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Eternité
Dans les Monts d’Arrée… Argoat, le pays des forêts, accolé à Armor, celui de la mer.
Cet homme est-il un marin, ou un paysan ? "Il a vécu, en tous cas", disent les voisins : un ours, oui, mais pas désagréable.
Très solitaire, il ne demande rien à personne. Chacun le laisse vivre sa vie, et c'est très bien ainsi.
Le Yeun Elez, entre Brasparts et Brennilis. Magie de la tourbe, des herbes rases, des rocs dépouillés. Un autre Connemara, dont les habitants comprennent même la langue gaélique. Magie des odeurs, des vents, des bruits inconnus. Présence intemporelle de l’Ankou, ce chef d’orchestre des légendes. Cet homme l'a rencontré. Tant de questions dans le regard, interrogations métaphysiques et ésotériques ...
Magie inquiétante et obsédante de cette usine nucléaire, monstre inutile, incongru, insolent sous la voûte céleste pourtant si bienveillante, verrue inquiétante qui épouvante.
Frayeur, panique, folie, impuissance, devant deux visions (opposées ?) du Monde ... Il pleurerait devant l'inconscience humaine. Mais est-il encore un humain ? Sa chute aux Enfers, il la doit surtout à sa rencontre avec l'Ankou, maître des lieux vides, maître de vie et de mort. Il va bientôt suivre, tête baissée, le pas lent des chevaux qui tirent la charrette ...
Un long hurlement s'envole vers la chapelle Saint-Michel de Brasparts.
Pour en savoir plus, une vidéo, "Contes et légendes des Monts d'Arrée", ICI
Tags : Légende, Bretagne, ankou, mort
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Commentaires
Un beau voyage dans cette région que l'on connait si peu. Ton texte ressort toute sa magie et sa poésie et force l'imaginaire mais tenons nous loin de l'Ankou!
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Mercredi 1er Novembre 2017 à 10:30
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un beau texte qui nous montre à quel point tu connais et apprécie cette région-
la chute de l'histoire--- il va rejoindre les défunts fêtés demain-
paix à leur âme-
amitiés-lu chez Mil et une--
injurier ! ?? loin de moi cette pensée---
quelle drôle d'idée-
bonne continuation-Un texte en belle harmonie avec le visage de cet homme, avec une terre de légendes et de mystère.
Bien à toi
Alain
La Bretagne a toujours quelque chose de fascinant dans son rapport à la mort. Encore que de plus en plus il faille en parler au passé…
ton texte est très beau, en forme de fascination.
Hélas, aujourd'hui comme chanter Brassens : « la mort est naturelle et le grand Pan est mort » le royaume des morts n'est plus qu'un concept… moribond…
Rendez-nous la Camarde, Charon Hadès, Anubis, Cerbère Qui nous empêchait de revenir des enfers, et même le Christ n'a plus le droit d'y descendre !
Comment nous aideront-ils à mourir tous les dieux qui sont partis hier de nos imaginaires…
j'écoute la radio associative du pays de Lorient et l'autre jour ils parlaient justement de l'Ankou. Bouhhh j'aimerais pas le croiser celui-là
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C'est une rencontre avec la camarde, mais elle ne nous effraie plus
Amicalement
Claude