• L'abri du marin


    L’abri du marin, à Sainte-Marine.
    Un père conduit vers le patron de pêche son fils (12 ans) , pour l’engager sur sa « première marée » … Dialogue entre ces trois personnages.
    ……………………………….
     » – Non, non, père, je ne veux pas. Excusez-moi, père. Excusez-moi, mais j’ai peur …
    – Comment ça, tu ne veux pas ? mais c’est la tradition ! J’ai suivi mon père, moi, et il avait suivi son père, et tu me suivras, je te prie de me croire ! Serais-tu un de ces enfants qui osent s’opposer à leur père ?
    – Allez, Iffig, obéis donc à ton père. Je te promets une première marée pas difficile, tu sais.
    – Je n’ai pas peur du travail, mais de la mer, Patron Yann-Vari !
    – Mais on a besoin de toi, bonhomme, tout de suite et pendant toute la durée de cette guerre interminable, pour ramener la godaille et l’argent de notre vente. Il faut les nourrir, nos familles, et comment faire, par exemple, pour tes petits frères et tes soeurs, et ta maman ? Nous ne sommes plus assez d’hommes à Saint-Marine.
    – J’ai peur, père, et je ne serais pas utile sur un bateau, Patron Yann-Vari. Je serais plutôt une charge, pour la pêche et pour la vie à bord …
    – Une charge ? Je m’occuperai vite de te mettre au pas, moi ! Tout ce qui ne sert à rien à bord, c’est balancé à la flotte, et vite fait, tu sais !
    – Je sais, Patron, que ce que vous dites est exagéré, et ce n’est pas de ça que j’ai peur. Trop de tontons, de cousins, de pères de mes amis, ont disparu. Je ne veux pas subir leur destin. Et … j’ai peur aussi pour toi, papa …
    – Il le faut, mon fils. Nous t’aiderons, t’accompagnerons, t’encouragerons. Tu pourras compter sur nous, hein, Yann-Vari ? tu verras, ça ira. Tiens, commence donc par avaler ce coup de fort, ça ira déjà mieux. Et cours chercher ton barda, embrasse ta mère en passant, et … sur le pont ! T’es un homme, maintenant. Torche ton nez, donc, et va aider à ranger les caisses. « 
    Loïc
    Les abris du marin, Wikipédia : 
    Association des Abris du Marin :

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 10 Mai à 17:18
    faut suivre le père ,moi je n'ai jamais voulu que mon fils me suive ,mercredissime
    2
    Mercredi 10 Mai à 21:44
    On était marin de père en fils... il y a encore de nombreuses professions où les pères comptent sur leur fils pour leur succéder.

    En tout cas, ta scène est bien menée. Bravo !

    Passe une douce soirée.
    3
    Jeudi 11 Mai à 07:08
    Un métier bien dur, en lisant ton extrait il me revient les images du premier film sur la mer que j'ai vu, je devais avoir 7 ans et se film était projeté à l'école primaire, pas de cinéma dans notre petite vallée, et ce film en question était "si tous les gars du monde" histoire de marins parti à la pêche à la morue, la maladie, les tempêtes, les appels au secours, tout ressort dans le dialogue de cet enfant qui a peur de la mer
    Amicalement
    Claude
    4
    Azalaïs
    Jeudi 11 Mai à 09:38
    On ne peut s'empêcher de penser à "A la pêche à la baleine " de Prévert
    5
    Jeudi 11 Mai à 11:20
    un métier pas facile mais avouons que la manière que tu décris n'est pas pour encourager le gamin. Faire aimer ce qu'on fait est bien plus efficace.
    6
    Jeudi 11 Mai à 12:42
    La mer c'est tellemetn de mystère, je le comprends... C'est pour cela qu'elle fascine autant.
    7
    Jeudi 11 Mai à 14:11
    Pour Jeanne : C'était, hélas, la vérité il y a un siècle. Et même pire, parfois.
    8
    Samedi 13 Mai à 12:20
    quel métier difficile et pourtant il suscite encore des vocations. En témoigne l'école de pêche à Etel
    9
    Samedi 13 Mai à 14:37
    Une scène très réaliste, là non plus il n'y a pas si longtemps. Les Bretons ont bien donné à la mer et sont des exemples de courage.
    10
    Dimanche 14 Mai à 10:13
    serre les dents, petit d'homme, et essaie de vivre
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