la caserne.
Je lui souris, les yeux pleins de morgue et de défi
- mais pas devant le planton, car la grande muette veille - .
Je quitte après « les trois jours » réglementaires ce lieu exécrable,
Où je n'aurai plus jamais à me rendre.
J'y étais entré à reculons
Le petit doigt sur la couture du pantalon ...
….................
C'est moi, là, tout bête, en larmes,
Nos mains ne veulent plus se lâcher ;
Notre fille apparaît, radieuse
Comme aussi sa fille aujourd'hui.
- La vie est un éternel recommencement -.
L'infirmière aussi a craqué,
Elle ne sait plus que faire,
Si ce n'est une grosse bise,
Et nous dit « à bientôt » en s'essuyant les yeux ...