• Par la fenêtre

    Par la fenêtre, je vois le brouillard, familier, habituel, un compagnon de voyages, de rêvasseries en échappées, d'espoirs en illusions.
    En bas, des jeunes femmes poussent les landaus ou les poussettes, sur une belle allée plantée d'arbres alignés, plantés après la guerre pour tenter d'apporter un peu de vie et d'espoir en l'avenir à la ville meurtrie. Au loin, là-bas, la terre pénètre l'Atlantique. Depuis que papa a pu offrir à notre famille une 203 « commerciale », nous nous rendons parfois sur cette presqu'île, notre lieu d'évasion. Quelques kilomètres par la mer, mais cent par la route !
    Une terre encore épargnée de tous les tracas de la ville "béton-bitume", fracassée, que les habitants ont réinvestie, se frottant les yeux pour effacer à jamais les démons et les traumatismes.
    Sur notre presqu'île aussi naissent des enfants, des baby-boomers, et ils courent à travers les champs, en chantant, et même en sifflant : Je suis si fier d'avoir appris !
    Ici, autour du calvaire, nous nous ressourçons autour d'un vrai paysage de Bretagne. Les femmes en noir qui sortent de l'église puis s'assoient pour commérer sur les bancs de pierre ont toujours été là, n'ont pas interrompu leurs conversations, jamais, semble-t-il. Tout est couleurs, calme, sérénité. Devant le collège privé, les "Frères à quatre bras" accueillent les adolescents en culotte courte qui accourent comme des piafs.
    Les jeunes du bagad Bleuniou Sivi ("fleurs de fraises") accordent consciencieusement leurs cornemuses : fini le calme, mais bientôt le concert !
    Mais ... Mon regard s'était perdu dans le vide.
    Une image apparaît, furtive, incongrue, très dérangeante, menaçante. Un fantôme ? un mirage ? Un cauchemar ?
    Fermée, la fenêtre; tirés, les rideaux.

    Ce sous-marin est venu tout gâcher.
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  • Commentaires

    1
    Samedi 18 Février à 06:21
    Il faut très peu de chose pour briser un rêve
    Amicalement
    Claude
    2
    Samedi 18 Février à 08:29
    euh ... un sous-marin (nucléaire), "très peu de chose" ?
    3
    Samedi 18 Février à 09:06
    ho dommage ce rêve interrompu !
    un vilain sous marin fait sombrer ses idées-
    bon week-end- amitiés -
    4
    Samedi 18 Février à 09:47
    Surprenante histoire !
    5
    Samedi 18 Février à 11:11
    du côté de Brest donc. Moi j'ai connu la même chose à Lorient, ou plutôt côté Port-Louis à la sortie de la rade. PS : chouette le bagad bleuniou, j'ai zieuté sur le net
    6
    Samedi 18 Février à 11:56
    Je vois que tu connais. la fenêtre est celle (imaginaire) d'un appartement du boulevard Gambetta, au-dessus de la gare et du Cours Dajot, face à la rade. Au fond, les terrains militaires, l'île Longue et ses secrets militaires, ses sous-marins atomiques ...
    merci !
    7
    Samedi 18 Février à 19:07
    Bien,bien!
    8
    Samedi 18 Février à 19:08
    Bien,bien. Belle histoire
    9
    Dimanche 19 Février à 11:02
    Ah si vue sur un terrain militaire...le sous-marin s'explique donc, bon dimanche Loïc, jill
    10
    Lundi 20 Février à 09:57
    retour dans la "vraie vie", fin du rêve...
    11
    Dimanche 26 Février à 19:07
    La chute est brutale et donne toute sa force à cette rêverie nostalgique d'un temps révolu, hélas...
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