• Mentir ? ...


    Mentir ?

    « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants …» ? Ben voyons ! Neil Amstrong, les Américains, la NASA, le président américain, les Terriens, ont-ils menti, se sont-ils menti, se sont-ils trompés, nous ont-ils trompés ? Moi, le Père Noël me l’a dit :

    Juillet 1969, dans les Vosges, par une belle nuit étoilée. Responsable d’une meute d’Éclaireurs de France, je leur ai demandé de s’allonger sur le dos, et de se taire ; j’avais dit cinq minutes, ils sont restés un quart d’heure. J’ai écouté, je n’ai rien dit, je vous le jure. J’ai dix-sept ans, je suis sans doute encore très naïf, mais je saurai vite que c’est si bon, l’innocence …

    Ils m’ont dit que la Lune est superbe, envoûtante, mais que « c’est dommage qu’on ne voie jamais son dos » a déclaré un petit bonhomme. Tous les autres se sont esclaffés, il a rougi et haussé les épaules. Mais si, regardez ! Un gros nuage, éthéré puis plus net, est apparu, et a pris la parole : « écoutez-moi, les enfants. Vous êtes le futur, et vous devez savoir, pour ne pas reconduire les erreurs, que dis-je, les crimes contre notre humanité, de vos aînés. Le sol, sous notre dos, est infesté, comme l’air, comme l’eau. Nous avons tout sali, tout pourri, tout gâché. Beaucoup de grands affirment, enfin, à présent, que la marche de notre terre est terminée et qu’il n’y a plus rien à faire. Mais d’autres puissants poursuivent la politique de l’autruche.
    Même moi, regardez-moi, je suis devenu un bien piètre Père Noël. Et mon nuage, mon pauvre nuage …

    La nuée se rabougrit, se comprime, et devient un ensemble de gouttes d’eau, puis une averse, puis une trombe.
    « Je vais, les enfants vous faire un dernier cadeau, dont vous serez les seuls à pouvoir faire usage. Je vous offre l’espoir, une grande bouffée d’espoir. Mais l’espoir seul ne suffit pas. Je vous offre aussi la force immense indispensable pour mener à bien tout ce qui pourrait sauver encore ce qui peut l’être.
    Le petit bonhomme, qui a séché ses larmes, lève vivement la tête et s’écrie : « Fonds vite, toi, fonds, disparais !

    Il ne faut jamais mentir à un enfant.

    2019, j’ai 67 ans. Le grand-père n’est pas resté longtemps chez les Éclaireurs. Il a tout de même cru, toujours,à la force des luttes, des convictions, et il a pu vivre hors des faux-semblants et des rêves d’enfants. Les siens, d’enfants, n’ont jamais cru au Père Noël, mais à la vraie vie, oui.

    Loïc, en hommage respectueux à ma chérie Annie qui a lâché prise le 10 août 2019.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 1er Septembre 2019 à 23:48
    Ton billet m'a émue aux larmes.
    Je me doutais... en espérant que je me trompais.
    Pensées pour toi, pour celle qui ne souffre plus... je sais que les mots sont peu de choses devant un si grand chagrin...
    Continue de croire en la vie. Elle le voudrait pour toi.
    Amitiés.
    2
    Lundi 2 Septembre 2019 à 08:16

    quel bel hommage que cet élan d'amour "vrai" sans faux semblants, qui nous dit ta peine ... on ne peut jamais nier l'évidence même si la lutte vaut le coup toujours d'être vécue ...

    je compatis à ta peine, à celle de tes enfants avec toute mon amitié .

     

    3
    Lundi 2 Septembre 2019 à 09:02

    Très beau texte, merci pour ce partage d'émotions

    4
    Lundi 2 Septembre 2019 à 09:19

    Que répondre à ces souhaits si sincères, et si marquants, qui continueront à me pousser : MERCI !

     

    5
    Jeudi 12 Septembre 2019 à 11:08

    pensées pour vous 

     kénavo

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