• "Inspiration" Picasso ...
    - Oh, que t'ont-ils fait ? mais tu es un état ! Ma taquine, dis-moi, tu ne souffres pas, au moins ? Tu me sembles complètement chamboulée. Ta jolie petite bouille de Westie, ton corps aux longs poils blancs, tout a disparu ...
    - Mais non, ne t'inquiète pas : Je me promenais au bord du quai et reniflais les bateaux après le retour de pêche, quand je me pris, maladroite et distraite, la patte dans un filet dont je ne parviens pas à me défaire. Des poissons bleus (des maquereaux ?) encore frétillants, sont pris dans ma toison et s'agitent fébrilement, tu vois. Mais ils ne me gênent pas, ils semblent même très heureux d'être là, comme hypnotisés !
    - Là, ta tête ! Fracassée, démolie ... une explosion ? Excuse-moi : tu me fais peur.
    - Peur ? ça dépend. On pourrait en effet y voir des traces du drame des Gueules Cassées de 14/18.
    - Oui, c'est vrai. Ta tête est d'ailleurs ornée de la cocarde bleu-blanc-rouge.
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  • JE VIS

    Je vis partout où on me laisse une place pour m’insérer,

    et on ne se gène pas pour m’ouvrir grand les bras, 

    pour un accueil hypocrite.

    Je suis dominatrice, souvent tueuse.

    De là où je suis, je distingue une agitation sourde, impalpable. Je vois, au travers d’un épais brouillard, des lumières floues qui s’approchent. Elles zigzaguent de droite et de gauche, semblent chercher quelque chose ou quelqu’un. Elles envahissent l’espace, elles hypnotisent.

    Je prends le commandement. J’interdis de réfléchir ; je ferme l’accès à la halte, à la réflexion, à toute pensée. Je n’admets aucun compromis, j’annihile, je phagocyte, je dévore toute velléité, ronge toute volonté. Je paralyse. J’en ressens une volupté céleste.

    Je suis celle qui a toujours tout envahi, en priorité les coeurs des hommes, celle qui les a menés à l’injure, à la négation de l’autre, au mépris, à la haine, au crime, à la guerre. Incompréhensions, barrières, violences.

    Un jour viendra, où je serai vaincue. Je l’espère, le veux, fatiguée de tous les ravages que je provoque ; fatiguée de subir moi-même mes attaques et de ressentir de plus en plus douloureusement que, moi aussi, je baisse la garde devant elle. Je suis gagnée par … la peur.

    Loïc

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  • Je voudrais te faire partager, mon ami, une belle visite : J'ai pu enfin explorer le moulin du Chef-du- Bois : Une merveille !

    Tous les sens sont y sollicités : Odeurs du feu de cheminée, des poutres humides, spectacle des flammes, qui réchauffe le cœur, caresse du vieux bois dans le moulin, à paroles celui-là, qui en aurait à raconter, craquement perpétuel au charme si reposant. On ne m'a pas roulé dans la farine, c'est vraiment le moulin de mon cœur !

    J'ai contemplé les alignements des moulins de Hollande. J'ai entendu le grand Jacques qui dans le vent s'est perdu. J'ai vu Don Quichotte de la Manche faire leur affaire aux moulins.

    Me voici revenu sur terre, mais pour combien de temps ? ... Ce moulin m'a envoûté.

    À plus tard, je t'attends pour une autre visite, ensemble cette fois.

    Loïc

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  • Que va-t'il devenir, ce moulin ? Comment le mettre en valeur ? ...

    Le représentant des Bâtiments de France se tourne brusquement vers l'architecte, et s'exclame :
    - "Mais cette construction a une valeur inestimable, monsieur ! et vous osez suggérer d'en faire un restaurant ?
    - Oui, c'est cela. Ou alors, je ne vois qu'une solution : la destruction totale.
    - Comme vous y allez ... Remplacez-le par un parking, pendant que vous y êtes !
    - Un parking ... tiens, tiens ... Euh, pour cela, il faudrait faire en sorte que l'on ait besoin de s'arrêter ici. Ou bien ... une discothèque ?
    - Il en existe déjà une, pas loin.
    - Alors, quoi ? ...
    - Pourquoi donc, monsieur l'architecte, ne pensez-vous qu'à quelque chose de commercial, qu'à un immeuble de rapport ?
    - Mais parce que notre époque le veut, les temps actuels sont ainsi faits ! J'imaginerais bien, pour ma part, une refonte intégrale : On couvre le toit de tuiles, pour faire "Sud de la France", ce serait joli; on peint les murs extérieurs d'un enduit jaune du plus bel effet, et on fait venir les touristes !
    - Arrêtez, c'est de la folie douce !
    - Bon. Enfin, bon ... Alors, on le démantèle, pierre par pierre, qu'on numérote, et on le reconstruit à l'identique, au bord de la mer, pour garnir une station balnéaire d'un bel élément décoratif. Autour, évidemment, un grand parc d'attractions, où la petite souris aux grandes oreilles noires trouvera son bonheur.
    - Et moi, des Bâtiments de France, je vois ici un aménagement culturel. Non monsieur, ce mot n'est pas une injure. Bibliothèque, cinéma, ouverts à toutes les cultures, non ce mot n'est pas une injure, ouverts à tous vents. Un lieu intellectuel, et non ce mot n'est pas non plus un gros mot.
    - Et le monsieur, là, qui est venu donner l'avis de sa famille, propriétaire, qu'est ce qu'il en pense ? Il faudrait peut-être lui demander son avis ?
    - Ma famille et moi, nous n'hésiterons pas une seconde : respect de sa structure, reconnaissance d'un patrimoine intouchable, et métamorphose intelligente ..."
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  • Sea, sun, and … Rien.
    J’ai 17 ans, je vends des glaces et des boissons fraîches sur la plage en été.
    Oh, ce soleil, c’est tuant … Je n’aurais jamais cru. Et la concurrence, féroce : chacun a son pré carré, malheur à celui qui transgresse les codes, comme un musicien dans le métro. La roue de ma carriole s’enfonce régulièrement dans le sable.
    Le pire : les pieds, les jambes, écorchés, lourds. Je crains l’entorse, le chômage technique. Un ado fait le paon, sous forme de roues élégantes, devant les filles. J’en ferais bien autant, moi, mais mes forces sont à bout. Le jeune homme, de mon âge, me toise et fait le malin en m’interpellant : « Hé, pousse la plus vite, ta brouette ! Sinon on te la renverse ! « »
    Mais j’ai ma fierté : ne pas faire une tête de chien battu, ne pas répondre, surtout pas. Un homme m’appelle, de loin, du haut de la plage : « Ici, mon gars ! » Il faut remonter, mais ça vaut le coup : quatre glaces, les parents et deux enfants. Je suis redescendu, un des enfants crie vers moi : « Non, je voulais plutôt un Coca ».
    J’enlèverais bien mon T-shirt. Et si je m’asseyais un peu, pour souffler ? Je ne dois pas être torse nu : gare aux coups de soleil.
    Un vieux couple. Chacun, dans sa chaise longue, s’occupe. Lui lit un policier, elle fait des mots croisés. « Te voilà bien courageux, on n’en voit plus beaucoup, des comme toi ! Allez on va te prendre deux Oranginas. Garde la monnaie, va ».
    Trois gosses me suivent. Ils n’ont rien trouvé de mieux que de me jeter du sable, si possible dans ma carriole, en braillant une chanson paillarde, apprise lors d’une soirée de barbecue familial, et à laquelle ils ne comprennent sans doute que goutte. Leurs parents les regardent d’un air attendri. Le père entonne, lui aussi, la chanson, avec un grand sourire niais, mais reçoit un bon coup de coude de sa femme.
    Je me laisse tenter : « allez, je m’en offre une autre. De toute façon tout va fondre, maintenant. Il ne faudrait tout de même pas que je lèche tout mon fond de commerce. Cela m’a valu, l’autre jour, de me retrouver le soir sans le sou.
    Inhumaine, cette journée mais… « Ça te fera les pieds », m’a dit le voisin, toujours si aimable, en me voyant revenir, hier.

    Loïc

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  • " Il y a trois sortes d'hommes :
    Les vivants, les morts, et ceux qui sont en mer ". PLATON
    .......................................

    " Il y a trois sortes de femmes : les mères, les filles et puis les amantes. " - Soazig

    Il y a trois sortes de femmes " : les soumises, les révoltées, celles qui conquièrent. " - Dany

    " Il y a trois sortes de femmes : les mères, les veuves et celles qui attendent au bout du quai le retour du bateau. " - Hélène

    " Il y a trois sortes de femmes : des femmes courageuses, des femmes créatrices, des femmes de petite vertu. " - Nicole

    " Il y a trois sortes de femmes : la femme enfant, la maîtresse femme, la femme maîtresse. " - Maryse

    " Il y a trois sortes de femmes : celles qui soignent, celles que l'on soigne, celles qui se débrouillent. " - Elise

    " Il y a trois sortes de femmes : les bonnes du curé, les femmes libérées, et les ménagères de plus de cinquante ans. " - Loïc

    " Il y a trois sortes de femmes : les chochottes, les rigolotes et les cocottes. "  - Gaëlle

    " Il y a trois sortes de femmes : les bonnes femmes, les femmes de mauvaise vie et les femmes d'affaires. " - Annie

    Il y a trois sortes de femmes : celles qui ont eu des enfants, celles qui s'en plaignent, celles qui se réjouissent de ne pas en avoir.. Françoise R'

    " Il y a trois sortes de femmes : Celles qui se voilent, celles qui mettent les voiles, celles qui se dévoilent". Géraldine 

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  • Songe d'une nuit d'été ? »

    Domaine de Boutiguéry, Gouesnac'h
    Deux couples d'Athéniens se retrouvent dans les bosquets de la forêt… Lysandre aime Hermia. Mais le père d'Hermia voudrait qu'Hermia aime Demetrius, poursuivi par Helena.
    Un mauvais sort a été jeté par un petit lutin : je dois tomber amoureux d'une de ces personnes.
    (Mon identité, tirée au sort : je suis Pierre).
    .............................

    Mais je l'aurai, je l'aurai ! Il me faudra passer entre tous ces arbres, ces massifs de fleurs, et aussi me faufiler entre les reliques d'une civilisation : des pierres celtes, aux inscriptions bien mystérieuses.
    Je l'aurai, oui, ce bellâtre. Ma belle ne peut pas, décemment, céder à ses avances : Je me dois de lui ouvrir les yeux !
    "Pierre, tu es Pierre, et… " Je coupe tout de suite Hermione dans sa citation, c'est du déjà vu, ça. Oui, je suis Pierre, Hermia, et dans notre foyer je bâtirai notre amour.
    Elle court devant, puis ralentit, rattrapée par Lysandre.
    « Écoute moi, mon amour. Lysandre est un dieu, OK, et Demetrius un demi-dieu. Des beaux mecs tous les deux, d'accord. Oui, moi on m'apprécie surtout pour mon esprit, plus que pour mon physique, tu en conviendras. Ces deux gigolos ne savent pas aligner trois mots. Imagine l'ennui de la vie avec ces deux là! Et puis, leurs têtes, et leur corps body-buildés, dans cinquante ans …
    " Bon, Pierre, je m'en vais réfléchir. Peut-être vais je repousser Lysandre, et même Demetrius, malgré le vouloir de mon père.

    Viens, je ne te hais point, grand nigaud".
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  • A l'Ecume des mots, nous avons chacun-e imaginé quel était 
    le sujet de ce tableau, et laissé courir notre imagination ...

    Carcasse

    "Au fond de son vieux port,
    s'entassent les carcasses
    des bateaux déjà morts … » (François Budet)

    Mais nous ne sommes pas à Loguivy-de-la-mer. Ce lieu est anonyme, ou du moins l'artiste n'a pas jugé opportun de situer ce gros plan sur un sujet immobile. Nul besoin non plus de nous repérer sur l'échelle du temps, car tout est figé depuis des décennies.
    Un bateau de pêche, une coque en bois, selon la coutume de ce vieux temps. Membrures, clins, hachés régulièrement par des éperons, des échardes qui les marquent en leur infligeant les stigmates de la vieillesse.
    Le bois a renoncé à sa fierté, à sa superbe, car la couleur n'est plus que restes de taches écaillées.
    Mais le métal résiste, persiste à maintenir à cette coque sa tenue et sa fière allure. Il va bientôt devoir y renoncer, car l'affront de la rouille ronge, envahit, gagne du terrain.
    Bientôt tout ne sera plus que poussière mangée par les algues et les trous d'eau. D'autres bateaux viendront se coucher, éteindront leur fanaux, mourront en paix.
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  • Cette porte est condamnée, vraiment ? Elle semble pourtant en bonne santé ; son bois est sain; pas de trous de vers, ni de mérule. Alors, pourquoi craindre une fin prématurée ?
    Elle est très bien située, au sein du XVIème arrondissement de Paris. Malgré cela elle est condamnée à porter tous les tracts politiques, les prospectus publicitaires, les rendez-vous amoureux. Elle fut longtemps celle qui portait toutes les nouvelles de la vie du quartier, mais seul un discret morceau de Scotch symbolise encore ce rôle.
    Elle a finalement été condamnée à rester fermée, car elle enlaidissait outrageusement, créant le scandale, le fief le plus huppé de la capitale. Condamnée pour oser incarner une verrue choquante, indécente, indécente, surtout lorsqu'un SDF s'y love...
    Damnée, elle ne sera même pas recyclée en confessionnal : Sa grille fut trop souvent le témoin d'aveux intimes, de belles promesses, de disputes: Elle risquerait de transmettre des mauvaises ondes...

    Bannie, elle l'est déjà. Condamnée à ne plus être une porte, elle croule sous nos déceptions, nos élans bloqués, nos fuites vers le futur ou vers nos refuges, sous l'abri de nos porches désormais déserts.
    Loïc
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  • scan-bmp
    L'incipit du roman "La maison-guerre", de Marie Sizun*, 
    nous a permis de continuer dans cette idée ...

    La maison-ville.
    … Alors on s'en va, on retourne à la maison. La sienne. La maison secrète. Chacun en a une. Pour moi, c'est la maison-ville. Une maison ? Un appartement, plutôt. Je ne le compare pas au lieu au lieu où je vis à présent, c'est un autre temps, une autre vie. Cet appartement se trouve dans un des premiers immeubles sortis de terre à Brest lors de la Grande Reconstruction. Au bout de la rue de Lyon, l'hôpital maritime. J'aime voir passer les ambulances, petit inconscient. À l'autre extrémité, un grand square où Grand-père nous conduit souvent. Le toc toc de sa canne sonne encore dans l'escalier. J'aime compter ses pas, lents et lourds.
    Juste à côté de l'entrée du n°58, la rue s’anime le soir dans le café « À l'abri de la tempête », qui s'emplit d'un coup dès que la sirène de l'Arsenal a retenti. Le vendredi soir, de temps à autre, nous avons droit à la descente des « flics mar’ » (gendarmerie maritime), qui embarque à coups de matraque les matafs trop énervés.
    Les filles font du hula hoop, nous jouons aux capsules sur un tas de sable près d’une école en construction. C'est le plein centre-ville, près des Halles Saint-Louis, si animées, j’ai sept ans.
    Mais nous allons bientôt déménager…
    *http://www.arlea.fr/Marie-Sizun
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  • LABYRINTHE

    « Je me suis réveillé ce matin en rêvant que je devais me rendre à Combrit. La réponse à mes questions se trouvait là*, près du labyrinthe vert … »
    A compléter, en utilisant si possible les mots suivants : labyrinthe – passage contourné – couloir interminable – dédale – enchevêtrement compliqué – méandres – maquis – écheveau – lacis – entrelacement.
    Comme chez - paraît-il - la plus plupart d’entre nous, humains, revenait en moi, parfois lancinante, notre interrogation universelle : « qui suis-je, où vais-je ? »
    Je m’étais alors promis, pour mettre un terme à ce qui devenait une forme d’auto-harcèlement, de bâtir, puis de faire croître, l’arbre généalogique de ma famille. Quelle gageure !
    Je dus rapidement faire face à une tâche inimaginable devant les méandres d’abord innocents, les louvoiements entre les noms, les prénoms, qui se répétaient sournoisement en un dédale et un écheveau inextricable : Surtout, ne pas oublier de respecter la méthode, de noter, de classer …
    Je vécus quelques mois (avec des parenthèses bienfaitrices, tout de même) au sein d’un entrelacement hostile, au risque de porter atteinte à ma santé. Puis se présenta à moi un passage contourné, salvateur : L’outil merveilleux des Archives Départementales me permettrait de dénouer les enchevêtrements  compliqués des filiations, liens de parenté, mariages multiples … Avec l’aide précieuse et bienveillante d’une aimable archiviste, j’évitai les écueils, les solutions trop rapides pour être vraies, les doublons, les pièges des lacis et des « peut-être que », autant de couloirs interminables où s’égarent les généalogistes en détresse.
    Et surtout - le plus intéressant – je me pris finalement à naviguer avec plaisir, de façon naturelle, dans le labyrinthe qui me présentait tous ces personnages qui devenaient familiers … J’imaginais alors facilement des échanges, des discussions passionnantes, au-delà du temps.
    Les ancêtres n’étaient plus de simples noms accompagnés de date de naissance et de décès, car bien souvent j’avais pu sortir de l’oubli de précieuses informations sur leurs professions, leurs déplacements, leurs services militaires… Une immense satisfaction, aussi, lorsque surgissait une anecdote amusante, ou étonnante (donnant lieu à d’autres recherches futures …).
    Mes ancêtres les plus proches sont désormais des connaissances, et je suis même attaché affectivement avec certains d’entre eux. Peut-être est-ce parce que je leur ressemble ?
    Ces « histoires de famille » sont aussi mon histoire, car on ne peut pas construire le futur ni vivre le présent sans connaître son passé.

    Exposition photos d'anciens commerces et métiers à Combrit

    Exposition - Combrit, du 20 juin 2016 au 03 juillet 2016

    Exposition.

    L'association Mein Ha dour de Combrit organise une exposition de photos Grand format sur d'anciens commerces et métiers de Combrit Sainte-Marine du 20 juin au 3 juillet à l'Espace public Saint-Joseph tous les jours de 10 h à 17 h.

    Du lundi 20 juin au dimanche 3 juillet, 10h à 17h, Espace public Saint Joseph, place de la Mairie, Combrit. Gratuit. Contact : 02 98 51 91 86.

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  • A l'atelier de l'écume des mots : 
    Vous avez hérité de cette maison, qui se trouve à Chicago. 
    Qu’allez-vous faire (sans utiliser le mot « bleu » dans le texte) ?

    J’en reste sur le flanc, le souffle coupé : Un héritage ! Je suis fatigué, aussi, par mon vol Paris – New-York – Chicago, je découvre le « cadeau ».
    J’hérite de mes ancêtres américains (dont je n’ai jamais entendu parler !) une belle maison d’un outremer étonnant pour un Européen, qui guérissait un peu, sans doute, la nostalgie des teintes maritimes de leur mer bretonne.
    Ils avaient osé se lancer dans le grand voyage, au XVIIIème siècle, vaincus par la famine, le cœur empli d’un immense espoir. Ils s’étaient installés tout d’abord au Québec, puis avaient adopté les Etats-Unis, leur civilisation, leur langue, et y avaient fait souche.
    Ils avaient vécu à Chicago une existence prospère, et y avaient construit une coquette maison de bois, accueillante et chaleureuse, dont le notaire m’avait proposé la photo, bien alléchante, ma foi.
    Mais … J’en suis propriétaire, à présent. Trop attaché à ma Bretagne, où j’ai ma famille, je ne pourrai jamais m’exiler dans ce pays pour lequel je ne ressens aucun attachement particulier. Alors, que faire ? la vendre ? Ce serait une insulte à mes ancêtres, impardonnable pour mes cousins, tantes et oncles.
    Une maison en bois … Ce n’est pas si lourd, n’est-ce pas ? après tout …
    Sur des containers spéciaux (on y a mis le prix !), la maison a été embarquée sur un cargo en partance pour l’Europe, et j’ai procédé à ce que les Québécois nomment « le grand dérangement » : retour vers la terre natale. Mais je me jure de ne jamais rien changer à cette maison. Surtout la couleur.


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  •  Sur un ton plus badin, aujourd'hui ...

    À Fouesnant (environ 9500 habitants), sur la côte sud du Finistère, la population est multipliée par sept durant les mois de juillet et août. Chaque vendredi un « grand marché » s’installe, réunissant en été des milliers de badauds.

         A l’Ecume des mots, nous avons tout d'abord listé vingt-six mots, ayant si possible (mais pas obligatoirement) un rapport avec le marché.

    Nous devions ensuite écrire un texte en choisissant des mots de cette liste, ou en utilisant tous les mots, et même en utilisant tous les mots et en respectant l'ordre alphabétique. Voici ces mots :

    Artichaut–bascule–couleur–distraction–entrée–fumet–goût–hareng saur–information–joyeux–kilos–lumière–minauder– nougat–Orange–prunes–quête–ressources–saucisse–tomates rouges–Yukulélé–vendeur–WC– xérès–Yamakasi–zut.



         Même pô peur : je me suis jeté à l'eau en ... choisissant le troisième menu !
    ……………………………………………

         Encore des artichauts, j'en ai marre moi, « le trop est l'ennemi du bien », je te le dis souvent, pourtant, Josette. Alors, toutes les semaines…
         Et la danse du grand marché, celui de l'été, reprend de plus belle, lorsque ce légume a fait son passage sur la bascule.
         Cela commence à faire un bon moment que nous sommes là, et ce n'est certainement pas fini, car le caddie rouge n'est qu'à moitié rempli. « Tant qu'à faire le déplacement, on en prend pour toute la semaine » a-t-elle décrété.
    Mais voyons le bon côté  des choses : toutes ces couleurs, de melons, de fraises, de salades variées, une belle palette, finalement. Cela constitue une bonne distraction, surtout lorsque l'on sait que les copains, à l'entrée du marché, ont abandonné leurs femmes, tirant sur leurs cigarettes en devisant sur les dernières nouvelles, locales et nationales.
    Un fumet délicat se mêle soudain à l’odeur du tabac, ce qui, je le crains, risque de gâter le goût de la viande sur le barbecue. Cela m’est un peu égal, car aux grillades je préfère le poisson, et tout particulièrement le maquereau (chaud) et le hareng saur (froid, sur une tartine beurrée : à se damner !)
    Au bout d'une allée, un groupe de non-commerçants. Eux sont sédentaires, et on commence à bien les connaître à Fouesnant, qui distribuent la bonne parole, avec toutes les informations qui l’accompagnent. D’un ton joyeux, moqueur, un quidam manifestement touriste, leur lance : « Ne restez pas là immobiles, voyons : vous allez prendre des kilos ! »
    Une jolie jeune fille, à l'allure faussement négligée, le visage protégé par une large visière, car la lumière du soleil est aveuglante, se promène en se faufilant entre les chalands. Seulement lorsqu'elle se sent regardée, semble-t-il, elle minaude, se passe la main dans les cheveux, demande, pour la forme, la composition des nougats, leur teneur en sucre car elle ne veut pas grossir, surtout à cause des garçons. Il faut tout de même bien se nourrir : « Un sac vide, ça ne tient pas debout », lui répète souvent sa grand-mère. Alors, quelques oranges et des prunes, ça ira bien. Avec un yaourt.
    Assis à l'indienne par terre, l’homme caresse un grand chien qui lui tient compagnie ; il tend la main, quêtant, le regard implorant ; Il a posé devant lui, à ses pieds, un panneau : « sans ressources ».
    Mais les personnes présentes sont pour la plupart en vacances, et ont laissé chez eux les problèmes sociétaux qu'ils retrouveront toujours assez tôt à leur retour. C'est humain, non ?
    Et la saucisse, dites donc, comme ça y va ! Excellente, allez-y, le mot se passe, le bouche-à-oreille circule à fond de train, et les charcutiers tournent à la vitesse V, c'est la razzia. Et avec des tomates rouges, bien poivrées, vous m'en direz des nouvelles, ma bonne dame !
    Une musique de rue égaie un coin un peu retiré, une douce mélodie, à la guitare et au yukulélé, exotique, inhabituelle si près des Glénan.
    Mais … une queue s’est formée, que se passe-t-il ? Je parviens à me frayer un chemin, avec curiosité : c'est la cabine de WC, implantée là chaque semaine. Près de cet édifice (un hasard ?) un vendeur se prétend œnologue averti et propose la dégustation d'un xérès… Il fait trop chaud, je risque gros, pas habitué. Je ne voudrais pas qu'on me voie m’exercer au yamakasi sur le toit de l'église toute proche…
    Mais que fait-elle, enfin? Je ne vais pas passer la journée ici, moi ! Zut, alors !

    Loïc

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  • Alexandre Séon

          Ce jour, rien ne sera droit, ni mes idées, ni ma voix, ni les voies que je dois emprunter pour émouvoir. Ce bois de bouleaux, si familier, résonne habituellement de chants lyriques, ma passion, dont j’ai fait ma profession.
         Mais le lieu a revêtu soudain une chape sinistre, déshumanisée, mortifère. Encore cette fois, nous nous étions fixé rendez-vous en cet espace d’imagination, de méditation, et d’inspiration. Notre amour en était le moteur, il était la raison d’être de nos efforts, et notre récompense. J’avais choisi ses fleurs préférées, les plus tendres, les plus romantiques.

         De son piano n’émanent que des rêveries, des charmes indicibles. Elle ne s’accorde des exceptions que lorsqu’elle m’accompagne, lorsque la partition l’exige …

         Les bouleaux sont les seuls témoins de mon accablement, de ma détresse. Pourquoi, cette absence dans notre paradis secret ? A-t-elle renoncé, minée de moqueries, d’humiliations, d’indignations à peine voilées ? A-t-elle cédé, accablée, sous le poids sans merci des pressions, des préjugés, des intolérances ?

         Je chanterai seule, ce soir.

    LOIC 

    Alexandre Séon, ICI/CXI-TIE

    Esperanto :


    Betuloj (muzeo de Belartoj en Quimper, "ideala beleco", elego kun la ateliero 'Sxaumo de voroj')

    Ĝis nun, nenio estos prava, aŭ miaj ideoj aŭ mia voĉo aŭ la vojoj ke mi devas prunti movi. Tiu arbaro tiel familiara, kutime resonas lirikaj kantoj, mia pasio, kies mi faris mian profesion.
         Sed la loko subite surmetis sinistran hxormantelon, deshumanizadan, mortigan. Denove ni starigis tiun spacon de imago, meditado kaj inspiro. Nia amo estis la motoro, ĝi estis la celo de niaj klopodoj, kaj nia rekompenco. Mi elektis sian ŝatatajn florojn, la plej malfortaj, la plej romantikaj.

         Lia sola piano emanas el sonĝoj, netakseblaj ĉarmoj. Ŝi konsentas ke kiam escepton kun mi, kiam postulataj per la partituro ...

         La betuloj estas la solaj atestantoj de mia premegeco, mia mizero. Kial, tiu manko en nia sekreto paradizo? Ĉu rezigneblaj, subfosis mokado, humiligo, kolero kaj vualitaj? Ĉu estas superŝutita sub premo, antaŭjuĝo, netoleremo?

         Mi nura kantos, nokte.
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  • L'"écume des mots", atelier d'écriture en chair et en os, nous faisons régulièrement des sorties-découverte, qui nous inspirent grâce à des consignes et des voies d'inspiration.
    Cette fois : Rencontre avec Alexandre Séon, au musée des Beaux-Arts de Quimper.
    Nous devons évoquer ce que nous inspire ce portrait, 
    qui est celui de notre oncle, 
     jamais vu jusqu'alors ...
    ..................................................

    Mon oncle.
    Ton oncle, quand tu le verras, tu tomberas des nues ! Nous l’avons d’ailleurs invité pour te le présenter.

    Depuis mon enfance, sa compagne, Tatie, m’a fait découvrir les œuvres de ses loisirs : un superbe circuit de chemin de fer miniature qui couvre le sol de la chambre d’enfant, vide. Belle reproduction du premier transsibérien , ses aiguillages, ses voitures enneigées, les voyageurs qui montrent leur bout du nez hors de la fenêtre, dans l’air glacial. Ce circuit occupe tous ses moments libres, au point d’oublier régulièrement ses obligations « bassement terre-à-terre ».

    Il est horloger-bijoutier, et en présente les outils, la précision, la minutie, la patience, et l’exigence du travail bien fait. Un authentique modèle vivant, un exemple de mode de vie.

    Mais le voici soudain, entrant en coup de vent. Il est aux antipodes de l’homme que j’imaginais : Il n’a rien du petit homme frêle, les lunettes rondes sur le nez, la loupe à l’œil. Grand, solide gaillard dont la grande blouse de travail m’impressionne, mon gentil oncle, c’est Raspoutine … Ah ! quand l’imagination vous joue des tours …

    Mais le prénom de mon oncle est, tout bonnement, Pierre. On ne m’a jamais dit que c’était Joséphin, un certain fondateur d’un certain mouvement ou religion Rose-Croix. Je n’y comprends rien, les petits trains, ou les messes occultes ? après tout, pourquoi pas ? avec tout de même de l'organisation : pas les deux simultanément, cela ferait désordre, non ?

    Joséphin Raspoutine, ça allait bien ensemble, pourtant.

    Patatras.


    Loïc

    ESPERANTO : 

    Kunveno kun Alexandre Seon, la Museum of Fine Arts en Quimper

    La "ŝaŭmo de vortoj," skriblaborejon , ni regule malkovras de eligoj, 
    kiuj inspiras nin per instrukcioj kaj inspira manieroj.
    Tiu tempo: Kunveno kun Alexandre Seon, en la Museum of Fine Arts en Quimper.
    Ni devas diskuti, kion inspiras nin tiu portreto, 
    kiu estas tiu de nia onklo, 
     neniam vidita antaŭe ...
    ..................................................

    Mia onklo.
    Via onklo, kiam vi vidos lin, vi falos el la cielo ! Ni ankaŭ invitis por prezenti al vi.

    Ekde infanaĝo, lia kunulo, onklinon, enkondukis min al la verkoj de siaj hobioj: bela modelo fervojo cirkvito kovranta la plankon de la infana ĉambro, malplena. Bela reprodukto de la unua Trans-Siberian, lia ŝaltiloj, neĝa aŭto, pasaĝeroj, kiuj montras ilian nazon el la fenestro, en la glacia aero. Tiu cirkvito tenas sian tutan liberan tempon al la punkto de forgesante sian regulaj devoj "malsupren-al-tero."

    Estas horloĝisto kaj juvelisto, kaj prezentas la iloj, precizeco, solideco, pacienco, kaj la postulo por laboro bone farita. Aŭtentika vivanta modelo, ekzemplo de vivstilo.

    Sed ĉi tie subite enirante ventego. Estas homa ne laux mi imagis: Ĝi havas nenion nefortikan vireton, rondaj okulvitroj sur la lupeo por la okulo. La vasta kitelo impresas min, mia dolĉa onklo estas Rasputin ... Ha! kiam imagpovo trompi sur vi ...

    Sed la nomo de mia onklo estas, simple, Petro. Mi neniam diris ke estis Joséphin, fondinto de religia movado aŭ Rosicrucians. Mi ne komprenas, malgrandaj trajnoj, aŭ la occultaj masoj? post ĉio, kial ne? kun ĉiuj samaj organizo: ne ambaŭ, kiu volus salaton, dekstra?

    Joséphin Rasputin, ĝi iris bone kune, kvankam.

    Patatras.

    Loïc
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    2 commentaires


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