• Je me permets (merci, moi !) de vous faire partager ce texte : l'éditorial de Denis Sieffert, dans le journal Politis. Parce que je suis d'accord. parce que je trouve même cela très intéressant. Parce que "l'on est est dix contre une grand foule à penser une même chose, cela ne veut pas dire que l'on a tort" (Ghandi)

    Nuits d'ivresse.

    Pendant quelques heures, l’ordre était comme aboli. Et par qui ? Majoritairement par une jeunesse des banlieues à qui tout est à peu près interdit ordinairement. Que s’est-il passé dimanche dans les rues et sur les places de nos villes ? On a beau aimer passionnément le football, comme moi, on en est tout de même à s’interroger : comment expliquer la disproportion entre la cause et ses effets. Un match de football peut-il surpasser, par le nombre et l’enthousiasme qu’il suscite, la Libération de Paris, sans que quelque chose d’invisible vienne en renfort d’explication ? Tout désordre contient sa part de subversion. Et, dimanche, nos villes ont connu comme une émeute joyeuse. Impunément, on pouvait courir au milieu des avenues en brandissant un drapeau tricolore, et en criant à tue-tête des slogans un brin répétitifs, emprunter dangereusement des sens interdits, monter sur le toit d’une voiture, s’asseoir sur le capot d’un véhicule de police, escalader la statue d’un glorieux assassin galonné de la guerre 14-18, sans risquer plus que de se rompre le cou… Pendant quelques heures, l’ordre était comme aboli. Et par qui ? Majoritairement par une jeunesse des banlieues à qui tout est à peu près interdit ordinairement. Ne serait-ce que l’accès aux beaux quartiers où avait lieu la fête. Et pour fêter quoi ? La réussite de leurs semblables, de Bondy, de Roissy, de Suresnes. Non seulement l’ordre était aboli, mais la hiérarchie sociale était renversée. Sur nos écrans, c’est Emmanuel Macron, dont la politique ruine le mouvement associatif et les collectivités territoriales, que l’on voyait chercher la proximité des Pogba, Ngolo Kanté, ou Mbappé, comme si sa réélection en dépendait immédiatement. On aura évidemment compris que cette journée orgiaque, à Paris comme à Moscou, n’était qu’illusion. Un grand moment d’ivresse. Et je ne parle pas d’alcool, même si la bière a coulé à flots, mais d’ivresse des cœurs. Dès lundi, sur les Champs-Élysées, la célébration était déjà nettement plus ordonnée. Après le passage du car des Bleus, l’illusion a commencé à se dissiper en même temps que les fumigènes. Les buveurs d’espoir se dégrisaient. Une utile soupape sociale retombait lourdement sur la cocotte minute. Si cette débauche de vraie fausse liberté avait pu être tolérée, c’est que l’ordre contesté par les apparences régnait fermement au travers des symboles offerts aux fêtards. La folle banlieue chantait « La Marseillaise » et arborait des drapeaux tricolores. Ce que le sociologue Stéphane Beaud a appelé un « nationalisme bon enfant ». À la télévision, Griezmann et Pogba criaient « Vive la République », tandis que Lloris se réjouissait de voir cette « France unie ». Où est le mal ? Une unité nationale enfin retrouvée. Après les attentats, diront les bonnes âmes, mais aussi après des mois de conflits sociaux. On célébrait l’image d’une France « macronienne » qui, décidément, gagne sur tous les fronts ; on portait au pinacle des jeunes de banlieue devenus riches à millions. Et le peuple des cités était invité à s’identifier à ces héros qui leur ressemblent et leur offrent un si bel exemple. L’image était sans aspérités. Mais on peut aussi voir dans la folle farandole de dimanche un besoin de se libérer d’un carcan social pesant. Une fête et une révolte. Ne parlons pas de la récupération politique. Elle est la loi du genre. La photo d’un Emmanuel Macron exultant après un but français fera plus pour son image que tous les clichés officiels. Et lundi, sur le perron de l’Élysée, nos petits gars, entonnant une « Marseillaise » a capella, turbulents et sympathiques, étaient devenus à leur insu les meilleurs agents de communication du Président. Ils ont d’ailleurs eu droit chacun à la même tape dans le dos, un peu robotique, que Trump et Netanyahou. Notre Président est décidément un affectif. Mais il n’a pas été le seul à profiter de l’aubaine. Vladimir Poutine avait lui aussi beaucoup à faire oublier. Tandis que le président de la Fifa louait la « magnifique » organisation de cette Coupe du monde, les avions russes bombardaient la région de Deraa. Et le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de prison pour s’être opposé à l’annexion de la Crimée, continuait de dépérir après deux mois de grève de la faim. Cette réalité que le football devait cacher n’a fait qu’une très brève incursion dans le spectacle mondialisé, lorsque quatre jeunes du groupe Pussy Riot ont pénétré sur le terrain de la finale. Mais le réel se laisse difficilement oublier. Il est revenu avec une extrême brutalité dès que les Bleus eurent quitté l’Élysée par une porte dérobée… La parution, mardi, du rapport de la commission dite CAP 22 a remis la France à l’endroit : 30 milliards d’économie à trouver dans les dépenses sociales, sur le système de soins, dans le statut des fonctionnaires, et aux dépens de la transition énergétique… (1). Sans même parler de la prochaine réforme des retraites et de l’abandon du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires. Nous avons partagé avec les fêtards quelques instants de bonheur. Heureux de les voir heureux, mais inquiet des lendemains. (1) Le Figaro du 17 juillet.

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  • Intimités.

     

    Écrire un texte à propos de ce qui est intime, ou de l'intimité ?…

     

    « Les sacs à main des femmes sont impénétrables, insondables » dit-on (enfin, ce sont plutôt les hommes qui l’affirment !)

    Maisune sacoche, une pochette, une besace ? (oui, ils sont de plus en plus nombreux à s'en servir), que peut-on y trouver ? Etest-ce si intime ? Sans nul doute !

    Alors, allons-y, explorons le bazar :

    En toute priorité, un paquet de mouchoirs en papier, lorsque l’on est enrhumé chronique, ou allergique au pollen.

    Un portefeuille, qui, à lui seul, conserve une bonne partie de notre vie : Carte d'identité (qui êtes-vous, où êtes-vous né(e), quand, où habitez-vous, et, ne l'oublions pas, votre sexe, car ce n'est pas toujours évident).

    Passeport (tiens, c'est un voyageur qui sort de l'espace Schengen !)

    Un permis de conduire (tiens, il a le permis voiture et le permis moto, et il les a obtenus deux semaines seulement après son 18e anniversaire !)

    Sa carte d'électeur (selon l’individu : « ça peut toujours servir », ou « c'est un droit et un devoir »).

    Un porte-cartes (les associations, les magasins, les cartes de fidélité) mais en général sa femme en possède déjà une valise.

    Un mini-parapluie, parce qu'il habite en Bretagne et ne supporte pas les chapeaux.

    Ses ordonnances médicales, ainsi qu’une carte de sa mutuelle permettant la délivrance de ses médicaments à l'étranger. Il a bien sûr noté leurs noms dans la langue du pays !

    Un petit pilulier acheté à Barcelone (une crise peut toujours survenir, sans prévenir). Hypocondriaque ? si peu !

    On peut dénicher aussi un petit calepin et un stylo (il écrit souvent, en douce, sur un marché, dans un bar ou tout espace public, lorsqu'il entend une « brève » amusante ou une réflexion particulière, qui se retrouvera, en version édulcorée ou ravageuse, un texte de son cru). Quelques mots-souvenirs valent souvent bien mieux qu’une photo, dans le cas présent. Et question discrétion …

    Ah oui, un porte-monnaie, aussi. Mais il ne s'en sert presque jamais. Non pas qu'il soit avare, mais parce qu'il ne veut pas être puni pour « délit de vagabondage ». Il se demande d’ailleurs si cela existe encore ...

    Bien en vue, en double, au fond de son sac ainsi que dans son portefeuille, une carte avec la mention « Important » écrite en rouge, qui indique le nom d'un de ses médicaments à signaler en urgence en cas d'apparition de symptômes précis (dont il a appris la liste par cœur, bien sûr) … Il ne se sent donc parfois en sursis, en navigation permanente entre les salles d'attente, l'hôpital et la vie tout court (ou toute courte), mais … Là, cela devient vraiment intime, non mais !

    Finissons par l'incontournable : Un livre l’attend fidèlement au fond de la besace, point d’attache précieux lors des voyages en trains ou des attentes diverses, et efface bien mieux l'ennui que le Paris-Match ou autres « Jours de France ». Si la concentration nécessaire à une bonne lecture est rendue impossible par le bruit ambiant : le MP3 chargé de classique et de jazz, les oreillettes, et hop !

    Ouf, terminé !

    Mais … il en reste, et il en restera, car il faut bien, tout de même, un jardin secret, à l’entrée strictement interdite à quiconque !

     

    ............  

     

    Et puis … non.

    Je ne peux pas, ce matin, me « taire », car je suis (avec ma femme) particulièrement désemparé, perdu comme un enfant. Nous revenions d'un séjour d'une semaine à l'autre bout de la France, chez notre fils. Nous avions confié à un chenil notre chienne Taquine, notre charmante et charmeuse petite westie (vous savez, le chien de la pub « César »). Nous avons été choqués par l'avertissement plusieurs fois répété « vous savez, c'est un chien en fin de vie ... »

    Mais nous avons fait la sourde oreille, ou alors n'était-ce pas évident à nos yeux ? Et puis, « nul n'est plus sourd que celui qui ne veut point entendre », n'est-ce pas ?

    Toujours est-il que … En trois jours, elle a beaucoup perdu, surtout le tonus dont elle faisait preuve.

    Seize ans. Oui, c'est vieux. Oui, c'est normal. C'est la vie. Et la mort fait partie de la vie.

    Le véto nous a expliqué (mais nous avions compris, car Taquine était notre quatrième chien) que la moins mauvaise des décisions à prendre était de devancer une mort certaine dans un bref délai.

     

    « Intimités », oui, et je n'y entrerai pas ici. Juste le désarroi, l'incompréhension, et même, durant un moment, la colère.

    « On » ne pouvait pas la/nous laisser tranquilles ? Qu'avait-elle fait ? Quelles fautes nous valaient-elles ce malheur ?

     

    Et puis, le visage très pâle, et en pleurs, nous l'avons caressée, longuement, avant de la laisser. Je vous jure que j'ai vu un doux sourire, et que j'ai senti sous ma main comme un petit souffle de plaisir.

     

    J'ai saisi alors ma sacoche, la serrant très fort. Un chien en or.

     

    Loïc

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  • Un vieux puits.

    Un vieux puits

     

     

    Françoise nous a demandé d'écrire, en nous inspirant de la découverte de ce puits au milieu d'une clairière, une histoire « plutôt gore » …

     

    « Chut, les enfants ! Et taisez-vous, aussi, tout le monde .

    Nous approchons, dans ce lieu à l'allure pourtant plutôt idyllique, du « puits maudit » ; nous risquons de les froisser et de les mettre en colère.

    Qui donc ? Mais … les morganes, voyons ! Toute la descendance de la fée Morgane, la maléfique. Celle qui vit dans l'eau de l'océan et peut aussi se présenter sur terre, amphibie et immortelle. Et surtout, très méchantes.

    Je croyais que les fées étaient toujours bienveillantes ?

    Oh ! que non, malheureux ! Des esprits torturés, machiavéliques, qui jouent la terreur sous l'aspect de très belles femmes attirantes, irrésistibles, piégeuses, comme les sirènes de l'Odyssée … Ne vous éloignez plus, car leurs serviteurs, les trolls et les korrigans, ne tarderaient pas à vous anéantir. C'est de qui est arrivé au fils du Comte de Leurbrat, un soir d'hiver. Revenant de la ville, il s'égara dans la forêt, marcha, longtemps, jusqu'à en être exténué. Il aurait alors été envoûté par un chant magique … Les morganes l'auraient entouré, encerclé, se serrant contre lui, prisonnier. Elles l'auraient ainsi réchauffé, ébloui jusque l'aveuglement que provoque l'émotion du désir inassouvi …

    - 'On l'aurait, il aurait' … Comment peut-on supposer tout cela, comment peut-on inventer cette légende ?

    Ce n'est pas une légende ! proféra soudain une voix grave, derrière lui. C'est mon œuvre, petit mortel ! Je suis Morgane, je surveille cet endroit ! A présent, viens donc, approche-toi, jeune homme, regarde, scrute un peu le fond du puits ...

    Et il s'avance, et sans hésiter monte sur la margelle … « Un corps, un squelette ! » s'écrie-t'il. Non, avec toi cela en fera au moins deux ! »

    Un rire épouvantable, infernal, s'élève au fond du bois. La lune éclaire d'un rayon blafard l'ouverture béante du puits, d'où s'échappent des bruits de bulles et des effluves pestilentiels.

    L'Ankou peut maintenant s'approcher. Il embrasse Morgane et tous deux, tels des amoureux intemporels, disparaissent hors de la clairière.

    Embrassades fougueuses, rires démoniaques …

    *L'Ankou, voir ICI

     

    Loïc

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  • Le cheval du Papet.

    Il n'est plus avec nous, le Papet. Mon papet, respecté et adoré dans la grande famille dont il était le patriarche. Nous parviendrons, j'en suis certain, à nous en remettre : C'est lui qui nous avait initié au code, un code secret, pour qu'il continue à vivre en nous. Il nous avait appris, surtout, à tout relativiser, à classer tout ce qui se présente, reléguant le futile dans les éléments indésirables et polluants. Aussi, j'ai d'autant plus apprécié son testament-cadeau : son cheval, ce qu'il avait de plus cher ! Une émotion intense, un présent incomparable. Mon Papet, il était mon Papet pour moi tout seul. - « Il ne faut pas être égoïste, tu sais ! », m'aurait-il sermonné. Mais je sais, maintenant, qu'il faut, de temps en temps, savoir être égoïste. Et que cet apprentissage est long et difficile. Je me le suis approprié, entièrement, intimement, viscéralement, Crin-Blanc. Il était en pleine force de l'âge. J'ai eu l'idée (saugrenue) de le nommer Fernandel, à cause du film et de la chanson de Brassens. Mais Papet l'avait déjà nommé, et cela c'est sacré. Au rond de longe, il m'éblouissait de sa beauté, de sa belle allure, et il m'ensorcelait par ce qui ressemblait si fort à des sourires … J'ai grandi, j'ai mûri sans doute, et j'ai gardé pourtant envers le cheval de Papet (le mien?) une attitude d'enfant, et mes regards débordants d'admiration et d'amour. Oui, l'amour. Il m'a invité un jour à venir vivre chez lui, au sein de la Camargue. Je n'ai fait ni une ni deux. J'ai été adopté par ses camarades, et me voici qui chevauche Crin-Blanc . Je suis gardian, près d'Aigues-Mortes. Papet, c'est certain, arbore de là où il est son plus beau sourire malicieux : Merci, Papet.

    Loïc

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  • Un lieu magique pour des passionnés (clic) 

    « - Dis-moi, Chenoa, je t'ai déjà dit de ne pas fréquenter n'importe qui, je crois ?

    Mais … ces gens ne sont pas n'importe qui ! Ce sont des écrivants, passionnés, et, encore mieux, des amoureux des animaux !

    Ah bon ? Alors, commence par ne pas hennir en me parlant, ils n'y comprennent rien. Et n'essaie pas de pratiquer ta langue indienne : ce serait encore pire !

    Encore pire … Tu cherches vraiment à me vexer, dis donc …

    Oh ça va … Arrête tes simagrées, maintenant, et … redressons-nous : Ils arrivent, ils arriiiiiivent !

    https://www.harasdelamerblanche.com/

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  • Encyclopédie personnelle

    « J’invente un article d’encyclopédie pour un nom formé par une juxtaposition de syllabes… »

     

    TIBRUISISTOR (Urbain) Bécon, 1905; Mururoa, 1999. Physicien français, ayant voué son existence à la recherche expérimentale des phénomènes électro-acoustiques. Souffrant dès sa plus tendre enfance d’une intolérance au vacarme de son village, il s’ingénia à tordre dans tous les sens des sonotones, pour inverser leurs propriétés intrinsèques. Ainsi, tous les bruits, même les plus petits, se trouvaient étranglés… Après son décès, on apporta des améliorations à son invention: les bruits désagréables furent non seulement très assourdis par la torsion des sonotones, mais de plus ils étaient transformés en sons agréables, qui donnaient aux auditeurs l’envie de danser en se trémoussant… : Le transistor était né.

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  • Des chaussures merveilleuses.

     « Tu as vu, Mémée, comme elles sont belles ? demandait-il sans arrêt à sa grand-mère. • Oui, mon chéri, elles sont magnifiques ! Il arborait fièrement des chaussures de marche, que son papa venait de lui offrir. • « Je ne les quitterai plus, je les chouchouterai, et … une marche tous les dimanches, au moins, avec vous, sans protester ! » Une jolie tige qui montait haut à l'arrière, un dessus plein cuir, et - cerise sur le gâteau – des magnifiques lacets, rouges et blancs, qui se croisaient savamment dans des crochets impressionnants … Il n'en revenait pas. Son père lui avait expliqué que c'était là un cadeau à l'occasion de l'arrivée du petit frère. Maman était rentrée, le matin-même, de l'hôpital, car - on le lui avait affirmé – elle était « tombée dans l'escalier ». On ne parlait pas de ces choses-là aux enfants, en 1959. A sept ans, le pauvre n'avait pas vu (ou voulu voir?) qu'elle attendait un bébé ! De marches en marches, de sorties en sorties (car elles "firent longtemps") ces chaussures devinrent ses amies, ses confidentes même. Les circuits s'allongeaient régulièrement, son entraînement l'incitait à persévérer, et il y prenait un plaisir indicible . Il leur avait donné un nom : « Mes chaussures qui courent vite ». Et lorsqu'il les avait chaussées, il était débordé par l'émotion quand les lacets faisaient des boucles qui devenaient les yeux de son petit frère ...

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  • Hache et billot, un dialogue en guise de petite fabulette

    Hache et billot

    « – Bon, billot, tu es prêt ? – Oui, prêt. – Bourreau, fais ton office. Mais… Pose bien sa tête comme il faut, donc ! –  Merci, hache. Et toi, future victime, allonge bien ta nuque sur moi, il n'y en a plus pour très longtemps. – Je m'impatiente, vous savez ! J'ai encore du pain sur la planche, moi ! –  Euh ... J'ai senti la hache qui tombait, mais rien… Ça n'a pas l'air de marcher. Il y a quelque chose qui tourne pas rond, j’y retourne immédiatement – Tu es trop dur, billot. Ça rebondit. Il faut te détendre. Eh ben ! on est bien, tant pis, on passe au suivant. Pas coopératif, lui. D'ailleurs je vous l'avais bien dit, qu'il n'était pas coupable … »

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  • à Lizio (56), le poète- ferrailleur Robert Coudray

    https://www.poeteferrailleur.com/

     

    « Créer sa vie »

    Créer sa vie. ou SAGESSE, sous forme d’acrostiche.

    Salomon, ou Saint-Paul,

    Antiques prédicateurs,

    Guides de nos vies,

    Eradicateurs de toutes nos fautes.

    Silences obligés, réflexions étouffées,

    Sagesse que j’ai choisie, ou pas,

    Éléments bâtisseurs de notre confort social et mental. 

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  •  Dans "Pelotes et miroirs" - Patricia Cartereau et Ludovic Degroote

    Tête-bêche.

    Elles se font face, tête-bêche. L'une est une victime d'un orage : rougi, blessé, le tronc déchiré, l'arbre essaie de lutter encore un peu pour résister à sa disparition programmée. Il est peu à peu envahi par une jeune fougère, qui semble venir du ciel. Frêle et résistante à la fois, elle gagne de la place, s'incruste dans les dernières branches. L'arbre foudroyé la laissera vivre sa vie, s'effacera devant elle, s'en faisant une amie, compréhensive, chaleureuse, pleine de gaieté dynamisante.

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  • Koalas,

    Otaries

    Ululent de concert,

    Tentent de nous séduire.

    Chatoyantes couleurs,

    Héroïnes

    Enfouies sous les roches,

    Vaines apparitions,

    Silences tonitruants.

     

    Kes aco, dis donc ?

    Y fallait tout de même l'oser !

    Loïc R.

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  • J'ai un trou

     

    « Qu’y a-t'il dans un trou ? »

     

    Ne prenez rien, disposez autour, délicatement, tout ce que vous voulez : ça y est, vous avez un trou.

    Un trou de mémoire, c’est une bouche d’aération dans un cerveau ramolli.

    Dans un trou il y a souvent un soldat déchiqueté.

    Dans ce trou, tu sautes pour ne plus t’en sortir.

    Dans ce trou, c’est moi qui tombe et gesticule, et me réveille.

    Le trou de la Sécu est celui des fins de mois et du désespoir sans fond.

    Dans le trou du souffleur, il y a une montagne de notes de musique, et un homme essoufflé.

    Dans le trou noir, il y a un enfant puni qui panique, dont les yeux bleus tentent de faire jaillir la lumière.

    Dans ce trou, il y a le pays des merveilles.

    Dans le trou du ticket, il y a une foule qui se presse et des morceaux de carton qui vont bientôt pourrir dans les poches.

    Dans ce trou dans l’eau, il y a le regard désespéré de celui qui se noie.

    Dans ce trou perdu, il n’y a rien, rien, vraiment rien.

    Dans ce trou, il y a des mythes, et des mites qui les rongent.

    Dans ce trou, il y a un vide sidéral, car je manque d’inspiration.

    Loïc

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  • Orage, de Patrice Koutchevsky.

    Je contemple ce tableau, et j'y associe une histoire.

    "Orage" - publié avec l'autorisation du peintre.

    "Nous remontons, capitaine, nous sommes en surface. Je sors le périscope.
    – Bon, nous voici hors d’affaire ; nous ne sommes pas loin des côtes africaines, j'espère qu'ici nous serons hors de portée de ces pirates, nom d’un chien de tonnerre de Brest.

    Mais… Capitaine, notre bateau est bien… un sous-marin, dites-moi ?
    – Évidemment, moussaillon !
    – Alors, je n’ai pas la berlue, mais là je crois bien que j’ai perdu la raison : Deux animaux de la brousse à la mer ! À babord un éléphant, à tribord une antilope ! Regardez comment l'éléphant nage bien, et vite ! Oh, l’antilope … Non, les Dupondt, ne tentez rien, lâchez cette bouée ; elle est perdue, la malheureuse.
    – Mais comment fait-il pour flotter, ce pachyderme ?
    – Hé hé … La poussée d'Archimède, voyons !

    La pauvre antilope, affolée, pensait y échapper, mais elle est affolée. Comme nous, elle est prise dans le tourbillon des combats, dépassée, submergée, c'est la fin, c'est notre fin. Que pouvons-nous nous y faire ?
    – Rien, voyons, moussaillon ! récupérons Milou, et en plongée toute, vite !"

    Loïc R.

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