•  

    TROU.

     

    Un champ, oui, d'accord. Mais non … un terrain de foot ? Mais non ! Un terrain de rugby ? Rien de tout cela : Je ne vois aucune ligne tracée au sol, aucun filet de but, aucune perche …

    Alors, un champ. Bon.

    Il y a quelques jours, une alerte : Une mine, là-dessous ! Un de ces cadeaux qui nous restent de la dernière guerre ; il a été dynamité, ouf.

    Mais non, voyons ! Tu sais bien que l'explosion d'une mine aurait créé un trou bien plus grand.

    Au fait, ce trou semble d'une architecture bien étudiée, régulière. Qu'y a-t'il donc là-dessous ?

    Je me décide : Je descends. Je suis aussitôt entouré de dizaines de taupes. Bien accueilli, ma foi. Un détail m'interroge : Les animaux sont de plus en gros, au cours de ma descente vers le centre du trou. Une taupe à la corpulence d'un grand chien m'explique qu'ici ses congénères ont été nourries dans un sol très riche en nutriments et surtout en lombrics ; la race s'est donc très bien portée, elles se sont multipliées en profitant bien, et ce trou s'est adapté et puis …

    Subitement le roi-taupe se présente, après un grognement sourd : le sosie d'une baleine !

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  • Dans un carré de chocolat, il y a…

    Dans un carré de chocolat, il y a tout le bonheur du Monde. Il y a le sourire des femmes, les baisers langoureux et savoureux qui unissent les hommes au repos et leurs compagnes accompagnées de nuées d'enfants éparpillés qui courent, les yeux écarquillés de bonheur.
    Dans un carré de chocolat, il y a toute la douceur du Monde, tout le plaisir de l'attente, puis l'extase, si l'on parvient à retarder sa dégustation. Dans un carré de chocolat il y a toute la curiosité indispensable pour apprécier la finesse, la saveur cachée, l'odeur, chaque fois renouvelées.
    Dans un carré de chocolat, il y a les cinq sens, qui se livrent sans retenue.
    Dans un carré de chocolat, il y a la sensation de la découverte intégrale chacun de ces sens, les enfants se précipitent : « Moi d'abord, moi d'abord ! » Il y a le délicieux cocon qui naît, grandit, entoure notre tête, avec volupté.
    Dans un carré de chocolat, il y a aussi l'amertume du chocolat noir, au pourcentage élevé de cacao, qui a oublié de se sucrer, et nous apporte l'extase : déglutir est devenu impossible !
    Dans un carré de chocolat il y a la tendresse du chocolat blanc ou du chocolat au lait, qui flatte les papilles des enfants.
    Dans
    un carré de chocolat il y a le chocolat-récompense, le meilleur, le roi. Dans un carré de chocolat il y a le chocolat chaud, avec sa peau dont on a attendu la formation, qui nous sort de la léthargie du sommeil.
    Dans un carré de chocolat il y a les habituelles disputes (pour rire) pour le partage des derniers morceaux de la tablette. Tout cela sera réglé par le papa, qui devra se priver.
    Enfin dans un carreau de chocolat il y a le long et pénible travail des planteurs et de toutes celles et ceux qui s'usent à le produire.

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  • PIERRE DESPROGES...

    - Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.

    - L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

    - Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant.

    - Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène.

    - 5 fruits et légumes par jour, ils me font marrer... Moi, à la troisième pastèque, je cale.

    - L’alcool tue, mais combien sont nés grâce à lui ?

    - Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

    - La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie !

    - Le lundi, je suis comme Robinson Crusoé, j'attends Vendredi.

    - IKEA est le meilleur prénom pour une femme :
    suédoise, bon marché, à emmener aussitôt chez soi et facile à monter.

    - Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois.

    - La lampe torche. Le PQ aussi.

    - La pression, il vaut mieux la boire que la subir.

    - Jésus changeait l'eau en vin, et tu t'étonnes que 12 mecs le suivaient partout !

    - Si la violence ne résout pas ton problème, c'est que tu ne frappes pas assez fort.

    - Travailler n'a jamais tué personne mais pourquoi prendre le risque ?

    Merci Desproges !

     

     

    Le site de Pierre Desproges

     

    L’image contient peut-être : une personne ou plus et gros plan
     
     
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  • Je m'adresse à quelqu'un, ou quelque chose, en débutant mes paragraphes par "Toi, je t'aimais ...", puis "J'ai aimé ...", puis "J'ai détesté ..."

    Toi, je t'aimais, mon joli marbre. Tu trônais en permanence sur mon bureau, où tu as encore ta place. Tu étais mon copain puis étais devenu mon ami. Je ne savais pas ton vrai nom, je te nommais mon marbre parce que c'était joli comme tout, comme toi. Tu avais la taille et la forme d'une savonnette. Tu étais ocre jaune veiné de noir. Tu étais le matin froid comme une tombe mais bien vite, après quelques caresses, tu t'éveillais et devenais doux, rassurant, comme la peau de la joue de mon grand-père, qui t'avait confié à moi.

    « Tiens, avait-il déclaré les yeux humides, prends soin de ce presse-papier pour te souvenir de moi. Je sais que tu as commencé à écrire des petits textes. Moi je te ferai bientôt lire les articles que j'ai publiés dans un journal. Tu me diras ce que tu en penses ! »
    J
    'aimais mon grand-père, marbre, quand il me parlait ainsi. Il me donnait la confiance en la vie dont il se faisait un devoir d'être le témoin, il me transmettait la force pour bien démarrer.
    Je t'aimais, marbre, car je savais que tu ne m'aurais pas transmis, par ton simple contact ou même ta seule présence, ses convictions.
    Je suis certain que tu m'aimais aussi. Mon joli marbre, je te tourne et te retourne dans ma main pour que tu me le rappelles.

    Tu sais - ou peut-être ne le sais-tu pas, après tout - j'ai aimé le matin où je t'ai saisi d'une main nerveuse. Mes mouvements étaient saccadés, incontrôlés. J'étais dans un de ces jours où l'on regrette de s'être levé. Alors, joli marbre, tu m'as glissé à l'oreille :

    « Va donc ouvrir ta fenêtre, remonte tes volets, et aime ! Aime le soleil, l'odeur des arbres, celle de la pelouse fraîchement tondue, aime, encore une fois ! Bon, à présent, reviens ! »
    J'ai aimé me rasseoir devant l'écran neutre, qui ne me reprend jamais. J'ai beaucoup aimé saisir le stylo, prenant un air bougon qui signifiait « Vous allez voir de quoi je suis capable ! »
    J'ai aimé toutes les fois où je me suis arrêté pour respirer, pour me retrouver un peu dans mon bureau, me ressourcer pour m'éviter l'envolée lyrique où je me serais noyé.
    J'ai aimé toutes les fois où tu m'as repris, joli marbre, quand un éclat de lumière se reflétait sur toi et me rappelait à l'ordre.

    J'ai détesté le jour où j'écrivais encore à propos de mon grand-père. J'avais entendu le bruit familier de ses pantoufles, j'ai repéré le moment où il passait devant le poste de télévision, puis s'approchait de moi en sifflotant un chant de marin.
    J'ai détesté cette seconde, quand toi, joli marbre, je t'ai repoussé d'un coup de coude hors de mon bureau. J'ai alors détesté jusqu'à la haine le malheur qui t'a entraîné au sol. J'ai détesté ta chute sur le parquet avec un bruit terrible, tu étais si lourd.

    Maintenant, chaque jour, et de plus en plus souvent, je mets mon ordinateur en marche pour me replonger dans cette ambiance intime, tu vois, joli marbre, dont tu participes à la naissance. Nous nous réunissons, et cela fait une belle équipe : le stylo, la feuille, la musique classique en sourdine, et nous deux.
    Il reste encore, entre nous tous, l'ombre de mon grand-père.

     

    Il était aussi très lourd et c'est de tout son poids qu'il était tombé, la tête en avant …
    J'ai détesté à jamais devoir assister à la fin de sa vie, j'ai détesté ne plus le reconnaître.

    Je t'ai détesté, mon joli marbre, puis je me suis souvenu de Grand-Père et je n'ai plus rien détesté.

     

    Loïc

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  • Journées de … l'humour ?

     

    En France (et ailleurs?) on aime beaucoup les journées de.

    Ces célébrations participent-elles à faire remonter en mémoire des thèmes, des revendications, des combats ? oui, certes.

    Mais le trop n'est-il pas l'ennemi du bien ? … : Ce jour du 8 mars, on s'incline à la fois devant la Femme et l'oreille !

    • Pour ma part je préfère la femme (la mienne!) aux oreilles. Oh, comme cela est mal dit. En effet je savoure bien plus mon statut de « bien-aimant bien-aimé » que celui de « mal-entendant ».     http://www.journee-audition.org/

    • Pardon madame, plaît-il, vous dites ?

     

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  • Combien, combien encore…

    Bien placé, aux premières loges, en Finistère,

    Aux bonnes places, pour assister

    Aux désastres, aux naufrages

    Des pêcheurs, des marins de la Royale, des matelots du commerce.

    Type du bateau, cargaison… ?

    Tout le monde ne s’en fout pas, non !

    Pas l’armateur, qui n’était pas présent.

    Ni le capitaine, qui a fui son navire,

    Ni la famille du naufragé, non.

    Loïc

     …................................................................

     

    SNSM

    Société Nationale des Sauveteurs en Mer

    HSB

    Hospitaliers Sauveteurs Bretons, c’était mieux.

    La SNSM sauve d’abord l’homme,

    Puis l’embarcation, car elle sera dangereuse pour la navigation.

    « La mer n’est pas méchante »,

    A dit Jacqueline Tabarly,

    en guise de consolation.

    On a répandu ses cendres en mer,

    Mais pas celui de milliers d’autres.

    À Ouessant, les croix de Proella

    Tentent de faire le deuil du péri en mer.

    Mais là aussi les décors des bars

    sont faits des étagères des cabines ;

    Injure à la mémoire ?

    Pas dans la culture maritime.

    Décombres macabres

    Des corps engloutis

     Retrouvés défigurés,

    Vandalisés, violés ;

    Roches, crabes…

    Décompte de celui des naufrages

    Qui aura fait le plus de victimes.

    Décompte… Liste historique de naufrages dans le monde

    Comme pour les accidents,

    Les attentats, les génocides,

    « Celui qui en a le plus est le plus important »,

    Cela devient un jeu, les pauvres autres sont oubliés.

    Décompte… Et ce bar d’Ouessant où s’affiche la carte

    des « naufrages autour de l’île »…

    J’en ai vu si peu, mais honte,

    à vomir, on ne s’en remettra jamais.

    Pleure, plains-toi, révolte-toi,

    Manifestations, ce n’était pas écrit, ce n’est pas le destin !

    Enfin, la création du rail d’Ouessant.

    J’en ai vu si peu !

    Olympic Bravery,

    Amoco Cadiz,
    Erika ... 

    Loïc

    ...................................................

     1978 ...

    Amoco Cadiz

     

     y croire.

     

    Catastrophe, apocalypse, pas de mots…Arrogants, sans scrupules,

     

    Misérables, assoiffés de dollars,

     

    On ne veut pas

     

    On oublie tout, et on recommence.

     

    Citadins, en bottes dans le coaltar.

     

    Abasourdis, accablés.

     

    Désespérance.

     

    Il y en aura d'autres ; la puanteur s'est invitée en ville.

     

    Zèle insensé dans la course aux profits.

    Loïc

     

    .......................................

     

    Mer courage.

     

    Si je devais te rendre hommage en un seul mot, Manche, ce serait « courage ».

    Je t'ai toujours connue, tu fais partie de ma famille, car j'ai grandi chaque mois de juillet, de ma naissance à mes 14 ans, dans des vacances merveilleuses à trente kilomètres de Brest, notre port d'attache.

    Tu n'étais alors que soleil, plages, jeux…

    La Manche, the Channel, Mor Breizh, oui, mais toujours la même, indomptable et fougueuse : le passage maritime le plus fréquenté au monde est un boulevard encombré, où chacun doit en permanence prendre garde aux courants (le Fromveur, entre Ouessant et le continent, l'Iroise, à l'entrée de la rade de Brest, ...). Attention aussi aux collisions ! L'Abeille Bourbon, l'un des plus gros remorqueurs qui soient, et le Phare du Four, veillent. Un nom prédestiné, dans ce lieu face à Porspoder, où les vagues gigantesques, et les tourbillons du diable sont un véritable tambour de machine à laver.

    Tu exprimais un courage immense en roulant tes eaux violées, outragées, et je me tenais debout, immobile et figé de stupeur, indigné, au bout de la Presqu'île Saint-Laurent, en 1978, lors de la catastrophe puante et gluante de l'Amoco Cadiz. Tu as, Manche, partagé avec nous une grande part de ton courage et de ta dignité, pour nous aider à surmonter l'ignoble.

    Tout est aujourd'hui, voudrait-on nous faire croire, bien réglé, sécurisé, bien comme il faut, dans le Rail d'Ouessant.

    Mais tu sais, bien mieux que nous, que Nature ne se soumet jamais.

    Courage n'est pas inconscience, tu le sais bien, les gens de mer aussi.

    Loïc

     

    à Portsall, la plaque commémorative du naufrage de l'Amoco Cadiz

     

                           

    Ancre de l'Amoco Cadiz

                           

      

    J’ai vu Éric, qui entrait au port

    de Bénodet, trois jours avant de

    « faire son trou dans l’eau ».

    Oceano Nox … (voir ici

    « combien de marins, combien de capitaines… »

    Combien, combien de…

    Est-ce donc si important, « combien » ?

    Loïc

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  • Le 16 mars 78, l'Amoco-Cadiz s'échoue sur les rochers de Portsall avec 220 000 tonnes de pétrole dans les soutes. La marée noire du siècle peut commencer. Pour les Bretons, ce n'est malheureusement ni la première couche, ni la dernière. Avant, il y avait eu le Torrey Canyon, l'Olympic Bravery, Le Boehlen. Après, il y aura le Gino, le Tanio, l'Erika.

    J'ai écrit ce texte en 2003, alors qu'une autre poubelle flottante venait de se fracasser sur la côte bretonne ... Les relents, puanteurs, de l'Amoco Cadiz (17 mars 1978) étaient encore dans toutes les têtes. Commémoration ces jours-ci des 40 ans de cette catastrophe.

     

     

    Opération « Sacs jaunes »
    Depuis déjà (ou seulement ?) trois heures, ils se déplacent, mécaniquement, conditionnés par leurs emballages… Ils (ou elles ?) disparaissent dans leurs grands sacs-combinaisons, qui ont été blancs… Ces sortes de babygros, gros comme grotesques, bavent à présent de coulures brunes, ou beiges, ou noires, ou écrues, selon la teneur du poison.
    D’eux, on n’aperçoit de la dune que trois teintes, qui ne se confondront jamais avec celles de la mer toute proche : brun, blanc sale, et … jaune.
    On leur a donné des sacs jaunes. Jaunes comme ceux des campings, là où on a placé de beaux bacs en bois, estampillés « Vacances Propres » !
    Chacun de ces zombies est un volontaire désespéré, qui n’a même plus la force de hurler sa colère : ça, c’était bon il y a longtemps…
    Le petit vieux, couché, acharné, têtu, charge interminablement son sac jaune de mazout gluant et puant, déclarant tout seul, de temps à autre : « Déjà, en 78, l’Amoco… » Et il chantonne, il est fou…
    http://www.letelegramme.fr/ig/dossiers/amoco/amoco-cadiz-la-plus-grande-maree-noire-de-l-histoire-30-12-2008-184811.php
    Loïc, juillet 2003.

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  •  

    ILS VONT ARRÊTER LA BOMBE !

                      Un film de François Reinhardt
                      France Ô, Public Sénat 
      

     « Celui qui ne sait pas est un imbécile. Celui qui sait et qui ne fait rien est un criminel ! ». Gilbert Nicolas, 84 ans aujourd’hui, a fait de cette formule, (que l´on doit à Bertolt Brecht), une profession de foi. 

    Au début des années 1960 c´est contre la « force de frappe » française qu´il va militer. En pleine guerre froide, et en dépit du « traité de Moscou », la France veut posséder l´arme nucléaire. Synonyme de souveraineté et de liberté pour la majorité des Français, la bombe nucléaire est, pour une poignée d´hommes et de femmes, un « crime contre l´humanité ». Au « cataclysme annoncé », ces militants anti-nucléaires opposent une méthode redoutable : la non-violence ! Pendant toute la durée des essais nucléaires atmosphériques en Polynésie Française (1966-1974), la contestation prendra plusieurs visages. Incarnée d´abord par les députés de Polynésie, l´opposition à la « force de frappe » sera ensuite relayée par une partie de la classe politique française (notamment l´opposition au Général De Gaulle), avant de se propager à de nombreux pays du Pacifique. 

    En 1973, un navire contestataire va tenter l´impensable : pénétrer dans le lagon interdit de Moruroa, pour empêcher la France de procéder à une série d'explosions nucléaires. A bord, un équipage international de 13 hommes et femmes, dont un français, Gilbert Nicolas ! Un documentaire de François Reinhardt Produit par What's Up Productions, avec la participation de France Télévisions et Public Sénat.

     

    Sur la chaîne Parlementaire – Canal 13

     

    Sam 3 mars

    23:26

    Dim 4 mars

    09:51

    Sam 10 mars

    22:30

    Dim 11 mars

    09:00

    Dim 11 mars

    18:54

    Dim 18 mars

    18:00

    Dim 24 mars 

    14:00

     

    http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20010823&article=3173319&type=ar

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  • Un anniversaire important, cette année, (en particulier ?) pour les baby-boomers.

    Notre association "La Liberté de l'Esprit" organise une conférence-débat à Quimper sur le thème :
    Mai 68 : la France, 50 ans après 
    avec Ludivine Bantigny, historienne 
    le mercredi 7 mars 2018 à 19h00 dans l'amphithéâtre de l’hôtel Mercure, 21 bis avenue de la gare - Quimper
    En préambule, 1968 à Quimper par Gilles Carrière.

     
     


    Entretien   

    Capture du 2018-02-27 10/02/44.png  Propos recueillis par Michel Abescat / Publié le 20/02/2018

    Ludivine Bantigny : “Rien n’est plus collectif que Mai 68”      http://www.lalibertedelesprit.org

    Non, Mai 68 n’est pas qu’un mouvement étudiant parisien. Dans toute la France, ouvriers, agriculteurs, commerçants, artisans, et même chauffeurs de taxi et danseurs s’y sont mis. Et bien avant le mois de mai. C’est ce que l’historienne Ludivine Bantigny rétablit brillamment dans son livre, qui bouscule les idées reçues. Rencontre avec l’auteure de “1968. De grands soirs en petits matins”. 

    Sur la couverture, on ne voit ni Daniel Cohn-Bendit, ni Alain Geismar, aucun leader du Quartier latin, mais des ouvrières de l’usine de fabrication de pièces électriques Paris-Rhône, à Lyon, pendant les grèves de mai 1968. Un parti pris à l’image de ce livre singulier que vient de publier, aux éditions du Seuil, l’historienne Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen.

    Fruit d’un long travail de recherche dans les archives, notamment des Renseignements généraux et de préfectures réparties sur l’ensemble de l’Hexagone, son livre, 1968. De grands soirs en petits matins, est formidablement vivant, donne à voir et à entendre l’événement au plus près de ses protagonistes, de leurs espoirs et de leurs émotions. Emouvant, vibrant, il bouscule nombre d’idées reçues et rétablit la vérité de faits trop souvent déformés et instrumentalisés.

     

    On parle communément des « événements » de Mai 68, comme on parlait des « événements » d’Algérie. Que signifie ce terme ?

    Dans une première acception, il s’agit d’un euphémisme destiné à contourner d’autres formulations plus tranchantes et plus claires : dans le cas de l’Algérie, éviter le mot « guerre » et à propos de 68, celui de « grève générale ». En ce sens, le terme « événement » doit être utilisé avec précaution.

    Mais on peut aussi se le réapproprier et lui donner son sens premier, celui de surgissement dans le temps de quelque chose d’inédit et d’ouvert. L’événement, pour l’historien, doit être étudié en tant que tel, dans sa nouveauté, dans son déroulement, en se gardant de tous les discours sur ses causes et ses conséquences supposées qui n’ont cessé de le défigurer.

    “Les premières barricades n’ont pas été érigées sur le boulevard Saint-Michel, mais à Caen, à Quimper ou à Redon”

    On a beaucoup dit, par exemple, que Mai 68 était d’abord un mouvement juvénile et étudiant. Qu’en est-il en fait ?

    Si l’on a autant insisté, surtout à partir des années 80, sur le rôle des étudiants, c’était justement pour contourner l’événement, éviter de parler de la grève générale, des occupations d’usines, des dix millions de personnes qui ont arrêté de travailler. On ne peut certes pas nier la dimension juvénile de l’étincelle à l’origine des grèves. Dans de nombreuses entreprises, ce sont surtout de jeunes ouvrières et ouvriers qui ont lancé la dynamique, mais celle-ci a été reprise ensuite par l’ensemble des générations.

    Les grèves ne commencent d’ailleurs pas en mai, ni même en mars. L’année 1967 est émaillée de conflits importants, à Besançon, par exemple, à l’usine Rhodiacéta. Au début de l’année 1968, entre le 23 janvier et le 13 février, mille à mille cinq cents ouvrières et ouvriers mènent à Caen une grève totale qui touche trois usines importantes, la Saviem, Jaeger et la Sonormel. Ces entreprises ont été délocalisées hors de la région parisienne dans la perspective de payer la main-d’œuvre moins cher. Les jeunes se révoltent en premier, ils se mettent en grève, affrontent les CRS.

    Le lien est fait avec les étudiants, mais aussi avec les agriculteurs qui se mobilisent, dans l’Ouest, depuis de nombreux mois. D’une certaine manière, on peut dire que les premières barricades ne sont pas érigées sur le boulevard Saint-Michel, mais à Caen, à Quimper ou à Redon. Et que l’on assiste dès l’origine à un grand brassage social. Si l’on s’en tient à la chronologie habituelle des affrontements à Paris, les archives policières montrent que dès le 3 mai de nombreux jeunes ouvriers sont venus prêter main-forte aux étudiants.

    On le mesure à l’aune des interpellations réalisées ce jour-là, qui comptent des ouvriers, du tourneur au tôlier, des employés, de la SNCF aux PTT, des techniciens, des commerçants, des artisans. Il convient donc de relativiser l’idée que les étudiants auraient été seuls avant d’être rejoints par les ouvriers à partir du 13 mai.

    Et relativiser l’idée que les événements de 68 sont essentiellement parisiens…

    Certainement ! Comment pourraient-ils être seulement parisiens quand dix millions de personnes se sont mises en grève ? Partout il se passe quelque chose, les archives que j’ai dépouillées le montrent à l’envi. Les rapports des préfets et des Renseignements généraux, à Guéret, à Tulle, à Epinal, disent leur étonnement devant l’ampleur du mouvement.

    Dans la Meuse, les RG sont surpris par le nombre des arrêts de travail dans un département d’ordinaire « calme voire passif ». Dans les Vosges, de toutes petites entreprises textiles, qui ne comptent que dix ou quinze salariés, se mettent en grève. Dans l’une d’entre elles, si proches encore des fabriques du XIXe siècle, le patron fournit à ses employés le tissu pour confectionner la banderole de la manifestation.

    “Les pouvoirs publics craignaient par-dessus tout la convergence entre le mouvement étudiant et la grève ouvrière, très difficile à maîtriser”

    Qu’en est-il des relations entre ouvriers et étudiants ? Elles n’ont pas été toujours faciles…

    Les contempteurs de 68 insistent évidemment sur le clivage entre étudiants et ouvriers, le rejet des premiers par les seconds. Au moment des événements, les pouvoirs publics craignaient par-dessus tout la convergence entre le mouvement étudiant et la grève ouvrière, très difficile à maîtriser. Mais cette vision d’un clivage est caricaturale. Certes, le 17 mai, les grilles de Renault Billancourt se sont fermées devant un cortège de trois mille étudiants partis du Quartier latin.

    L’épisode a été maintes fois raconté, en oubliant toutefois de rappeler les tensions au sein même de la CGT, dont les militants n’étaient pas tous d’accord, en oubliant que des étudiants de l’Ecole normale supérieure entretenaient des contacts dans l’usine et s’y trouvaient déjà. Et surtout en oubliant toutes les discussions nouées partout en France, les barricades construites ensemble, les étudiants présents sur les piquets de grève, les ouvriers présents dans les universités occupées. En somme, l’arbre de Billancourt ne doit pas cacher la forêt d’initiatives, de réunions et de solidarités entre étudiants et travailleurs.

    68, selon ses contempteurs, serait également l’acte de baptême de l’individualisme contemporain. Qu’en pensez-vous ?

    Cette idée me fait bondir ! Elle est fausse, c’est un contresens historique profond, parce que rien n’est plus collectif que ce mouvement, rien n’est plus collectif que les aspirations portées par toutes ces assemblées, ces comités de grève, de quartiers, d’actions. Rien à voir avec ce qu’on entend par individualisme : le repli sur soi, l’égoïsme, le narcissisme.

    1968, c’est tout le contraire, c’est l’expression d’une solidarité très active. S’il est question de l’individu, c’est pour revendiquer son épanouissement, son émancipation des carcans professionnels et sociaux : « Des hommes, pas des robots », comme disaient, dès 1967, les grévistes de Rhodiacéta.

    “Hormis chez les situationnistes libertaires, la question sexuelle est restée marginale”

    Le slogan « Jouissons sans entraves » a marqué les esprits…

    Comme d’autres : le slogan « Plus je fais la révolution, plus j’ai envie de faire l’amour » est par exemple à l’origine du cliché qui réduit 68 à une lutte pour la permissivité qui aurait finalement conduit au néolibéralisme. Mais ce ne sont que quelques phrases jetées sur les murs. Hormis chez les situationnistes libertaires, la question sexuelle est restée marginale, en 68, elle n’est que rarement posée comme un enjeu politique. Il y a encore beaucoup de pudeur et de retenue sur cette question.

    Dire que 68 a fait le lit de l’individualisme et du néolibéralisme, c’est évidemment une manière de dénigrer un mouvement qui fait peur. La possibilité d’une nouvelle explosion sociale, d’un temps suspendu où les gens ne travaillent plus et tentent de réfléchir à leur vie, à la manière de la changer pour la rendre meilleure, inquiète certains.

    La trajectoire de quelques figures très médiatisées, qui ont effectivement évolué vers des positions clairement libérales, a également beaucoup contribué à renforcer ce cliché. Mais le parcours de Daniel Cohn-Bendit, dont la place à été éminente à l’époque, lui appartient. Il ne justifie pas qu’on en fasse le blason des évolutions supposées de toutes celles et tous ceux qui ont participé à l’événement.

    De quoi le mouvement de 68 était-il alors précisément porteur ?

    Je me refuse à opposer, comme on l’a fait, les revendications matérielles, qui auraient été soutenues par la CGT, aux perspectives plus directement politiques ou éthiques, voire existentielles portées par d’autres, en particulier la CFDT. Parce que dans ce clivage entre des perspectives somme toute intimement liées se niche une forme de condescendance vis-à-vis des premières : l’augmentation des salaires, la diminution du temps de travail ou l’âge de la retraite.

    C’est à partir de ces revendications, qui traduisent une situation sociale difficile – les conditions de travail sont souvent rudes dans les usines –, que naissent les réflexions sur l’épanouissement de la personne humaine. Et cette idée de changer la vie, qui constitue l’axe central du mouvement de 1968. Il s’organise ainsi à partir de réformes très ordinaires jusqu’à ouvrir des perspectives révolutionnaires. En 68, le mot « révolution » est partout, il suscite autant d’espoirs que de craintes, les acceptions du terme varient en fonction de ceux qui le prononcent, mais elles traduisent toutes la volonté d’un changement.

    “Certains catholiques se demandaient comment la société était devenue à ce point attachée à la valeur de l’argent et du profit”

    Par exemple ?

    Dans les lycées, on réfléchit à la pédagogie, aux conditions de la transmission du savoir, dans les entreprises, on se demande si on a vraiment besoin des contremaîtres et parfois même des patrons, puisque la question de l’autogestion est posée. Des chauffeurs de taxi en grève s’interrogent sur la place de la voiture, sur la pollution des villes. Les danseuses et les danseurs de l’Opéra de Paris se demandent comment il pourraient intervenir dans la cité pour améliorer le rapport de chacun à son corps, à l’harmonie, à sa présence sensible au monde. 

    Certains catholiques interrogent la hiérarchie ecclésiastique, la place des fidèles dans l’Eglise, se demandent comment la société est devenue à ce point attachée à la valeur de l’argent et du profit. D’une manière générale, il s’agit de se sentir en prise avec le monde et d’y conquérir une autonomie qui n’a rien à voir avec l’individualisme.

    Vous accordez une place singulière à la lecture des émotions éprouvées en 68. Pourquoi ?

    Parce que toute pratique politique est tissée d’affects : on s’engage aussi pour des raisons affectives, par indignation, par colère, par compassion. J’ai ainsi voulu montrer la complexité de cette expérience sensible du politique. Et d’abord la joie. La joie de vivre quelque chose de très fort, de se parler, de se retrouver, de sortir du quotidien, d’avoir prise sur l’histoire en cours. Mais cette joie peut être altérée par d’autres émotions.

    La peur en particulier, dans des formes très diverses, celle de ne pas être à la hauteur de l’événement, de prendre la parole, des conséquences de la grève, en particulier pour ceux qui tiennent les cordons de la bourse dans les familles. La peur de la guerre civile aussi, dans une société qui sort de plusieurs conflits : les RG notent ainsi que certains commencent à stocker des aliments, pâtes, huile ou sucre. La peur du rouge, du communisme, la peur du totalitarisme que de Gaulle agite dans ses discours. La peur des affrontements physiques dans les manifestations.

    “Les femmes étaient présentes en grand nombre, et agissantes”

    Mai 68 a-t-il été un moment moteur dans l’émancipation des femmes ?

    Quand on pense à 68, on a immédiatement en tête le visage et le nom d’un certain nombre de ses leaders, mais aucune femme n’en fait partie. Les femmes pourtant étaient présentes en grand nombre, et agissantes. A La Roche-sur-Yon, à l’usine Big-Chief, qui fabrique des jeans, le personnel est essentiellement féminin. Les ouvrières occupent les lieux, dressent des tentes dans la cour, organisent des sit-in. A l’époque, ce n’était pas évident de s’asseoir ainsi dans l’espace public.

    Mais, même dans les entreprises où elles sont majoritaires, elles sont représentées par des syndicalistes hommes, elles ne participent pas aux négociations, elles prennent peu la parole. On dirait aujourd’hui qu’elles ont, pour la plupart, intériorisé les contraintes de genre, les normes et les rôles sociaux traditionnellement attribués à la féminité et à la masculinité. Les événements de 68 ont, malgré cela, servi de déclencheur, ils ont été le moment d’une prise de conscience qui va, dans les mois qui suivent, travailler la société, infuser peu à peu et donner lieu, pour partie, à la seconde vague du féminisme dans les années 70.

    Comment, au bout du compte, faire le bilan de 68 ?

    C’est une question extrêmement difficile. Dès la fin de l’événement se dessine une querelle d’interprétation. La CGT crie victoire après les accords de Grenelle, qui se traduisent notamment par une hausse des salaires et la reconnaissance de la section syndicale dans l’entreprise.« Reprise victorieuse du travail dans l’unité », titre L’Humanité le 6 juin bien que de nombreuses grèves se poursuivent encore.

    Alors que la CFDT, la gauche révolutionnaire, le PSU déplorent la faiblesse des résultats obtenus au regard de l’ampleur du mouvement qui vient d’avoir lieu : rien sur la durée du travail, les retraites, et toutes les questions qui ont été soulevées sur la démocratie dans les entreprises. Puis viendront les élections législatives des 23 et 30 juin. S’il ne s’agit pas du raz-de-marée gaulliste souvent évoqué, le camp du pouvoir remporte une imposante victoire. A cet égard, l’échec de la stratégie du parti communiste fondée sur les élections et l’union de la gauche est patent. Mais pour autant, peut-on considérer aujourd’hui que mai 68 fut un échec ?

    J’ai un peu botté en touche, à la fin du livre, en citant Marx, qui disait que la réussite de la Commune était d’avoir existé… Mais ce n’est pas seulement une manière de se défausser. Les événements de 68 ont ouvert d’autres avenirs possibles, permis de renouer avec l’espoir, avec l’idée que l’on pouvait à un moment s’arrêter, pour réfléchir, prendre la parole, reprendre confiance et se sentir légitime.

    « Tout est politique », disait un slogan de 68. Oui, nous sommes légitimes à nous emparer du politique, à parler de la cité, du commun, de ce qu’on nomme aujourd’hui le vivre-ensemble. Cette vision passionnante du politique est un héritage de 68.


    A lire

    1968. De grands soirs en petits matins, de Ludivine Bantigny, éd. du Seuil, 460 p., 25 €.

     

    Ludivine Bantigny sera présente à la fête du livre de Bron qui se déroulera du mercredi 7  au dimanche 11 mars. Elle participera, le dimanche à 11 heures, à une rencontre intitulée « 68, année politique », avec Tariq Ali et Jean-Christophe Bailly. Rencontre animée par Michel Abescat. Programme complet : www.fetedulivredebron.com

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  • Vie de clown…

    Ludivine, dans son fauteuil –elle y passe une bonne partie de chaque journée– fixe le plafond, le regard vide, ou plutôt empli d'une tristesse résignée, qui semble coller à son visage à jamais. Sa maman Paola, régulièrement, remonte le mécanisme du tourniquet musical reçu en cadeau lors de son second anniversaire. Une vague réaction, imperceptible.

    Elle aura sept ans ce soir. On ne sait même plus si elle-même le sait… mais maman a prévu : son sketch, le matériel, la petite chanson. Elle sait faire, maman. Elle a exercé  en école maternelle, avant de se résoudre à rester s'occuper de son élève désormais unique.

    Elle va faire comme d'habitude. De toute façon, tout changement passe totalement inaperçu. Les mots, les gestes, les gags, seront des repères, rassurants. Mais le gâteau trône tout de même aujourd'hui, avec ses sept bougies. Pour le reste elle se fie à son instinct. Et puis, elle fait partie du Q.I., le groupe de théâtre « Quimper–improvisation »: ça aide !

    Elles ont commencé leurs jeux convenus. Les yeux de Ludivine suivent lentement les gestes précis de Paola.

    Soudain : la sonnerie tonitruante à la porte d'entrée. Tout se bouscule. Les yeux de l'enfant s’écarquillent, comme Paola ne les a jamais vus. Un clown, oui, un vrai, en costume, en grands pieds, en  nez rouge, en visage tout peinturluré, est entré. Il a tout compris, tout de suite, car les clowns c'est magique, ça comprend tout, pas comme les grandes personnes. Il a surtout compris son erreur d'adresse, mais il rattrapera le coup plus tard.

    C'était un clown professionnel, de l'association « le clown médecin». Je ne dirai pas ce qu'il a fait, ce qu'ils ont fait, Paola et lui. Mais c'était magique, surnaturel.

    Depuis, Paola a repris goût à la vie, la sienne et celle de Ludivine.

    L'enfant, elle, n’effacera pas de ses lèvres son merveilleux sourire, et n’éteindra pas les étoiles dans ses yeux…

     

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  • Je n'aurais pas aimé être …

    Je n'aurais pas aimé être Président de la République. Pourquoi ? Vous tenez vraiment à le savoir ? C'est évident, pourtant. Je n'aurais pas aimé être un stewart, parce que j'aurais préféré, tant qu'à faire, être commandant de bord. Et puis, quitte à voir du pays, autant sortir de l'aéroport, non ? Je n'aurais pas aimé être prêtre, parce que je n'aime pas être en désaccord avec moi-même, et parce que je serais toujours perdant. Je n'aurais pas aimé être Landru : j'ai peur du feu. Je n'aurais pas aimé être un fantôme, parce que houuuu, houuuu …. Je n'aurais pas aimé être un ange, parce qu'il est trop difficile de jouer à contre-emploi. Je n'aurais pas aimé être un homme-grenouille, car question identité il faut que les choses soient claires. Je n'aurais pas aimé être le premier à sauter de la Tour Eiffel, parce que je n'apprécie les farces ni les surprises. Je n'aurais pas aimé être un réverbère dans une rue fréquentée par beaucoup trop de chiens. Je n'aurais pas aimé être en panne en plein désert sans connaître un mot d'anglais. Je n'aurais pas aimé être une femme. Pourquoi ? Vous tenez vraiment à le savoir ? C'est évident, pourtant. Je n'aurais pas aimé être celui qui n'aurait jamais rien aimé.

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  • Le Pont National, ouvert en 1898, détruit en 1944.

    Un modeste tramway relie les deux rives de la Penfeld, au -dessus de l'Arsenal.

    Transports à Brest

    En 1917, "Tout ne va pas très bien", et "Brest-la Rouge" gronde. Des luttes souvent menées,

    comme à Douarnenez, par les femmes : Egalité des salaires hommes/femmes ... (Tiens, tiens)

    Le tramway disparaîtra pendant la guerre, un autre a pris sa place, controversé, souvent en panne.

    Au début des années cinquante apparaissent les trolleybus, bus électriques

    qui captent leur énergie par des trolleys, câbles suspendus. Les "bâtons" déraillaient de temps en temps, et il fallait attendre que le conducteur descende (sous la pluie ...) pour les remettre en place.

    Beau spectacle pour les enfants dont j'étais !

    Je me souviens de cette femme (que nous appelions « Mme Moustache », allez donc savoir pourquoi) qui trônait dans le trolleybus, pour poinçonner nos tickets. Assise à l’avant, près du chauffeur, elle tournait sa petite manivelle toute la journée, marquant nos petits cartons. Elle parlait souvent, comme nombre de personnes à cette période, mi-français mi-breton, et interpellait régulièrement les passagers : « Bon, poussez-vous, malez Doué ! Tout le monde a son ticket dans le derrière ? » 

     

    Transports à Brest

     

    Transports à Brest

    J'ai parfois la nostalgie d'une époque que je n'ai pas connue ... 

    Transports à Brest

     

     

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  • Tourmente

    après l'observation d'un tableau de Patrice Koutchevsky : « Orage »

    Je ne m'ennuie jamais. Les contraintes quotidiennes de l'existence ne me le permettent pas, et il conviendrait, sans nul doute, que je les remercie pour cela. Une course irrésistible, effrénée, m'entraîne à la remorque de mes idées noires, dont je ne serai jamais le maître. Mais … le noir est-il vraiment ma couleur, mon choix de vie ?

    En fait, je m'y complais, me blottis, me love. Je m'y suis bâti un havre, abri ambigü mi-palais mi-piège, je jouis et souffre de cette attirance malsaine. Morbide, ainsi va ma vie, mélancolique, pesante.

    Je me berce du bleu de mer, glissant avec lui entre mes sentiments. L'océan les exacerbera et les conduira à se provoquer, à se confronter, à s'autodétruire.

    Seul un col, entre les monts changeants de mon cafard, peut encore m'inciter à me poser dans une halte salutaire. Il participerait à l'instant de survie, je donnerais le coup de pied au fond de ma chute, pour ressurgir à la vie.

    Mais le noir sera vainqueur. La vie, ma vie, aura changé. L'ennui, plus terrible encore, va gagner du terrain, tout immerger.

    Loïc

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  •  

    Poésie autour d'un lieu

    A boire et à manger dans la capitale

    à boire surtout pour les touristes

    années 50

    ne rien oublier

    un guide évite les questions

    souvent car il connaît et craint

    les vieux démons

    et les relents de l'époque maudite

    Buda et Pest se font face

    et sourient jaune tout le temps

    malgré le temps

    malgré ceux qui passent

    malgré ceux qui sont passés

    malgré ce qui s'est passé

    Pest industrieuse ruche

    banques et affaires

    bruits des villes

    crissements de pneus

    cris des hommes essoufflés haletants

    je travaille moi

    serions-nous à Paris

    touristes pressés sur le Pont aux Chaînes

    incontournable, indispensable, merveilleux anachronisme

    cloches des tramways

    sonnettes timides et aigrelettes des vélos

    vélos-taxis, vélos-pizzas

    tiens l'Europe est arrivée ici

    une rue le rappelle

    dédiée à la fripe aux surplus

    rue américaine

    où toutes les enseignes

    ont oublié le hongrois

    trop à voir trop à sentir

    odeur maître-mot du ressenti

    paprika soupe à toute heure

    j'ai passé le pont

    Buda sur sa colline

    surveille les arrivants

    il faut mériter la visite

    curieuse ville

    elle oublie souvent le Danube

    qui prête plus volontiers

    ses berges à Pest

    elles se jalousent

    petites maisons pimpantes

    les sourires sont plus fréquents

    n'appellent pas au commerce

    détente ville verte

    descendre comme de Montmartre à Notre-Dame

    soudain voici le plus ancien métro du Monde

    a clamé la voix rocailleuse du guide francophone

    labyrinthe éblouissant de bois verni

    décor suranné nous sommes chez Jules Verne

    sièges de velours rouge

    comme à l'hôtel oui

    mais tout est gâché

    par le vacarme je dois

    me boucher les oreilles

    tout résonne se répercute rebondit

    dans un magma sonore insupportable

    prochain arrêt descendre vite s'échapper

    sur la grande place

    les restes de l'ère soviétique

    sont rassemblés

    statues de l'ouvrier qui marche

    vers son bonheur

    ses enfants marchent à ses pieds

    le fixent fébrilement tel un Dieu

    un mur est gardé par deux soldats

    il est criblé de balles du temps de la révolte

    le guide au sourire figé intemporel dérange

    fin de la visite

    un grand immeuble « la maison de l'horreur »

    elle a été tour à tour

    repaire des Rouges des Noirs

    extrêmes trucs extrêmes machins

    trois jeunes adolescentes dehors

    sourient en scrutant

    leurs portables je les quitte

    et laisse derrière moi

    leurs rires de cristal

    de l'espoir-inconscience.

    Loïc

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  • Oh ! le joli dessin, Marius ! et si ressemblant ! Dis donc, tu adores dessiner, toi. C'est une ramette de feuilles que le père Noël aurait dû t'apporter.

    Oui, Papou. mais je ne sais pas bien faire, car chaque fois papa me dit qu'il faut que je fasse des dessins plus grands : "Si je veux les afficher sur le mur de ta chambre, ceux-là sont trop rikikis. Regarde, le papou, là : On dirait un bébé !

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