• Combien encore ... ?

    Combien, combien encore…

    Bien placé, aux premières loges, en Finistère,

    Aux bonnes places, pour assister

    Aux désastres, aux naufrages

    Des pêcheurs, des marins de la Royale, des matelots du commerce.

    Type du bateau, cargaison… ?

    Tout le monde ne s’en fout pas, non !

    Pas l’armateur, qui n’était pas présent.

    Ni le capitaine, qui a fui son navire,

    Ni la famille du naufragé, non.

    Loïc

     …................................................................

     

    SNSM

    Société Nationale des Sauveteurs en Mer

    HSB

    Hospitaliers Sauveteurs Bretons, c’était mieux.

    La SNSM sauve d’abord l’homme,

    Puis l’embarcation, car elle sera dangereuse pour la navigation.

    « La mer n’est pas méchante »,

    A dit Jacqueline Tabarly,

    en guise de consolation.

    On a répandu ses cendres en mer,

    Mais pas celui de milliers d’autres.

    À Ouessant, les croix de Proella

    Tentent de faire le deuil du péri en mer.

    Mais là aussi les décors des bars

    sont faits des étagères des cabines ;

    Injure à la mémoire ?

    Pas dans la culture maritime.

    Décombres macabres

    Des corps engloutis

     Retrouvés défigurés,

    Vandalisés, violés ;

    Roches, crabes…

    Décompte de celui des naufrages

    Qui aura fait le plus de victimes.

    Décompte… Liste historique de naufrages dans le monde

    Comme pour les accidents,

    Les attentats, les génocides,

    « Celui qui en a le plus est le plus important »,

    Cela devient un jeu, les pauvres autres sont oubliés.

    Décompte… Et ce bar d’Ouessant où s’affiche la carte

    des « naufrages autour de l’île »…

    J’en ai vu si peu, mais honte,

    à vomir, on ne s’en remettra jamais.

    Pleure, plains-toi, révolte-toi,

    Manifestations, ce n’était pas écrit, ce n’est pas le destin !

    Enfin, la création du rail d’Ouessant.

    J’en ai vu si peu !

    Olympic Bravery,

    Amoco Cadiz,
    Erika ... 

    Loïc

    ...................................................

     1978 ...

    Amoco Cadiz

     

     y croire.

     

    Catastrophe, apocalypse, pas de mots…Arrogants, sans scrupules,

     

    Misérables, assoiffés de dollars,

     

    On ne veut pas

     

    On oublie tout, et on recommence.

     

    Citadins, en bottes dans le coaltar.

     

    Abasourdis, accablés.

     

    Désespérance.

     

    Il y en aura d'autres ; la puanteur s'est invitée en ville.

     

    Zèle insensé dans la course aux profits.

    Loïc

     

    .......................................

     

    Mer courage.

     

    Si je devais te rendre hommage en un seul mot, Manche, ce serait « courage ».

    Je t'ai toujours connue, tu fais partie de ma famille, car j'ai grandi chaque mois de juillet, de ma naissance à mes 14 ans, dans des vacances merveilleuses à trente kilomètres de Brest, notre port d'attache.

    Tu n'étais alors que soleil, plages, jeux…

    La Manche, the Channel, Mor Breizh, oui, mais toujours la même, indomptable et fougueuse : le passage maritime le plus fréquenté au monde est un boulevard encombré, où chacun doit en permanence prendre garde aux courants (le Fromveur, entre Ouessant et le continent, l'Iroise, à l'entrée de la rade de Brest, ...). Attention aussi aux collisions ! L'Abeille Bourbon, l'un des plus gros remorqueurs qui soient, et le Phare du Four, veillent. Un nom prédestiné, dans ce lieu face à Porspoder, où les vagues gigantesques, et les tourbillons du diable sont un véritable tambour de machine à laver.

    Tu exprimais un courage immense en roulant tes eaux violées, outragées, et je me tenais debout, immobile et figé de stupeur, indigné, au bout de la Presqu'île Saint-Laurent, en 1978, lors de la catastrophe puante et gluante de l'Amoco Cadiz. Tu as, Manche, partagé avec nous une grande part de ton courage et de ta dignité, pour nous aider à surmonter l'ignoble.

    Tout est aujourd'hui, voudrait-on nous faire croire, bien réglé, sécurisé, bien comme il faut, dans le Rail d'Ouessant.

    Mais tu sais, bien mieux que nous, que Nature ne se soumet jamais.

    Courage n'est pas inconscience, tu le sais bien, les gens de mer aussi.

    Loïc

     

    à Portsall, la plaque commémorative du naufrage de l'Amoco Cadiz

     

                           

    Ancre de l'Amoco Cadiz

                           

      

    J’ai vu Éric, qui entrait au port

    de Bénodet, trois jours avant de

    « faire son trou dans l’eau ».

    Oceano Nox … (voir ici

    « combien de marins, combien de capitaines… »

    Combien, combien de…

    Est-ce donc si important, « combien » ?

    Loïc

    Partager via Gmail Yahoo!

  • Commentaires

    1
    Mardi 6 Mars à 11:56

    Combien encore... ? Hélas, une question sans réponse, mais on devine celle-ci et on craint qu'elle ne soit pas celle qu'on souhaiterait... 

      • Mardi 6 Mars à 14:33

        Nous pouvons peut-être agir, encore, pour ne pas "les" laisser faire ?

    2
    Mardi 6 Mars à 13:13

    Un billet fort et révolté qui est aussi un hommage aux gens de mer et aux Bretons.

    Tant que le fric sera l'idéal de nos sociétés il y en aura encore et encore, chez toi, chez moi, ailleurs...

      • Mardi 6 Mars à 14:31

        Tout est sous contrôle du Dieu Fric, mais ça ne va sans doute pas durer : On n'en aura plus besoin après la fin du Monde !

    3
    Mercredi 7 Mars à 08:46

    Sombre, brechtien, réaliste. Fort tout ça. Et la mer subit. Courage, luttons, comme on peut.

    4
    Vendredi 16 Mars à 09:40

    Oui, c'est important.

    Préservons la mer de tous les inconscients !

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :