• Ma famille, dans un arbre !

    Aussi loin que remonte mon arbre généalogique, je trouve une véritable panoplie de marins ou d’ouvriers du port militaire de Brest : calfats, menuisiers, cordiers, voiliers,… Il aurait donc été logique que j’exerce, moi aussi, un métier maritime, mais ce n’est pas du tout le cas. J’ai tout de même hérité de mes ancêtres l’amour de la mer.
    Dans la branche maternelle de ma généalogie, on trouve des pêcheurs de Terre-Neuve, et un armateur du temps de François Ier, Jehan Ango, qui tint tête aux Anglais lors du siège du port de Dieppe. J’ai pu visiter le port de Saint-Valéry-en-Caux, d’où il était originaire, et cela m’a beaucoup rapproché de lui. En effet, je vis actuellement comme si j’en avais un souvenir plus proche, plus vivant…
    Quelques autres personnages surgissent de mon arbre : Le boulanger, « rescapé de la Bérézina », le médaillé de la guerre de Crimée, le bagnard de Cayenne… J’aimerais pouvoir obtenir davantage de renseignements sur ces existences hors de l’ordinaire, et je me sens un peu fier de compter ces « gens » dans ma famille, à laquelle ils ajoutent un piquant intéressant !

    On peut accéder à mon arbre généalogique grâce à ce lien :


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  •  

    Terres inconnues.

     

     Quand elle l'avait rencontré, un soir si triste, dans la rue sordide où elle survivait entre deux nuits d'ivresse et de java, il l'avait beaucoup étonnée : 

     

    _ « Je ne savais pas que les hommes comme toi, ça existe », avait-elle bredouillé.

     

     _ Il l'avait interrompue : « Quand tu m'as parlé (et tu m'as parlé si longtemps…) je me suis d'abord beaucoup amusé de ton rire rauque, plein de relents de tabac et de chansons paillardes. Je ne reprenais pas avec toi les gueulantes, et ce fut ton premier étonnement. » …

     

    _ Quand tu es rentrée dans ton taudis, tu n'étais pas ivre. Quelque chose avait cassé en toi, mais « ça ne faisait même pas mal ». 

     

    Au petit matin  elle se souvint qu'il lui avait proposé de le retrouver près du barrage, et elle se dit « c'est aujourd'hui ou jamais… » 

    Elle avala un verre d'eau sucrée, dégotta dans son fouillis quelques vêtements convenables, et se présenta au bord du canal, à l'endroit nommé « le trou des morts ».

     Il se postait devant elle et admirait la ligne d'horizon que le soleil finissait d'embraser. Puis il se retourna, et lui lança d'une voix tendre : « Tu sais, hier soir j'ai eu vraiment très peur. Tu disais tellement de bêtises, sur la vie, la mort… Et puis tu avais si peur que je sois « un homme comme tous les autres. Et j'ai dormi près de toi, sur le palier, pour que tu comprennes que tout n'est pas foutu. » 

    •  Et tous les deux marchèrent l'un vers l'autre, fiévreux. Leurs regards se détournèrent de l'eau. Leurs jambes, délicieusement, flageolaient sur le sol qui leur offrait un tapis étincelant.
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  • Le Chat, de Geluck, dans le Ouest-France du 24 février 2019.

    Oui, je sais, je ne me suis pas

    beaucoup foulé

    ce matin.

    Mais c'est dimanche.

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  •  Injures, intimidations, menaces ...

    La Bête est revenue, elle n'avait pas disparu.

    Simone Weil il y a quelques jours, 

    Alain Finkelkraut hier :

    Odieux, abject.

     

    NE PAS SE TAIRE !

    Pire que le bruit des bottes : Le silence des pantoufles ...

     

    NE PAS SE TAIRE

    Christine Clerc, éditorial, Le Télégramme  

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  •  

    S'acharnerait-il ? voire ! Il peut toujours essayer, ça ne prendra pas sur moi. Du moins pas tout de suite, crénom de nom.
    Qui ça, "il" ? mais le temps, voyons ! ma petite-fille, récemment (encore une histoire de temps, toute subjective ...) m'a déclaré malicieusement, constatant que j'avais quelque peine à me baisser, que "le temps ne m'avait pas épargné" ! Humour, j'adore, taquinerie, j'aime aussi, mais tout de même une petite tape sur l'épaule, du style "arrête de porter beau, ménage-toi", et même, quelque part, "économise-toi !"
    Pourquoi ces élucubrations et ces interrogations (?) sur notre destinée, notre devenir, nos "il y en a un", ou "il n'y en a pas" (de Bon Dieu, de Paradis, de Nirvana, etc et nanana) ?
    Mais parce que - je viens seulement de le découvrir ! - on ne découvre la valeur du temps qui passe ... que lorsqu'il se met à passer en changeant de vitesse ! un peu comme le bus.
    C'est ce qui m'est arrivé : Nous sommes partis de chez nous, il y a environ deux mois, pour une vadrouille en camping-car du côté de chez Rabelais et Villon, pays de calme, de tendresse, idéal pour la pratique du coconnage. Puis, retour à la maison, et re-départ, cette fois pour retrouver notre fils, sa compagne et notre petit Marius. Ils venaient de Grenoble, nous de Quimper, et notre point de rendez-vous était la station balnéaire de Gruissan, près de Narbonne, au bord de la Grande Bleue*. Là, le farniente, délicieux, orteils en éventail que-rien-que-de-le-dire-ça-me-fatigue. Goûter son temps, prendre son temps, le temps ne fait rien à l'affaire et c'est si bon.
    J'ai passé ainsi mon temps (encore lui) en délaissant - par obligation - mon blog et tout internet. Puis j'ai réalisé (non, pas avec horreur !) que je n'avais pas du tout perdu du temps à ne pas faire ce qui m'aurait fait en perdre ...
    Ainsi, donc, tout est relatif, faut voir, c'est à peser, ça appelle à réflexion, et tout le bazar, ma pauvre dame.
    J'ai pris un soudain plaisir, qui semble même se transformer en passion, pour l'ancien. pas le nostalgique, non, mais plutôt ce que l'on nomme la petite histoire, l'histoire locale, les rubriques anecdotiques.
    Chez moi (ma famille, mon village, ma ville, ma région) cela fait florès. Alors je cueille à tout vent les brochures, affiches, vieilles photos, témoignages, qui me touchent, sans me poser de questions du genre "pourquoi ça me touche".
    Pour en revenir à mon blog : Je vais vous proposer désormais, de temps en temps, ce genre de chroniques du temps plus ou moins passé ou dépassé.

    * : La "mer", pour les autochtones du sud, c'est la Méditerranée. Pour nous les Bretons la mer c'est toutes les mers, y compris l'Atlantique que nous appelons plus volontiers "l'océan" ... Une anecdote (authentique, sinon ce n'est pas rigolo) : J'engage, en barbotant dans l'eau tiède, une conversation avec une dame venant de Lens (Pas-de-Calais), qui trouve l'onde assez froide ! Alors je lui suggère, afin de goûter la différence de venir se baigner près de chez moi, près de Quimper, dans l'Atlantique, quôa. Sa réponse : "Ah mais ... ce n'est pas l'Atlantique, ici ?"
    Tout à fait vrai. Je ne nageais pas, sinon j'étais bon pour la tasse, avec mon fou-rire.
    Encore une que le temps n'a pas épargnée ...
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  • Ahurissant,

    Bêtifiant,

    Ce scénario

    Délirant ...

    Emotions ?

    Fadaises

    Gargantuesques,

    Honteuses,

    Idiotes.

    Jargon,

    Karaoké,

    Lénifiantes

    Mièvreries,

    Navet.

    Obscénités

    Paralysantes

    Qui provoquent.

    Rouges

    Sourires,

    Tonitruant

    Univers,

    Vaines inspirations,

    Waterloo ...

    Xénophon trahi,

    Ys dernier voyage,

    Zeus rit.

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  • Voir la Bretagne, et ...

    J'ai été touché par cet article paru dans "Nice-Matin, et relayé chez moi par Ouest-france et le Télégramme :

    L'âge très respectable de cette dame, et surtout le fait d'exprimer si tendrement son souhait ultime ... Cela m'émeut.

    Et, même si le Mont-Saint-Michel n'est pas en Bretagne, c'est vrai, ici on s'en contrefiche, non ? 

    Alors, Bretons et Normands, et gens de partout finalement, on lui envoie une carte ou un mot gentil ?

    Envoyez vos cartes postales à l'adresse suivante : 

    Nice-Matin, service digital,

    à l'attention de Maryse Lancioni

    214, Boulevard du Mercantour  06290  NICE

    MERCI POUR ELLE !

     

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  •  

    Je m'étais « mis devant l'ordi » ce jour là et j'entamais ma tâche quotidienne et matutinale de dépouillement de mes messages de la nuit.

    J'en étais à la lecture de mon journal habituel, lorsqu'une musique curieuse se fit entendre, envahit mon bureau, insistante, puis rapidement obsédante et même franchement insupportable.

     https://www.youtube.com/watch?v=7wPHatt72_Q

    Ce gars avait osé ! Il avait brisé le tabou : Il avait adapté une œuvre classique à l'instrument habituellement inadapté à ce genre musical ! Adapté, ou assassiné ?

    Le pire (ou le meilleur ?) est que finalement ça sonnait bien, et que si ça ne durait pas trop longtemps, ça pouvait devenir un plaisir !

    Mais… Quelle idée ? Comment avait-elle pu germer dans son cerveau ? Une expérience ? Un défi ? Une provocation ? Ou recherche de nouveauté ?…

    Je lui posai la question bien sûr, n'y tenant plus. Aussitôt il a sorti d'un tiroir une radiographie qu'il m'a tendue, déclarant : « Voilà, oui, je suis habité, nourri, par les différentes musiques, et je tente de leur donner une unité de lieu et de temps, tout en conservant le mieux possible leur personnalité et leur originalité.

    Attention, sortilège !

    Utopie? Blague ? Du n'importe quoi ? Aller me faire soigner ? Qu'en penses-tu ?

    Et vous, qu'en pensez-vous ? »

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    17 commentaires
  •  

    Il vaut mieux lire ceci avant d'écrire ...

     

    "Chaque fois que tu trempes

    ta plume dans l'encre,

    un morceau de ta chair reste

    dans l'encrier."

    Léon Tolstoï

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  •  

    La porte Tourville.

     

    Tiens, c'est vrai, je m'appelle en effet « porte ». Mais je ne suis pas une porte ordinaire, en bois, dans une maison, servant uniquement - oserai-je dire « bêtement » ? - de passage, autorisé ou non, entre deux pièces. Non. Je suis une des portes majestueuses, métalliques, et même bien protégées - blindées, quoi ! - de l'arsenal de Brest, une des portes de la DCAN (« Direction des Constructions et Armes Navales »). On dit à présent : DCN (« Direction des Constructions Navales ») - on a sans doute rendu les armes... Mais tous les hommes qui me franchissent, matin et soir, continuent d'utiliser le fameux sigle de quatre lettres.

    Je suis la porte Tourville, qui donne accès au bassin à flot, et, plus loin, aux « bâtiments en fer », ainsi nommés au temps où la plupart des navires étaient de bois, et où le fer était exception.

    Tous les matins, à huit heures précises, une sirène me hurle dans la tête, et appelle vers les ateliers tous les arpètes, les ouvriers, les chefs de travaux, les contremaîtres… De temps à autre, pour la forme, les policiers maritimes postés à l'entrée réclament - au hasard, disent-ils - les papiers des travailleurs, et principalement la fameuse carte d'identité nationale. Car ici, point d'étranger : Tout ce qui se passe est strictement militaire, français, et secret…

    Mais on m'a dit que beaucoup de pères aiment tout de même « percer les secrets », un petit peu, le soir à la maison, sous les demandes réitérées de leurs enfants : ainsi, Auguste a révélé à son fils Loïc qu'il a une fois, en une seule semaine, démonté entièrement les moteurs d'une cinquantaine de Vélosolex, pour les nettoyer dans la machine à laver spéciale, avant leur révision… Secret d'État, n'est-ce pas ?

    Le soir, à dix-sept heures trente, la sirène vient sortir de sa torpeur le quartier du Moulin à poudre, du côté de Kérinou, et des groupes sortent en grappe, trottant vers le bus, ou leur cyclomoteur, quelques-uns vers leur voiture. Certains s'attardent traditionnellement au bar « à l'abri de la tempête », désert juste avant la sirène, mais qui s'emplit alors en deux minutes…

    Moi, je me referme lentement, sans jamais grincer (tout est parfaitement entretenu, ici, voyons !)

    Le "polmar"(policier maritime), après un salut militaire, adresse un signe négatif au fils d'Auguste, qui espérait, son Nikon en main, garder un souvenir…

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  • Doisneau : Le regard oblique, 1948

    Madame parle à son mari du tableau qui nous tourne le dos, Monsieur réfléchit, et se fait des réflexions ... 

    - Regarde, Fred : des chiens, des hommes vêtus de tenues rouges du XVIIIème siècle ! Nous sommes gâtés.

    + Regarde, regarde, oui, je regarde, bien sûr, je regarde ... quand je n'ai pas son chapeau devant les yeux. En me déplaçant un peu, vers l'autre tableau, peut-être ? Oui, c'est cela.

    - Et ces chevaux, et ces trompes de chasse !

    + Ces trompes, on ne les entend pas, heureusement. Halte à la cacophonie chasseresse ! Et puis, les chevaux, mouais ... Ceux-là, au moins, arborent un arrière-train plus convenable que le sien, qu'elle ferait mieux de camoufler, cette gourgandine.

    - Oh ! ces chevaux, comme j'aimerais les monter !

    + Heum, heum, moi aussi ...

     

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  • Mordre est facile,

    et ce n'est jamais

    qu'un talent de chien.

    Hervé BAZIN

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  •  

    La dame indignée (Doisneau, 1948).

     

    Madame Le Coz : « Venez voir, Madame Doisneau, mais venez donc voir celle-là, donc, eh ben elle n'est pas gênée !

    Madame Doisneau : - Bof, pas grave, ça, non ? Je ne vois rien ici de choquant, moi.

    Pour vous, oui, mais c'est sans doute parce que je vis à Paris depuis plus longtemps que vous, ma bonne dame…

    - M'enfin, ce postérieur, en plein milieu du tableau, vous trouvez ça artistique ? Et gros, gras, et tout flasque… On dirait un derrière de cheval ! Un joli tableau comme ceux pour les salons, avec des bateaux au bord de la mer, voilà qui aurait été tellement plus beau…

    Madame Doisneau : - Bon, ça change de votre ordinaire, ça c'est sûr. Mais elle a des formes comme on dit, cette femme. À son époque, c'était la mode, cela faisait partie des canons de la beauté, vous savez.

    Madame Le Coz : - en tout cas elle, pour être canon, pfuui… Elle aurait mieux fait de refuser de poser.

    Madame Doisneau : - Mais ... peut-être bien que les hommes, eux, ... apprécient, non ?

    Mme Le Coz : - Ah ben alors, si les hommes apprécient, alors… !

     

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  • 
    
    (
    "Le Télégramme", janvier 2019)

    L'alpaga dans la boutique.

    L'animal, le bougre, a poussé l'opticien, qui n'avait pas l'air content du tout. Puis il a décidé qu'une paire de lunettes lui plairait bien, pour se démarquer dans son troupeau. Choix difficile, au départ : tant de montures … il faut que ça aille à mon museau… Ensuite, les verres : teintés, ou non ?

    L'opticien s'est remis de son accrochage avec l'alpaga :

    - « Je vois que vous avez besoin de lunettes, ma brave bête. Nous allons donc nous occuper de vous. Comment voyez-vous la femme, sur le tableau, en face de vous ?

    - Et bien, assez floue.

    - Alors, regardez bien : c'est moi qui l'ai équipée. Je fabrique des lunettes de toutes sortes, pour n'importe qui…

    - Je ne suis pas n'importe qui, dites donc, Monsieur l'opticien !

    - Et moi non plus, proteste la dame du tableau.

    Mais l'opticien, tout à coup, semble très contrarié :

    - On a besoin, pour des lunettes confortables, d'un nez comme il faut, d'un espace interoculaire  correct, et surtout, pas de poils !

    L'alpaga a compris, la colère monte. Il arrache les lunettes de l'opticien, qui hurle :

    - Non, je ne vous ferai pas de lunettes, non ! Même pas des lentilles de contact ! Allez-vous raser, d'abord, ensuite j'irai vous chercher, dans votre cirque !

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  • Du local, de temps en temps, ça ne fait pas de mal ... 

    sur des sujets tels que le "culturel" (musique, théâtre, ...). Il se passe beaucoup de choses au bout du Monde, et il serait dommage de s'en priver.

    "L'"Emporte-Pièces" est une troupe de théâtre amateur dans laquelle j'ai eu le plaisir de jouer, alors !

    Si vous êtes intéressé(e) par le théâtre, et si vous habitez dans le Sud-Finistère, c'est le moment : un vrai plaisir !

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