• AEIOUY

     

    Mais qui sont-elles, les voyelles, et que font-elles ?

    Elles ne sont pas des matrones, en tout cas, comme les consonnes !

    Elles tournent et virevoltent sur des ritournelles, 

    Sous le soleil ou lorsque le ciel tonne.

    N'avez-vous jamais pensé à ceci :

    Les voyelles sont souriantes, toujours, partout,

    Même sous la plume des puissants irresponsables.

    Elles sonnent joliment à nos oreilles,

    Et n'annoncent que du beau, du gentil, du bonheur,

    Légèreté, insouciance, même si on choisit un ton grave

    Et solennel, pour le A ou le O.

    Le U, lui, est autonome, souvent indépendant,

    Et hélas parfois exubérant et fantasque,

    Comme le U (ou l'U?) du Roi Ubu

    Ou celui du président Trump

    Avec sa fâcheuse tendance

    A se déguiser en Ô

    Avec un accent circonflexe qu'on ne retrouve pas

    Pourtant – ah quels coquins ces deux-là - dans le mot 

    « idiots ».

     

    « Vous n'avez pas, monsieur, évoqué le Y » !

    Bon, alors … Les yeux du Y me demandent :

    « Que radotes-tu, toi ? »

    Je ne m'y retrouve plus, plus du tout …

    Mais suis-je vraiment une voyelle, ou fais-je bande à part ?

    Cryse d'identité, donc, avec un Y, dans cryse.

     

    Ah ! Mais oui, c'est normal, j'avais oublié le I !

     

    Loïc

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  • L'araucaria, un arbre classé remarquable

    ARAUCARIA (ou « arbre au singe »)

     

    Sur cette photo, je vois …

    Au premier coup d'oeil, un museau, et deux yeux.

    Une lourde tête, à la carapace tourmentée et tortueuse. Serait-ce une tortue, ou un rhinocéros,

    ou un de ces lézards en kekchozensaure ?

    Attention : Il (ou elle) tourne la tête ! Gare aux éclats, aux morceaux de … de quoi, au fait ?

    Le pauvre, il doit souffrir, c'est atroce.

    Y a t'il un dermatologue dans la salle ?

     

    Ce fut aujourd'hui la reprise de l'atelier « l'Ecume des mots » : Rentrée joyeuse et chaleureuse, car les retrouvailles étaient à la hauteur des attentes !

     

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  •  

      

    D'abord, une info, dans "le Télégramme":

     

    Et puis des explications (?), dans "Science et Avenir":

    TRANSFORMATION. Dans notre assiette, le homard arbore une belle couleur rouge-orangée. Pourtant, avant de passer à la casserole, la carapace de l'animal est d'un bleu sombre. Un phénomène qui titille la curiosité des scientifiques depuis des dizaines d'années, sans que ceux-ci parviennent à percer entièrement le secret de cette mystérieuse transformation. C'est désormais chose faite ! Une équipe internationale  vient en effet d'identifier le processus chimique à l'origine de cette métamorphose.

    Les chercheurs savaient déjà la carapace du homard riche en astaxanthine. Ce pigment orange de la famille des caroténoïdes se retrouve chez différents crustacés, le plancton, certaines micro-algues et des poissons comme le saumon, ou même dans des plumes d'oiseaux. Chez le homard, il interagit avec une protéine, la crustacyanine, pour donner une couleur bleue qui contribue à camoufler l'animal aux yeux de ses prédateurs. Mais, à la cuisson, la protéine se délite, libérant l'astaxanthine qui, de ce fait, redevient orange. 

    Le pigment orange de sa carapace devient bleu lorsqu'il interagit avec une protéine

    La crustacyanine arrache des protons au pigment, entraînant son changement de couleur. Crédit : Shamima Begum / Physical chemistry chemical physics.

     

    THEORIES. Restait à comprendre comment l'interaction avec la protéine modifiait la couleur du pigment. Plusieurs théories avait été émises, mais des études récentes ont montré qu'elles ne permettent pas d'expliquer entièrement le changement observé. Selon John Helliwell, un chercheur de l'université de Manchester (Royaume-Uni) ayant participé à cette nouvelle étude, l'énigme a finalement été résolue. Lorsque les deux molécules sont liées entre elles, la crustacyanine arrache plusieurs protons au pigment, modifiant ainsi sa densité électronique... et par conséquent sa couleur. 

    L'attrait gastronomique pour le homard n'est pas la seule raison qui motive les scientifiques à s'intéresser à cette question. Depuis une dizaine d'années, l'astaxanthine attire en effet l'attention pour ses qualités antioxydantes, qui en font un composé d'intérêt pour la cosmétique mais aussi l'industrie pharmaceutique, avec des applications dans le traitement des maladies cardiovasculaires ou du cancer. De quoi déclencher l'appétit des chercheurs.

    Euh ... Vous n'auriez pas une aspirine ?

     
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  •  

     

    Après leur séjour à Quimper, les loups, après prolongation pour cause de bonne conduite, vont quitter notre bonne ville.
    Mais nous ne les oublierons pas, et surtout les enfants !
    Pour nous les Grands, un appel, dans "Le Télégramme" du jour, pour continuer à rêver ...
    Loïc

    Le musée du loup, au Cloître Saint-Thégonnec (29)

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  • AUTOMNE (René-Guy CADOU)


    Odeur des pluies de mon enfance
    Derniers soleils de la saison !
    A sept ans comme il faisait bon
    Après d’ennuyeuses vacances,
    Se retrouver dans sa maison !

    La vieille classe de mon père,
    Pleine de guêpes écrasées,
    Sentait l’encre, le bois, la craie
    Et ces merveilleuses poussières
    Amassées par tout un été.

    O temps charmant des brumes douces,
    Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,

    Le vent souffle sous le préau,
    Mais je tiens entre paume et pouce
    Une rouge pomme à couteau.  

    René-Guy Cadou

    Et une rentrée, une ! Mais pas pour nous, instits - ou "professeurs d'école" en retraite !  Depuis  ... houlala, combien d'années ? nous apprécions à leur juste valeur ces vacances éternelles, que certains préfèrent nommer perpétuelles. moi je n'aime pas bien parce que ça fait un peu mortuaire ... En 1993, première rencontre des anciens combattants, juste avant la rentrée des enfants. Mais là non plus, je n'aime cette appellation qui foule la mémoire des autres, des vrais. 

    Ce week-end, quatrième rencontre, à raison d'environ une tous les cinq ans. Mais particulière, celle-ci : en 2018, nous fêtons le cinquantième anniversaire de notre entrée  dans la promotion "Héraclès" de l'Ecole Normale ! Hé oui, calculez nos âges ...

    Et tout cela dans la bonne humeur, l'évocation des (bons) souvenirs, des bonnes rigolades, des surveillants, et les rappels de nos parcours, à coups de photos et de films variés (ah, les diapos et le super8 !). Ceux qui n'ont jamais enseigné, par la suite, se font un plaisir de nous narrer leurs aventures parfois étonnantes. Deux jours complets, denses, desquels nous revenons rassasiés. Chacun va retrouver son chez-soi, chacun dans sa commune; un bel éparpillement dans ce grand département du Finistère.

    Mais la prochaine est déjà dans les têtes : 2023 ! 

    Bon courage, les élèves et les profs ! Nous pensons à vous (c'est sarcastique, ça ? mais non !)

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  • AH, BREST ...

    Le site de la SEBL, ICI : 

    Les cahiers de l'Iroise

    AH, BREST ...

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  •  

    FICTION

    Gustave_Caillebotte

    Ce sujet d'écriture est proposé par l'atelier MILETUNE 

     

     

    Fiction ? Mais, dites, si c'était vrai ?

     

    Et si … Et si ... c'était vrai ?

     

    Et si nous avions l'esprit léger, l'insouciance de cette époque ? Et si nous étions libres, chaque jour, de barboter entre amis, et de batifoler, innocents, dans la nature ? Fiction ? Mais si, voyons, c'était vrai ! Dites-le moi, que c'était vrai…

    Et si c'était vrai, ces ragots qui circulaient entre deux baignades ? Et si le cousin Mathieu, vraiment, faisait de l'œil et des manières devant ma voisine Paulette ? Et si j'avais eu honte, quand il avait entrepris de l'éblouir par la série de jolis plongeons du nageur confirmé qu'il était devenu ?

    Fiction, aussi ?

     

    Et si – et c'était bien vrai – elle n'avait d'yeux que pour lui ? Elle s'appliquait à lui parler de sa voix suave, pleine d'admiration et de ce que je ne nommais pas encore l'amour ? Fiction ? Ou alors ... je perdais la raison ? Et si c'était vrai ... Confronté à ma rage, impuissant et recroquevillé dans mon infériorité, je me donnais en spectacle, je me hissais péniblement, en glissant,

    sur la rive ?

     

    Et si c'était vrai, qu'après le quatrième plongeon de Mathieu, quand Paulette continuait de rire et de le féliciter, je me suis approché et j'ai saisi cette grosse branche…

    .........................

    Paulette et moi nous nous étions perdus de vue. Long emprisonnement. Interminable chemin vers une rédemption impossible.

    Mais … Vrai ? Elle m'est apparue, sur la plage couverte de monde. Les années 50, la libération des mœurs… : Autour de moi, beaucoup de jeunes femmes, et cette mode du bikini. Mon regard tentait de les éviter, un vertige m'envahissait…

    Vrai … ou pas : Je lui ai crié, de loin : « Rappelle-toi, Paulette, quelle allure, avec nos maillots de bain ridicules ! » Fiction ? ...

    Et ce fut bien vrai : nous avons franchi tous les corps allongés, puis nous avons couru le long des vagues, nous sommes jetés dans les bras, et nous nous sommes couverts de baisers.

     

    Incongru, déplacé, indécent, même ?

    Oui, mais… C'était vrai, c'était vrai, c'était vrai.

     

    Loïc Roussain

    Ecrimagineur.eklablog.fr

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  •   

    Pas de grand discours (ou sermon ?) :

    Juste de la lecture :

    https://fr.wikihow.com/devenir-pastafarien

    http://www.histophilo.com/mouvement_rastafari.php 

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  •  

    Harmonie Voice, un ensemble très soudé.
    Harmonie Voice, un ensemble très soudé.

    Le groupe vocal fouesnantais Harmonie Voice donnera un concert dimanche 19 août, à 18 h 30, à la chapelle Saint-Guénolé. Sous la direction de leur chef de chœur, Patricia Dupont, les artistes se produiront a cappella ou accompagnés à la guitare. Composé de Caroline Tifé, Delphine Acolat, Stéphanie Colin, Yves Glémarec et Patricia Dupont, Harmonie Voice proposera un répertoire éclectique composé de chansons allant de l’ancien à l’actuel, ainsi que du traditionnel et quelques gospels. Tous les titres choisis sont arrangés et harmonisés à plusieurs voix par Patricia Dupont. Un hommage sera également rendu à Maurane et France Gall. Gratuit.

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  • Je relaie ce matin cet 

    appel pour un sauvetage

    lancé par Almanito sur son blog.

    Elle et nous comptons sur vous

    pour le diffuser, bien sûr,

    autant de fois que vous pouvez le faire.

     

    Excuse-moi, Chat,
    d'avoir encore une fois 
    calomnié ton espèce ...
    C'était pour un exercice d'écriture,
    un de ces lieux où l'on doit "pondre" un texte 
    en un temps donné, vite même,
    trop pour être honnête.
    Trop pour éviter de faire du mal, 
    sans le vouloir, sans que jamais 
    l'on vous le dise ...
     
    Excuse-moi, petite fille de Kaly, 
    ne déchire pas ton origami :
    Ton Chat à toi

    vivra toujours dans ton coeur. 

     

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  •  

     

     

    Un petit vent chaud souffle au dehors, et les branches légères bruissent, accompagnant le froufrou des pages du gros livre de l'enfant. La mère, derrière le muretin en briquettes rouges de la cuisine, observe, et écoute . Le père et son fils dialoguent à voix basse, dans la fraîcheur du salon bien ombragé.
    L'enfant feuillette une anthologie de poésie. Aujourd'hui, ils ont choisi l'Espagne. Le père parle doucement de Federico Garcia Lorca, puis se perd un peu dans des digressions sur la littérature portugaise, les textes de fado, les chansons d'Amalia Rodriguez.
    Retour dans l'Espagne de Paco Ibanez, de Cervantès, de la Valle de los Mortes, du Caudillo Franco... Puis tout se mêle, et le père raconte quand l'enfant, à Tolède, courait en pleurant derrière le car des touristes, qui ne voulaient pas de ses abricots.
    Autour d'eux, pas de décor, rien. Nul besoin. Tout est imagination, rupture avec le réel, plongée dans la page. L'enfant hésite entre pleurs et sourires, car le discours de son père vacille aussi du rire aux larmes, de la nostalgie à la joie simple. L'enfant ne dit presque rien. Il approuve de la tête, ou alors ses yeux posent les questions. Il pousse parfois un petit cri de plaisir, ou pouffe doucement.
    Ensuite, Pablo et Orlando, les deux Manouches, "s'écouteront", comme ils disent, un Django Reinhardt...

    Loïc Roussain

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  •  

    Mais on ne nous dit pas ce que ce voisin lui avait fait : Peut-être le méritait-il ?*

    Nous (vous ?) pouvons (ez) tout imaginer ...

    Qui devons-nous prendre en pitié ? le(s) voisin(s), la femme, ou ... Verdi ?

    J'ai fait le calcul : Cet extrait a été diffusé  pendant 93440 heures, ou 5840 jours. 

    L'extrait en question (ici) dure environ une minute.

    Cela nous donne un nombre de diffusions de ...

    5.606.400 !

    * réaction de gros macho, évidemment !

     

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  • Je hais les chats !!!

    Chat va pas ?



    Fi de ce maudit
    Petit Mistigri
    Trop nourri par mon ami Mimi !
    Il me fixe, le perfide !
    Mi, mi, mi, ah, où a filé ce tigre
    Qui a commis son pipi, tel un Mississipi,
    Sur mon tapis ?
    Hier, aujourd’hui, je pâtis,
    Sans répit, de vider
    Mille litières ennemies et honnies…
    Si je le saisis, il vibre,
    Electrique, excité, hirsute,
    Irradiant, ridicule…
    Hi, hi, hi, Hallali
    Sur ce Raminagrobis haï !

     

    Loïc R., nov 2002

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  • Je me permets (merci, moi !) de vous faire partager ce texte : l'éditorial de Denis Sieffert, dans le journal Politis. Parce que je suis d'accord. parce que je trouve même cela très intéressant. Parce que "l'on est est dix contre une grand foule à penser une même chose, cela ne veut pas dire que l'on a tort" (Ghandi)

    Nuits d'ivresse.

    Pendant quelques heures, l’ordre était comme aboli. Et par qui ? Majoritairement par une jeunesse des banlieues à qui tout est à peu près interdit ordinairement. Que s’est-il passé dimanche dans les rues et sur les places de nos villes ? On a beau aimer passionnément le football, comme moi, on en est tout de même à s’interroger : comment expliquer la disproportion entre la cause et ses effets. Un match de football peut-il surpasser, par le nombre et l’enthousiasme qu’il suscite, la Libération de Paris, sans que quelque chose d’invisible vienne en renfort d’explication ? Tout désordre contient sa part de subversion. Et, dimanche, nos villes ont connu comme une émeute joyeuse. Impunément, on pouvait courir au milieu des avenues en brandissant un drapeau tricolore, et en criant à tue-tête des slogans un brin répétitifs, emprunter dangereusement des sens interdits, monter sur le toit d’une voiture, s’asseoir sur le capot d’un véhicule de police, escalader la statue d’un glorieux assassin galonné de la guerre 14-18, sans risquer plus que de se rompre le cou… Pendant quelques heures, l’ordre était comme aboli. Et par qui ? Majoritairement par une jeunesse des banlieues à qui tout est à peu près interdit ordinairement. Ne serait-ce que l’accès aux beaux quartiers où avait lieu la fête. Et pour fêter quoi ? La réussite de leurs semblables, de Bondy, de Roissy, de Suresnes. Non seulement l’ordre était aboli, mais la hiérarchie sociale était renversée. Sur nos écrans, c’est Emmanuel Macron, dont la politique ruine le mouvement associatif et les collectivités territoriales, que l’on voyait chercher la proximité des Pogba, Ngolo Kanté, ou Mbappé, comme si sa réélection en dépendait immédiatement. On aura évidemment compris que cette journée orgiaque, à Paris comme à Moscou, n’était qu’illusion. Un grand moment d’ivresse. Et je ne parle pas d’alcool, même si la bière a coulé à flots, mais d’ivresse des cœurs. Dès lundi, sur les Champs-Élysées, la célébration était déjà nettement plus ordonnée. Après le passage du car des Bleus, l’illusion a commencé à se dissiper en même temps que les fumigènes. Les buveurs d’espoir se dégrisaient. Une utile soupape sociale retombait lourdement sur la cocotte minute. Si cette débauche de vraie fausse liberté avait pu être tolérée, c’est que l’ordre contesté par les apparences régnait fermement au travers des symboles offerts aux fêtards. La folle banlieue chantait « La Marseillaise » et arborait des drapeaux tricolores. Ce que le sociologue Stéphane Beaud a appelé un « nationalisme bon enfant ». À la télévision, Griezmann et Pogba criaient « Vive la République », tandis que Lloris se réjouissait de voir cette « France unie ». Où est le mal ? Une unité nationale enfin retrouvée. Après les attentats, diront les bonnes âmes, mais aussi après des mois de conflits sociaux. On célébrait l’image d’une France « macronienne » qui, décidément, gagne sur tous les fronts ; on portait au pinacle des jeunes de banlieue devenus riches à millions. Et le peuple des cités était invité à s’identifier à ces héros qui leur ressemblent et leur offrent un si bel exemple. L’image était sans aspérités. Mais on peut aussi voir dans la folle farandole de dimanche un besoin de se libérer d’un carcan social pesant. Une fête et une révolte. Ne parlons pas de la récupération politique. Elle est la loi du genre. La photo d’un Emmanuel Macron exultant après un but français fera plus pour son image que tous les clichés officiels. Et lundi, sur le perron de l’Élysée, nos petits gars, entonnant une « Marseillaise » a capella, turbulents et sympathiques, étaient devenus à leur insu les meilleurs agents de communication du Président. Ils ont d’ailleurs eu droit chacun à la même tape dans le dos, un peu robotique, que Trump et Netanyahou. Notre Président est décidément un affectif. Mais il n’a pas été le seul à profiter de l’aubaine. Vladimir Poutine avait lui aussi beaucoup à faire oublier. Tandis que le président de la Fifa louait la « magnifique » organisation de cette Coupe du monde, les avions russes bombardaient la région de Deraa. Et le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné à vingt ans de prison pour s’être opposé à l’annexion de la Crimée, continuait de dépérir après deux mois de grève de la faim. Cette réalité que le football devait cacher n’a fait qu’une très brève incursion dans le spectacle mondialisé, lorsque quatre jeunes du groupe Pussy Riot ont pénétré sur le terrain de la finale. Mais le réel se laisse difficilement oublier. Il est revenu avec une extrême brutalité dès que les Bleus eurent quitté l’Élysée par une porte dérobée… La parution, mardi, du rapport de la commission dite CAP 22 a remis la France à l’endroit : 30 milliards d’économie à trouver dans les dépenses sociales, sur le système de soins, dans le statut des fonctionnaires, et aux dépens de la transition énergétique… (1). Sans même parler de la prochaine réforme des retraites et de l’abandon du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires. Nous avons partagé avec les fêtards quelques instants de bonheur. Heureux de les voir heureux, mais inquiet des lendemains. (1) Le Figaro du 17 juillet.

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  • Intimités.

     

    Écrire un texte à propos de ce qui est intime, ou de l'intimité ?…

     

    « Les sacs à main des femmes sont impénétrables, insondables » dit-on (enfin, ce sont plutôt les hommes qui l’affirment !)

    Maisune sacoche, une pochette, une besace ? (oui, ils sont de plus en plus nombreux à s'en servir), que peut-on y trouver ? Etest-ce si intime ? Sans nul doute !

    Alors, allons-y, explorons le bazar :

    En toute priorité, un paquet de mouchoirs en papier, lorsque l’on est enrhumé chronique, ou allergique au pollen.

    Un portefeuille, qui, à lui seul, conserve une bonne partie de notre vie : Carte d'identité (qui êtes-vous, où êtes-vous né(e), quand, où habitez-vous, et, ne l'oublions pas, votre sexe, car ce n'est pas toujours évident).

    Passeport (tiens, c'est un voyageur qui sort de l'espace Schengen !)

    Un permis de conduire (tiens, il a le permis voiture et le permis moto, et il les a obtenus deux semaines seulement après son 18e anniversaire !)

    Sa carte d'électeur (selon l’individu : « ça peut toujours servir », ou « c'est un droit et un devoir »).

    Un porte-cartes (les associations, les magasins, les cartes de fidélité) mais en général sa femme en possède déjà une valise.

    Un mini-parapluie, parce qu'il habite en Bretagne et ne supporte pas les chapeaux.

    Ses ordonnances médicales, ainsi qu’une carte de sa mutuelle permettant la délivrance de ses médicaments à l'étranger. Il a bien sûr noté leurs noms dans la langue du pays !

    Un petit pilulier acheté à Barcelone (une crise peut toujours survenir, sans prévenir). Hypocondriaque ? si peu !

    On peut dénicher aussi un petit calepin et un stylo (il écrit souvent, en douce, sur un marché, dans un bar ou tout espace public, lorsqu'il entend une « brève » amusante ou une réflexion particulière, qui se retrouvera, en version édulcorée ou ravageuse, un texte de son cru). Quelques mots-souvenirs valent souvent bien mieux qu’une photo, dans le cas présent. Et question discrétion …

    Ah oui, un porte-monnaie, aussi. Mais il ne s'en sert presque jamais. Non pas qu'il soit avare, mais parce qu'il ne veut pas être puni pour « délit de vagabondage ». Il se demande d’ailleurs si cela existe encore ...

    Bien en vue, en double, au fond de son sac ainsi que dans son portefeuille, une carte avec la mention « Important » écrite en rouge, qui indique le nom d'un de ses médicaments à signaler en urgence en cas d'apparition de symptômes précis (dont il a appris la liste par cœur, bien sûr) … Il ne se sent donc parfois en sursis, en navigation permanente entre les salles d'attente, l'hôpital et la vie tout court (ou toute courte), mais … Là, cela devient vraiment intime, non mais !

    Finissons par l'incontournable : Un livre l’attend fidèlement au fond de la besace, point d’attache précieux lors des voyages en trains ou des attentes diverses, et efface bien mieux l'ennui que le Paris-Match ou autres « Jours de France ». Si la concentration nécessaire à une bonne lecture est rendue impossible par le bruit ambiant : le MP3 chargé de classique et de jazz, les oreillettes, et hop !

    Ouf, terminé !

    Mais … il en reste, et il en restera, car il faut bien, tout de même, un jardin secret, à l’entrée strictement interdite à quiconque !

     

    ............  

     

    Et puis … non.

    Je ne peux pas, ce matin, me « taire », car je suis (avec ma femme) particulièrement désemparé, perdu comme un enfant. Nous revenions d'un séjour d'une semaine à l'autre bout de la France, chez notre fils. Nous avions confié à un chenil notre chienne Taquine, notre charmante et charmeuse petite westie (vous savez, le chien de la pub « César »). Nous avons été choqués par l'avertissement plusieurs fois répété « vous savez, c'est un chien en fin de vie ... »

    Mais nous avons fait la sourde oreille, ou alors n'était-ce pas évident à nos yeux ? Et puis, « nul n'est plus sourd que celui qui ne veut point entendre », n'est-ce pas ?

    Toujours est-il que … En trois jours, elle a beaucoup perdu, surtout le tonus dont elle faisait preuve.

    Seize ans. Oui, c'est vieux. Oui, c'est normal. C'est la vie. Et la mort fait partie de la vie.

    Le véto nous a expliqué (mais nous avions compris, car Taquine était notre quatrième chien) que la moins mauvaise des décisions à prendre était de devancer une mort certaine dans un bref délai.

     

    « Intimités », oui, et je n'y entrerai pas ici. Juste le désarroi, l'incompréhension, et même, durant un moment, la colère.

    « On » ne pouvait pas la/nous laisser tranquilles ? Qu'avait-elle fait ? Quelles fautes nous valaient-elles ce malheur ?

     

    Et puis, le visage très pâle, et en pleurs, nous l'avons caressée, longuement, avant de la laisser. Je vous jure que j'ai vu un doux sourire, et que j'ai senti sous ma main comme un petit souffle de plaisir.

     

    J'ai saisi alors ma sacoche, la serrant très fort. Un chien en or.

     

    Loïc

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