• S'acharnerait-il ?

    S'acharnerait-il ? voire ! Il peut toujours essayer, ça ne prendra pas sur moi. Du moins pas tout de suite, crénom de nom.
    Qui ça, "il" ? mais le temps, voyons ! ma petite-fille, récemment (encore une histoire de temps, toute subjective ...) m'a déclaré malicieusement, constatant que j'avais quelque peine à me baisser, que "le temps ne m'avait pas épargné" ! Humour, j'adore, taquinerie, j'aime aussi, mais tout de même une petite tape sur l'épaule, du style "arrête de porter beau, ménage-toi", et même, quelque part, "économise-toi !"
    Pourquoi ces élucubrations et ces interrogations (?) sur notre destinée, notre devenir, nos "il y en a un", ou "il n'y en a pas" (de Bon Dieu, de Paradis, de Nirvana, etc et nanana) ?
    Mais parce que - je viens seulement de le découvrir ! - on ne découvre la valeur du temps qui passe ... que lorsqu'il se met à passer en changeant de vitesse ! un peu comme le bus.
    C'est ce qui m'est arrivé : Nous sommes partis de chez nous, il y a environ deux mois, pour une vadrouille en camping-car du côté de chez Rabelais et Villon, pays de calme, de tendresse, idéal pour la pratique du coconnage. Puis, retour à la maison, et re-départ, cette fois pour retrouver notre fils, sa compagne et notre petit Marius. Ils venaient de Grenoble, nous de Quimper, et notre point de rendez-vous était la station balnéaire de Gruissan, près de Narbonne, au bord de la Grande Bleue*. Là, le farniente, délicieux, orteils en éventail que-rien-que-de-le-dire-ça-me-fatigue. Goûter son temps, prendre son temps, le temps ne fait rien à l'affaire et c'est si bon.
    J'ai passé ainsi mon temps (encore lui) en délaissant - par obligation - mon blog et tout internet. Puis j'ai réalisé (non, pas avec horreur !) que je n'avais pas du tout perdu du temps à ne pas faire ce qui m'aurait fait en perdre ...
    Ainsi, donc, tout est relatif, faut voir, c'est à peser, ça appelle à réflexion, et tout le bazar, ma pauvre dame.
    J'ai pris un soudain plaisir, qui semble même se transformer en passion, pour l'ancien. pas le nostalgique, non, mais plutôt ce que l'on nomme la petite histoire, l'histoire locale, les rubriques anecdotiques.
    Chez moi (ma famille, mon village, ma ville, ma région) cela fait florès. Alors je cueille à tout vent les brochures, affiches, vieilles photos, témoignages, qui me touchent, sans me poser de questions du genre "pourquoi ça me touche".
    Pour en revenir à mon blog : Je vais vous proposer désormais, de temps en temps, ce genre de chroniques du temps plus ou moins passé ou dépassé.

    * : La "mer", pour les autochtones du sud, c'est la Méditerranée. Pour nous les Bretons la mer c'est toutes les mers, y compris l'Atlantique que nous appelons plus volontiers "l'océan" ... Une anecdote (authentique, sinon ce n'est pas rigolo) : J'engage, en barbotant dans l'eau tiède, une conversation avec une dame venant de Lens (Pas-de-Calais), qui trouve l'onde assez froide ! Alors je lui suggère, afin de goûter la différence de venir se baigner près de chez moi, près de Quimper, dans l'Atlantique, quôa. Sa réponse : "Ah mais ... ce n'est pas l'Atlantique, ici ?"
    Tout à fait vrai. Je ne nageais pas, sinon j'étais bon pour la tasse, avec mon fou-rire.
    Encore une que le temps n'a pas épargnée ...

    Pour nous mettre en jambes et en appétit, un document tout en finesse et en légèreté :

    Laurent Fries : "Homme en points de saignée"
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  • Commentaires

    1
    Mardi 1er Août à 07:23
    Le temps est toujours le même, il est immuable depuis la nuit des temps, c'est nous qui entrons, vivons puis sortons de ce temps et nous ne comprenons pas que nous sommes comme le coquelicot dans les champs ou le papillon qui s'éveille au soleil, nous sommes des éphémères qui essayons de comprendre le temps en nous disant qu'il passe trop vite
    Amicalement
    Claude
    2
    dom
    Mardi 1er Août à 08:24
    Je prends aussi du recul avec le temps et ne le vis plus de la même façon, depuis mon cancer, car je sais que, pour moi, il est suspendu à un fil, alors, j'en profite ...
    J'ai aussi changé mes priorités et le fait de ne plus pouvoir manger ... me laisse beaucoup de temps libre, hélas.
    Cela ne m'empêche pas de te souhaiter un bon mardi, toujours dans la grisaille.
    Bisoux, loïc
    3
    Mardi 1er Août à 09:17
    Faut pas perndre de retard sur l'avance !
    4
    Mardi 1er Août à 09:50
    Comme cela est joliment dit ! Merci, Claude
    5
    Mardi 1er Août à 10:00
    je partage entièrement avec toi, Dom, ces points de vue sur le temps qui passe et sur la façon de l'aborder. J'ai aussi une philosophie de la vie bien proche de la tienne, que m'a forcé à adopter un cancer en récidive depuis ... 20 ans.
    Carpe diem
    6
    Mardi 1er Août à 10:18
    belles réflexions sur le "temps" enfin je ne sais plus ce que l'on peut dire depuis que j'ai écouté (avec intérêt) l'émission de vendredi midi sur France Inter sur ce sujet. L'intérêt pour l'Ancien n'est pas non plus superflu. Et je trouve qu'on ne transmets plus assez et que c'est dommage. Quoiqu'il en soit et quoiqu'on fasse, je perçois le temps comme quelque chose qui passe de plus en plus vite. Et c'est ainsi ...
    7
    Mardi 1er Août à 10:28
    Merci, Jeanne. Sur le cadran solaire, à l'entrée de la Ville-Close de Concarneau : "Tempus fugit velut umbra". Le temps s'enfuit comme une ombre ...
    8
    Mardi 1er Août à 11:41
    Vouloir saigner le temps, n'arrange rien à l'affaire ;-)
    9
    Mardi 1er Août à 11:45
    Et le Seigneur du temps, on connaît ?
    10
    Mardi 1er Août à 17:12
    voilà des réflexions pleines de sagesse, nous n'y pouvons mais, alors carpe diem, comme tu dis ... "C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre
    Cette peur de mourir que les gens ont en eux
    Comme si ce n'était pas assez merveilleux
    Que le ciel un moment nous ait paru si tendre..."
    ( https://www.youtube.com/watch?v=xMZfp3M0HjI)
    11
    Mardi 1er Août à 17:57
    Je suis heureux, Emma, que mon article t'ait suggéré de nous faire le cadeau de ce beau poème d'Aragon ... Merci beaucoup.
    12
    Mercredi 2 Août à 17:55
    Il faut aussi de temps en temps "perdre" son temps, ce n'est jamais inutile, la preuve et tu nous reviens tout guilleret et plein d'humour. J'ai bien aimé ta petite chronique qui, sous un jour souriant, parle de l'essentiel.
    J'ai entendu, pour te faire écho, une dame en vacances se promenant à la citadelle. En bas, broutent quelques ânes et des petites chèvres. "r'garde donc" fait-elle poussant son homme du coude: "des ch'vals!" ... ça doit être la même que ta baigneuse :))
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