• Pour les "croqueurs de mots" : Combien, combien encore ? / Por "Krokizantoj de vortoj" : Kiom, kiom pli?

    Combien, combien encore…

    Bien placé, aux premières loges, en Finistère,
    Aux bonnes places, pour assister
    Aux désastres, aux naufrages
    Des pêcheurs, des marins de la Royale, des matelots du commerce.
    Type du bateau, cargaison… ?
    Tout le monde ne s’en fout pas, non !
    Pas l’armateur, qui n’était pas présent.
    Ni le capitaine, qui a fui son navire,
    Ni la famille du naufragé, non.
     
    SNSM
    Société Nationale des Sauveteurs en Mer
    HSB
    Hospitaliers Sauveteurs Bretons, c’était mieux.
    La SNSM sauve d’abord l’homme,
    Puis l’embarcation, car elle sera dangereuse pour la navigation.
    « La mer n’est pas méchante »,
    A dit Jacqueline Tabarly,
    en guise de consolation.
    On a répandu ses cendres en mer,
    Mais pas celui de milliers d’autres.
    Tentent de faire le deuil du péri en mer.
    Mais là aussi les décors des bars
    sont faits des étagères des cabines ;
    Injure à la mémoire ?
    Pas dans la culture maritime.
    Décombres macabres
    Des corps engloutis
     Retrouvés défigurés,
    Vandalisés, violés,
    Roches, crabes…
    Décompte de celui des naufrages
    Qui aura fait le plus de victimes.
    Comme pour les accidents,
    Les attentats, les génocides,
    « Celui qui en a le plus est le plus important »,
    Cela devient un jeu, les pauvres autres sont oubliés.
    Décompte… Et ce bar d’Ouessant où s’affiche la carte
    des « naufrages autour de l’île »…
    J’en ai vu si peu, mais honte,
    à vomir, on ne s’en remettra jamais.
    Pleure, plains-toi, révolte-toi,
    Manifestations, ce n’était pas écrit, ce n’est pas le destin !
    Enfin, la création du rail d’Ouessant.
    J’en ai vu si peu !
    Olympic Bravery,
    Amoco-Cadiz,
    Erika ...
    à Portsall, la plaque commémorative du naufrage de l'Amoco Cadiz

    Ancre de l'Amoco Cadiz




    J’ai vu Éric, qui entrait au port
    de Bénodet, trois jours avant de
    « faire son trou dans l’eau ».
    Oceano Nox … (voir ici
    « combien de marins, combien de capitaines… »
    – Combien, combien de…
    Est-ce donc si important, « combien » ?

    ESPERANTO : 


    Por "Krokizantoj de vortoj" Kiom, kiom pli?

    Kiom, kiom pli ...

    Bone metitaj, unua mano, en Finistère,
    Gxustaloke, ĉeesti
    Katastrofoj, vrakoj
    Fiŝistoj, maristoj de la Reĝa, komercmaristoj .
    Tipo de ŝipo, kargo ...?
    Ĉiu ne fajfas, ne!
    Ne la mastro, kiu ne ĉeestis.
    Nek la kapitano, kiu fuĝis sian ŝipon,
    Nek la familion de la dronita, ne.
     
    SNSM
    Nacia Socio de Salvamento ĉe Maro
    HSB
    Savantoj hospitalaj Britonaj, ĝi estis pli bona.
    SNSM unua ŝparas viro,
    Tiam la boato, ĉar ĝi estos danĝera por la navigacio.
    "La maro ne estas malbona"
    Diris Jacqueline Tabarly,
    kiel konsolo.
    Lia cindro estis disvastigitaj sur maro,
    Sed ne miloj.
    Ĉe Ouessant, la krucoj de Proella
    Provante ekfunebros la pereintaj sur maro.
    Sed denove la aroj de stangoj
    bretoj estas faritaj el la kabanoj;
    Insulto al la memoro?
    Ne en mara kulturo.
    Skombroj macabra
    Korpoj glutita
     Trovita malbeligita,
    Vandaligitaj, perfortitaj,
    Rokoj, kraboj ...
    Unu kalkulo de vrakoj
    Kiu faris la plej viktimoj.
    Kiel por akcidentoj,
    La atakoj, genocidoj,
    "Kiu ajn havas la plej estas la plej grava"
    Ĝi fariĝas ludo, la alia malriĉa forgesiĝas.
    Grafo ... Kaj tiu trinkejo Ouessant kie la karto montras
    la "vrakoj ĉirkaŭ la insulo ..."
    Mi vidis tiom malmulte, sed honto,
    vómitos, ĝi neniam rekuperis.
    Vi kriu, plendu,ribelu
    Eventoj, ne estis priskribitaj, ne estas destino!
    Fine, la kreo de Ouessant relo.
    Mi vidis tiom malmulte!
    Olympic Bravery,
    Amoco Cadiz,
    Erika ...
    Portsall, la memorigo plako de la sinko de la Amoco Cadiz

    Ankro de la Amoco Cadiz













    Mi vidis Eric alvenanta al haveno
    Bénodet, tri tagoj antaŭ
    "Fari truon en la akvo."
    Oceano Nox ... ( vidu ĉi tie
    "Kiom da maristoj, kiom da sxipestroj ..."
    - Kiel, kiel ...
    Ĉu tiel grava, "kiom"?
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  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Juillet 2015 à 13:34
    Très émouvant ce texte..La Bretagne a beaucoup souffert..de la perte de ses enfants.. de la pollution exceptionnelle de l'Amoco-Cadix
    Félicitation de pouvoir le mettre aussi en Esperanto
    Merci pour votre participation.
    2
    Lundi 27 Juillet 2015 à 13:34
    Très émouvant ce texte..La Bretagne a beaucoup souffert..de la perte de ses enfants.. de la pollution exceptionnelle de l'Amoco-Cadix
    Félicitation de pouvoir le mettre aussi en Esperanto
    Merci pour votre participation.
    3
    Lundi 27 Juillet 2015 à 14:11
    Une juste réflexion pour un devoir de mémoire indispensable.
    4
    Lundi 27 Juillet 2015 à 16:20
    quel beau travail ! Bravo
    5
    Lundi 27 Juillet 2015 à 16:36
    Grand et sincère MERCI !
    LOIC
    6
    Lundi 27 Juillet 2015 à 16:41
    La mer n'est pas tendre avec les marins et il y a des endroits particulièrement dangereux comme le Finistère. Mais c'est magnifique
    7
    Lundi 27 Juillet 2015 à 18:26
    Excellent billet Loïc, Finistérienne, dont les parents possèdent une maison à l'île de BATZ pratiquement en face de Portsall, nous étions aux premières loges pour l'Amoco... Et avec les tempêtes de début 2014, quand la digue de pors ar rouenn a cédé, nous avons retrouvé des traces de pollution sous les galets.
    L'homme est incorrigible, il va fini par la détruire notre planète bleue.
    Bonne soirée. ZAZA
    8
    Lundi 27 Juillet 2015 à 18:55
    les drames de la mer ... et la folie humaine qui en fait des catastrophes. Les naufrages mémorables ne devraient pas faire oublier tous les autres et aussi les gestes immondes que sont les dégazages. On en parle plus de ceux-là, sont-ils réellement en régression ou est-ce que ça n'intéresse plus ?
    belle semaine
    9
    Mardi 28 Juillet 2015 à 06:25
    Prendre la mer et un jour elle vous prend... et que dire de ces bateaux à mazout qui ont pollués des côtes et fait mourir leurs oiseaux... il est des transports risqués sur les flots... autre chose qu'un chalutier qui sombre ! Bon mardi Loïc
    10
    Mardi 28 Juillet 2015 à 10:10
    Ton texte est fait pour être dit. poignant et percutant. Bravo.
    11
    Mardi 28 Juillet 2015 à 10:39
    "Texte fait pour être dit" : très fort compliment pour moi, car cela exprime la rage d'écrire et de le dire en moi-même, que j'ai ressentie.
    J'ai fait du théâtre, et irait bien, je pense.
    Nous avons chez nous un poète déclamateur : Louis Bertholom, qui nous "prend souvent aux tripes" : https://www.google.fr/search?q=louis+bertholom&ie=utf-8&oe=utf-8&channel=fs&gws_rd=cr,ssl&ei=6z63VbmgNsjaUeGjtZgI
    Merci
    Loïc
    12
    Anonyme
    Mardi 28 Juillet 2015 à 13:42
    Bonjour Loïc,

    Tu signes là un très beau billet qui prend aux tripes ! "Combien de marins combien de capitaines .... "
    Bravo !

    Bon après-midi,

    Pierre
    13
    Mardi 28 Juillet 2015 à 15:46
    que d'émotions, j'en ai des frissons!!!!bravo pour c e texte d'une force énorme....Je ne suis bretonne que d'adoption, mais bretonne d e coeur çà oui et quand toutes ces plages , ces rochers, ces animaux ont été mazoutés, remazoutés, j'en ai pleuré!Par chez nous aussi (le 44) on en a bien souffert et quand je vois que Total finance en partie toutes les installations d'artistes(ou pseudo_) de Nantes Estuaire et que son nom est sur tous les médias s'y référant alors qu'ils se sont tellement fait tirer l'oreille pour les dédommagements des mazoutages, çà me met en rogne!
    14
    Anonyme
    Mardi 28 Juillet 2015 à 16:57
    Oh ! combien de marins, combien de capitaines
    Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
    Dans ce morne horizon se sont évanouis !
    Combien ont disparu, dure et triste fortune !
    Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
    Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !
    VH
    Bel article. Jonas
    15
    Mardi 28 Juillet 2015 à 17:13
    Merci ! Tu comprendras que je ressens et partage ta colère ... !
    LOIC
    16
    Mercredi 29 Juillet 2015 à 12:33
    Très émouvant ce texte. Je ne suis ni breton, ni d'aucun autres drapeaux, ces objets je déteste par dessus tout car ils représentent pour moi, l'esprit communautarisme, en somme, toute les haines concentrées sur l'étranger au clan. Que ce soit les féministes, les "gay-pride, les boco aram, les Daesh, et autres Ei ... et autres revendications identitaires. Moi, petite poussière d'étoile, je suis né sur une petite planète toute bleue qu'on appelle la Terre... J'essaie avec mes faibles moyens de la représenter et de la préserver pour mes enfants, mes petits enfants et... les générations à venir. Je ne connais pas l’espéranto, mais je pense que cette langue universelle pourrait être la solution à toutes ces haines des communautaristes qui se protègent derrière leurs bannières... Celles qui bien sûr détient "la vérité" Mais il faut aussi protéger toutes les cultures, car elles représentent nos différences et notre richesses. Merci pour nous remémorer cette histoire qui concerne notre propre existence face à la toute puissance de ce néo-libéralisme destructeur : Les banques... C'est là qu'il faut taper !
    Belle journée à vous.
    17
    Mercredi 29 Juillet 2015 à 14:05
    Bavo ! je suis exactement dans cette mouvance ! Le seul drapeau que je supporte est justement le drapeau esperanto (à gauche en haut de la colonne de gauche) : vert pour l'espoir, étoilé pour symboliser l'international. Les espérantistes se déclarent d'ailleurs, presque tous, "anaciaj", c'est à dire sans nation.
    On voit, durant le Tour de France, des "drapeaux bretons" partout. Ce drapeau n'a à mon avis aucun sens. D'abord parce que la Bretagne n'est pas une nation, ensuite parce qu'il est arboré par des personnes aux idées parfois très douteuses. Il a été créé de toutes pièces vers 1930, par des "ultra-nationalistes". Je ne m'y reconnais donc pas du tout !
    On dit souvent que l'esperanto est une utopie. Moi je dis oui, c'est une utopie, mais peut-on vivre sans utopie ? Ce serait si tiste ...
    18
    Mercredi 29 Juillet 2015 à 17:04
    souhaitons qu'un jour l’espéranto devienne la langue des peuples, mais ne négligeons pas non plus nos identités nationales, voire régionales tant qu'elles restent un moyen de partager nos valeurs et nos cultures et qu'elles ne sombrent pas entre les mains de fous qui s'en servent d'exutoire.
    Oui, effectivement, c'est peut-être ça qui nous manque aujourd'hui, un horizon où reposer les yeux, une utopie.
    Merci pour cette très belle chanson de Gilles Servat !
    Bon après-midi
    19
    Jeudi 30 Juillet 2015 à 16:41
    Un texte fort, plein de rage que je partage. J'étais pas vieille à l'époque de l'Amoco, mais j'ai encore les images des reportages dans la tête et dans le coeur.
    Dans le fond, je me demande si ce n'est pas là qu'il a commencé, ce monde qui n'est plus le notre...
    Défendre sa langue, sa région, sa culture, oui, mais sans haine, avec le souci de l'ouverture sur le monde. Ce sont les artistes qui laplupart du temps montre l'exemple, ce sont d'ailleurs qui sauveront le monde. J'en suis persuadée.
    20
    Jeudi 30 Juillet 2015 à 17:54
    Un beau point de vue, plein d'humanisme, comme je les aime.
    LOIC
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