• Colchiques

    Les colchiques.

     
    Un demi-poème, coupé en deux dans le sens de la hauteur, mutilé.
    Il n’en reste que les débuts des vers, à moi de les terminer …
     

    Colchiques

     
    Le pré est verdoyant, et si doux …
    Les vaches saluent l’express de 18h32.
    Respectueux et souriants les voyageurs saluent Marguerite,
    Leurs mains s’agitent, faisant trembloter leurs chapeaux Léon Blum ou leurs casquettes Front Popu,
    C’est selon.
     
    Colchique dans le pré fleurit du mieux qu’il peut.
    Violâtres et hideux les crapauds me dévisagent
    Et ma vie se débobine sur l’écran flou du ciel.
     
    Les garçons se fichent pas mal de ceux qui rêvent,
    Harnachés de hochets de laine tricotés par des nounous folles à délier.
    Ils sucent goulûment le nectar de la vie et offrent déjà
    Aux filles de leurs amours futures leurs coeurs qui battent le rappel,
    Conquérants de Carnaval.
     
    Le gardien du square a fermé le portail,
    Tandis qu’un couple s’est formé
    Et s’est blotti
    Et s’est camouflé
    Dans le parc, longtemps, longtemps,
    Puis le train a sifflé, longtemps, longtemps ...
     
    Pour toujours.
     
    Loïc R.
     
    Rendons à César ce qui lui appartient ... :

    Les Colchiques

    Le pré est vénéneux mais joli en automne
    Les vaches y paissant
    Lentement s’empoisonnent
    Le colchique couleur de cerne et de lilas
    Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
    Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
    Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

    Les enfants de l’école viennent avec fracas
    Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
    Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
    Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

    Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

    Le gardien du troupeau chante tout doucement
    Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
    Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

     
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Octobre à 23:11

    Marrant comme idée, tu as dû te régaler à l'écrire, non?
    Il a un p'tit côté Prévert assez déjanté, ton Apollinaire revisité,  j'aime bien!

      • Samedi 19 Octobre à 10:26

        Le genre de texte que je me régale à écrire, oui ! d'abord pour les écrire, puis pour le plaisir, en me demandant parfois "mais qu'ai-je voulu dire, là ?"

        Le déjanté, et tout ce qui se prétend sérieux, j'adore de plus en plus. Dans le genre, les discours de toutes sortes sortent du lot.

    2
    Samedi 19 Octobre à 09:58

    C'est un bon cru cet Apo !

    3
    Samedi 19 Octobre à 10:43

    Slurp et grand merci de Guillaume !

    4
    Dimanche 20 Octobre à 21:22

    c'est un peu difficile à lire, le sens m'échappe assurément,  mais faut-il toujours donner du sens aux poèmes ?

    amitié .

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